Review of: Georgy Girl
Comédie dramatique:
Silvio Narizzano

Reviewed by:
Rating:
4
On 1 juillet 2020
Last modified:2 août 2020

Summary:

Anti-héroïne du Swinging London, Georgy (brillamment interprétée par Lynn Redgrave) est un sacré bout de femme. Un joli portrait, souvent aussi drôle que cruel, d'une jeune femme atypique et d'une période mythique

Anti-héroïne du Swinging London, Georgy (brillamment interprétée par Lynn Redgrave) est un sacré bout de femme. Un joli portrait, souvent aussi drôle que féroce, d’une jeune femme atypique et d’une période mythique

Georgy Girl (1966)

Réalisé par Silvio Narizzano

Ecrit par Margaret Forster et Peter Nichols d’après le roman de Margaret Forster

Avec Lynn Redgrave, James Mason, Alan Bates, Charlotte Rampling, Bill Owen,…

Direction de la photographie : Kenneth Higgins / Direction artistique : Tony Woollard / Montage : John Bloom / Musique : Alexander Faris

Produit par Robert A. Goldston et Otto Plaschkes

Comédie dramatique

UK

Georgy (Lynn Redgrave) est une jeune femme qui vit à Londres en pleine période Swinging. Mais contrairement à sa meilleure amie et co-locataire, la belle et sexy Meredith (Charlotte Rampling) qui profite de la liberté ambiante et sort avec plusieurs garçons en même temps, Georgy est un garçon manqué qui n’assume pas sa féminité et doit subir malgré tout les avances insistantes du patron de son père (Bill Owen). Patron aussi riche que marié (James Mason) qui aimerait que Georgy devienne contractuellement sa maitresse ! Une perspective qui n’enchante guère Georgy, secrètement amoureuse de l’un des petits amis de Meredith, le séduisant Jos (Alan Bates).

Dans le rôle principal, Lynn Redgrave était au tout début de sa carrière, mais avait déjà tourné dans deux classiques des sixties “Tom Jones” (1963) et “Girl with Green Eyes” (1964). Ici elle décroche le rôle principal, celle d’une  jeune femme peu en harmonie avec son époque et son genre. Elle cache son physique de camionneur (dixit son père) sous de gros pulls informes et son mal-être derrière une bonne humeur de façade et sa gêne derrière des traits d’humour.

Sa situation personnelle n’est pas facile. Son père est majordome d’un vieil homme riche et marié, James, qui a payé l’éducation de Georgy. Le père voudrait que Georgy se montre reconnaissante en acceptant les cadeaux (et avances) de son patron ! Elle passe la plupart de son temps chez Meredith mais celle-ci est plus intéressée par ses aventures amoureuses que par son amitié. Et Georgy doit régulièrement passer chez le patron de son père où elle utilise le grenier pour donner des cours de danse et de chant à des enfants.

Deux éléments vont bientôt bouleverser sa vie : Meredith attend un enfant de Jos et la femme de James meurt, précipitant une demande en mariage de ce dernier !

“Georgy Girl” est une comédie dramatique dans l’air du temps, mais avec un personnage central atypique. C’est une anti-héroÏne du Swinging London. La jeunesse libre et insouciante est ici incarnée par le personnage fort peu sympathique de Meredith et celui, largement inconséquent, de Jos. L’ancienne génération n’est pas épargnée non plus, à l’image du père prêt à vendre sa fille à son riche patron qui quant à lui cherche à profiter du pouvoir financier qu’il a sur Georgy pour forcer ses sentiments. Bref, la critique sociale est virulente malgré le ton en apparence léger du film et du personnage central. Finalement c’est Georgy qui aura le dernier mot, mais c’est un dernier mot résigné. Elle n’aura pas la fin rêvée, mais elle tirera le meilleur parti en fonction de ses priorités et de choix qui restent limités.

L’histoire est tirée d’un best-seller de Margaret Forster (qui co-signe le scénario) paru l’année précédente. La réalisation du Canadien Silvio Narizzano est dynamique. Narizzano, formé à la télévision canadienne, a également signé “Loot” (1970) et “The Class of Miss MacMichael” (1978) en Angleterre et réalisa aussi quelques co-productions britanniques (le western “Red” et le film d’action “Redneck”).

Mais évidemment, ce qui fait la réussite du film est la composition parfaite de Lynn Redgrave (qui lui vaudra une nomination aux Oscars la même année que sa soeur Vanessa pour “Morgan: A Suitable Case for Treatment“. C’est d’ailleurs à Vanessa Redgrave qu’était destiné le rôle. Elle le lâcha peu avant le tournage – heureusement si on peut dire car Lynn a bien plus le physique du rôle que Vanessa !

Lynn Redgrave est également bien entourée d’autres jeunes acteurs qui ont alors le vent en poupe : Charlotte Rampling (qui a eu son premier vrai rôle l’année précédente dans la comédie des frères Boulting “Rotten to the Core”) et surtout Alan Bates (qui à 32 ans avait déjà à son actif “The Entertainer“, “A Kind of Lovin”, “Whistle Down the Wind“, “The Caretaker” et “Zorba The Greek” !). Rajoutez à cela la présence des vieux de la route James Mason et de Bill Owen et vous avez un casting en or.

Le film reste aussi fameux pour son morceau éponyme “Georgy Girl” du groupe australien The Seekers (détesté par le réalisateur mais imposé par la Columbia) et que le magazine Rolling Stones a classé dans le top 50 des 500 meilleurs morceaux pop de tous les temps. Notons qu’il y a deux versions de la chanson, l’une qui ouvre le film, et l’autre qui le conclut. La même mélodie mais avec des paroles différentes, dans les deux cas marquées par une forte ironie.

Blu-ray UK. Studio Powerhouse, Collection Indicator (2018). Edition limitée à 3.000 exemplaires. Version originale avec des sous-titres optionnels en anglais. Bonus : livret et interviews

GEORGY GIRL – BD
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