Des clins d’oeil aux films d’action et d’espionnage, et une course de locomotives, permettent au 4e opus de la série St Trinian’s de se distinguer de ses illustres prédécesseurs

The Great St. Trinian's Train Robbery (1966)

The Great St. Trinian’s Train Robbery (1966)

Réalisé par Frank Launder et Sidney Gilliat

Ecrit par Frank Launder et Ivor Hebert d’après les dessins de Ronald Searle

Avec Dora Bryan, Frankie Howerd, George Cole, Raymond Huntley, Richard Wattis,…

Directeur de la photographie : Ken Hodges / Direction artistique : Alfred Witherick / Montage : Geoffrey Foot / Musique : Malcolm Arnold

Produit par Leslie Gilliat

Comédie

UK

Des brigands braquent un train et s’emparent d’un butin de 2,5 millions de livres. C’est le casse du siècle ! L’affaire est rondement menée et l’argent caché dans une maison vétuste et inhabitée, le temps que la police se fatigue et lâche un peu de lest.

Pendant ce temps, toute la crème du ministère de l’Education est devant le poste de télévision. Les travaillistes viennent de remporter les élections. L’euphorie est à son comble. De toute évidence, ceux-ci vont vouloir fermer les “public schools”, parmi lesquelles se trouvent bien entendu l’infâme St. Trinian, dont les locaux ont pris feux quatre fois en deux ans et qui est actuellement hébergée dans un hangar.

Mais le nouveau ministre travailliste Sir Horace (Raymond Huntley) ne semble pas de cet avis. Pour lui, il faut laisser leur chance aux établissements progressistes, et il propose même d’allouer un budget supplémentaire pour St. Trinian’s afin qu’ils trouvent des locaux dignes de ce nom.

En retournant au parlement, le ministre fait arrêter son chauffeur pour aller se dégourdir les jambes. Il se rend en fait chez sa maîtresse, Amber (Dora Bryan) qui mène parallèlement une aventure avec un jeune garde, et qui est également la directrice de… St Trinian’s.

Amber s’empresse de trouver récupérer son équipe pédagogique (l’une sort de prison, les autres ont des métiers exotiques comme catcheuse, strip teaseuse ou encore joueuse de cartes professionnelle). Puis en quête d’un nouveau foyer pas cher pour son école, elle porte son dévolu sur une maison vétuste qui s’avère bien entendu être celle où est caché le butin !

Sous chef du gang de malfaiteurs à l’origine du casse, Alfred (Frankie Howerd) tient un salon de coiffure en attendant de pouvoir récupérer le butin. Quand la mauvaise nouvelle tombe, il envoie ses deux filles infiltrer l’école.

“The Great St. Trinian’s Robbery” est le quatrième film de la série et le premier en couleurs, après un silence de six ans et le succès en demi teinte de “The Pure Hell of St. Trinian’s” (1960). De toute évidence, l’actualité a donné des idées a Launder et Gilliat, déjà derrière les trois précédents opus. L’attaque du train postal Glasgow-Londres en août 1963, a fait grand bruit et a même été baptisée à l’époque le casse du siècle. L’année suivante, Peter Yates en fera un thriller (“Robbery” avec Stanley Baker) mais ici cette histoire de casse est utiliée pour tenter d’apporter du neuf à cette série comique débutée en 1954.

Nos fameuses créatures démoniaques sont donc de retour, toujours aussi déchaînées. Et Madame Amber a autant le sens des affaires que feu Clarence Fritton. Des machines à sou et un bureau pour les paris, tenu par le toujours fringant Flash (George Cole), permettent à la direction de délester les élèves de leurs petites économies.

Ce 4e épisode des St Trinian’s essaie de se mettre au goût du jour avec bien entendu la couleur mais aussi un rythme bien plus soutenu et des références aux succès de l’époque : les films d’espionnage (le salon de coiffure est truffé de gadgets) et d’action  (une course de… locomotives, véritable clou du film et qui fait basculer le film vers l’absurde).

Cette fois-ci, Gilliat ne co-signe pas le scénario, mais rejoint Launder à la réalisation. Et le scénario est co-signé par Launder et Ivor Herbert (connu pour sa participation à la série documentaire de la Rank “Look at life” et diffusée dans les cinémas de 1959 à 69).

Le rôle principal comique est tenu par Frankie Howerd qui prend donc la relève après Alastair Sim, Terry-Thomas et Cecil Parker. Formé au théâtre et à la radio, Howerd a fait ses débuts au cinéma en 1954 avec le hit surprise “The Runaway Bus”, ce qui lui vaudra l’année suivante de participer au classique “The Ladykillers” pour Ealing. Mais c’est surtout à la télévision qu’il connaitra un succès durable (“Up Pompeii!” et une myriade de shows à son nom).

A ses côtés, dans le rôle de la directrice, on retrouve une actrice expérimentée Dora Bryan qui avait fait ses débuts en 1947 dans “The Fallen Idol” de Carol Reed. On l’a retrouvé par la suite aussi bien au générique de la comédie “Carry On Seargent” (1958) que du drame nouvelle vague “A Taste of Honey” (1961) de Tony Richardson. Elle mènera également une seconde partie de carrière à la télévision à partir de la fin des années 60 avant de prendre sa retraite en 2005.

Le succès de ce quatrième opus (15e au box office de 1966) ne suffira pas pour relancer la série. Launder et Gilliat vont prendre du recul par rapport au cinéma et Launder reviendra une dernière fois à la réalisation et au scénario – sans Gilliat – en 1980 avec une tentative de suite “The Wildcats of St. Trinian’s” peu estimée et qui n’a toujours pas bénéficié à ce jour d’une sortie DVD officielle.

DVD zone 2 UK.  Studio StudioCanal (2007). Version originale sans sous-titres. 

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