Un modèle du film de procès, inspiré de faits réels, où un père est prêt à se ruiner pour défendre l’innocence de son fils… contre la couronne.
The Winslow Boy (1948)
(Winslow contre le roi)
Réalisé par Anthony Asquith
Ecrit par Terence Rattigan et Anatole de Grunwald d’après la pièce de Terence Rattigan
Avec Robert Donat, Cedric Hardwicke, Basil Radford, Margaret Leighton, Kathleen Harrison,…
Direction de la photographie : Freddie Young / Direction artistique : Andrej Andrejew / Montage : Gerald Turney-Smith / Musique : William Alwyn
Produit par Anatole de Grunwald pour London Film Productions et De Grunwald Productions
Drame
117mn
UK
Autant le dire franchement, bien que diplômé en droit, je ne suis pas fan des films de procès. Mais dans le genre, « Winslow Boy » est indiscutablement un classique.
Réalisé par Anthony Asquith de façon très efficace, sans artifice superflu, le succès de ce genre de film dépend largement de la performance des acteurs et de la dynamique entre les personnages via les relations entre les différents protagonistes impliqués : avocat, accusé, proches, procureur, juge,….
Et là c’est bien parti avec un point de départ spectaculaire : Alors que la première guerre mondiale se profile, Ronnie Winslow âgé de 14 ans se fait renvoyer du Royal Naval College pour vol. Convaincu de l’innocence de son fils, le père, Arhtur Winslow, un banquier retraité affaibli par la maladie, décide contre l’avis de presque tout le monde de poursuivre en justice… la couronne. Heureusement, le père va pouvoir compter sur le soutien de sa fille Catherine, suffragette, et l’assistance d’un jeune avocat, d’apparence aussi froide qu’il est redoutable une fois dans la cour, n’hésitant pas à jouer sur les sentiments du jury.
Et quand l’avocat en question est interprété par le grand Robert Donat (Goodbye Mr Chips, The 39 Steps), c’est banco ! Non que le reste du casting démérite. La pièce de Terence Rattigan, créée deux ans plus tôt, offre il est vrai une bonne dynamique entre les personnages qui s’impliquent ou s’opposent à propos du procès au fil d’un combat qui s’avérera ardu et usant pour toutes les parties et aura un impact indirect sur leur vie (notamment sur le mariage de la fille Winslow).
La justice vaut-elle de prendre de tels risques que la ruine ou l’honneur de la famille ? Arthur Winslow répond par la positive.
La pièce de Rattigan est inspirée d’un cas réel qui s’est déroulé en1908, l’affaire George Archer-Shee. Comme dans la fiction, George sera blanchi du vol, mais par une triste ironie mourra à l’âge de 19 ans pour la patrie lors de la première bataille d’Ypres en 1914.
Rattigan a pris un certain nombre de libertés avec les faits réels, même s’il s’est largement inspiré des débats du procès original, notamment en situant l’histoire juste avant la première guerre mondiale, ce qui rajoute une couche patriotique à cette histoire. Arthur Winslow ne déstabilise-t-il pas son pays à un moment difficile ? Ne ferait-il pas mieux d’abandonner les poursuites, au moins par patriotisme ?
En 1999, l’Américain David Mamet en réalisera une nouvelle adaptation pour le grand écran avec Nigel Hawthorne (Yes Minister, The Madness of King George,…) dans le rôle du père Winslow.
Blu-ray UK. StudioCanal (2020). Version originale sous-titrée en anglais