Un film noir dans les décombres du blitz avec une intrigue pas toujours à la hauteur mais une ambiance travaillée avec soin qui nous vaut une poignée de belles scènes

The Weapon (1956)
(Scotland Yard appelle F.B.I.)
Réalisé par Val Guest
Ecrit par Fred Freiberger
Avec Steve Cochran, Lizabeth Scott, George Cole, Herbert Marshall, Jon Whiteley,…
Direction de la photographie : Reginald H. Wyer / Direction artistique : John Stoll / Montage : Peter Rolfe Johnson / Musique : James Stevens
Produit par Frank Bevis
Thriller / Drame
81mn
UK
Alors qu’il joue avec ses camarades dans les ruines du Londres d’après guerre, le jeune Erik (Jon Whiteley) tombe sur un pistolet, un vrai ! Une fierté qui lui permet de prendre sa revanche sur le petit caïd qui le snobe car il a « seulement » 10 ans et que sa mère est une étrangère. Quand le caïd veut arracher l’arme à Erik, un coup part. Croyant avoir tué son camarade, Erik s’enfuit.
En charge de l’enquête, la section B de Scotland Yard découvre que le calibre atypique de la balle du pistolet retrouvé par Erik correspond à celle utilisée dix ans plus tôt pour assassiner un officier américain, ils alertent l’armée américaine (et non le FBI comme l’affirme le titre français idiot) qui dépêche sur place le capitaine Mark Andrews (Steve Cochran). Ce dernier est bien décidé à retrouver le coupable en dépit de l’ancienneté des faits et n’a que faire du jeune fuyard – au grand désespoir de la mère Elsa (Lizabeth Scott).
Parallèlement, un témoin (George Cole) contacte la police après avoir aperçu l’enfant et se prend d’intéret pour Elsa. Heureusement, Andrews va se dérider un peu suite à la rencontre d’une danseuse désabusée Vivienne (Nicole Maurey) qui lui renvoie un triste reflet de sa propre aigreur (l’une des scènes les plus réussies du film). Il décide finalement qu’il peut à la fois résoudre le crime et sauver la veuve et l’orphelin !
On sera gréé néanmoins de nous avoir épargné l’histoire d’amour naissante entre la veuve et le beau capitaine américain et qui restera au niveau de la suggestion (contrairement à ce que pourrait faire croire l’affiche que je reproduis ici).
Difficile de ne pas citer « The Yellow Balloon » (J. Lee Thomson, 1953) qui raconte la dérive d’un jeune garçon qui se croit coupable de la mort de son ami suite à une chute dans les ruines post Blitz.
« The Weapon » est un film noir avec quelques jolies scènes mais une intrigue et trop basique et des personnages pas assez fouillés (même si on entraperçoit quelques aspérités). Le jeune Jon Whiteley, vu dans « Hunted » (1952) et « The Spanish Gardener » (1956) aux côtés de Dirk Bogarde ou dans « Moonfleet » (1955) est, comme toujours, convainquant. Le Californien Steve Cochran est également à m’aise, il est vrai dans un rôle quasi fait sur mesure.
Réalisateur à tout faire, prolifique mais talentueux, Val Guest signe une réalisation compétente mais on l’a connu plus inspiré, notamment dans le genre du film noir : « Hell is a City » et « The Full Treatment » (tous deux sortis en 1960).
Les droits du film appartiennent à Studio Canal donc le « The Weapon » (qui avait été restauré pour être édité outre-manche en blu-ray chez le défunt éditeur Network) peut faire des apparitions en streaming.

