Un film d’ensemble dans. un grand magasin londonien, qui passe sans sourciller de la comédie légère au drame social des plus noirs sur la situation ambivalente des femmes dans l’après-guerre.

The Crowded Day (1954)
Réalisé par John Guillermin
Ecrit par
Avec Joan Rice, Josephine Griffin, Freda Jackson, Patricia Marmont, John Gregson, .Richard Wattis,..
Directeur de la photographie : Gordon Dines / Directeur artistique : John Stoll / Monteur : Max Benedict / Musique : Edwin Astley
Produit par David Dent pour Adelphi Films
Comédie dramatique
82mn
UK
S’il réalise son premier film en 1949, John Guillermin va fair ses classes durant les années 50 avec des films de série B de genres variés. « The Crowded Day » est un bon exemple de ces films à petit budget aux ambitions limitées (d’autant que le film est ici produit par une petite structure indépendante) mais néanmoins conçues avec soin.
Film d’ensemble, « The Crowded Day » nous propose de suivre le quotidien de plusieurs jeunes femmes employées dans un grand magasin londonien aux vies pourtant pratiquement opposées sinon que leurs soucis viennent de leurs relations avec la gente masculine, prises aussi à divers degré dans les contradictions de leur statut de femme dans la société d’après-guerre, entre une certaine forme de libération pour l’accès au travail et les attentes conservatrices de la société.
Peggy (Joan Rice) est fiancée au chauffeur de la direction qui semble préférer sa voiture et qu’elle tente de rendre jaloux en se rapprochant de son supérieur hiérarchique, un cinquantenaire déjà marié et effrayé par le qu’en dira-t-on !
Suzy (Vera Day) est une jolie blonde apprentie actrice qui croit avoir décrocher le gros lot en s’attirant l’attention d’un producteur (même s’il semble plus pressé de profiter de ses charmes que de lui trouver une audition – ce qui est compréhensible vu qu’il est juste chauffeur dans un studio !
Yvonne (Josephine Griffin) est enceinte d’un homme parti pour du travail et dont elle n’a plus de nouvelles. Elle accumule les soucis au travail et finit par se confier au responsable, un brin paternaliste, qui lui propose de se rapprocher des services sociaux et lui promet qu’elle retrouvera son travail une fois qu’elle aura accouché et sera en état de reprendre le travail.
Suivant ces trois portraits, on passe du comique au tragique et au commentaire social brutal, des changements abrupts de ton qui peuvent déstabiliser. D’autant que le tout est entrecoupé de vignettes légères autour de la vie du magasin.
Le film avec une durée de 82mn semble manquer de temps pour conclure ses intrigues, même s’il peut s’agir d’un choix délibéré du scénariste Talbot Rothwell. C’est surtout déconcertant dans le cas d’Yvonne q’on abandonne dans les rues de Londres, apeurée, poursuivie dans les rues de Londres (dans une scène digne du « Troisième homme« ) même si son dernier geste laisse deviner qu’elle renoncera au suicide et aura peut-être la chance de retrouver à temps le père de son enfant de retour à Londres.
Adéfaut d’être le plus réussi de la période anglaise de Guillermin (on lui préférera « Town on Trial » ou « Never Let Go« , il est sûrement le plus intrigant.
Combo blu-ray/DVD UK. studio BFI en double programme avec un autre film de John Guillrtmin « Song of Paris » (1952). Version originale avec sous-tires optionnels en Anglais

