Review of: Night Must Fall
Thriller:
Karel Reisz

Reviewed by:
Rating:
4
On 9 août 2019
Last modified:9 août 2019

Summary:

Quatre ans après "Saturday Night Sunday Morning", Albert Finney retrouve Karel Reisz pour incarner un psychopathe dans un thriller malsain !

Quatre ans après “Saturday Night and Sunday Morning”, Albert Finney retrouve Karel Reisz pour incarner un psychopathe dans un thriller malsain injustement oublié !

Night Must Fall (1964)

Night Must Fall (1964)

Réalisé par Karel Reisz

Ecrit par Clive Exton d’après la pièce de Emlyn Williams

Avec Albert Finney, Susan Hampshire, Mona Washbourne, Sheila Hancock,…

Direction de la photographie : Freddie Francis / Direction artistique : Lionel Couch / Montage : Philip Barnikel / Musique : Ron Grainer

Produit par Karel Reisz et Albert Finney

Crime / Thriller

UK

Alors qu’Olivia (Susan Hampshire) rêvasse dans le jardin familial, à quelques centaines de mètres plus loin, dans la forêt, un homme Danny (Albert Finney) décapite une jeune femme à coup de hache avant de se débarrasser du corps et de l’arme du crime dans l’étang. Olivia ne va pas tarder à rencontrer Danny, serveur dans un hôtel, qui va venir dans la demeure familiale pour se présenter à Mme Bramson (Mona Washbourne), veuve collée à son fauteuil roulant par la maladie. Il faut dire que Danny a mis enceinte la bonne de Mme Bramson, Dora (Sheila Hancock). Il est donc tout naturel qu’elle cherche à vérifier les intentions de Danny ! Si Olivia se méfie au premier abord de ce jeune homme exubérant, ce n’est pas le cas de Mme Bramson qui propose rapidement à Danny de venir faire des menus travaux d’entretien dans la vaste maison, et instaure une relation mère-fils avec Danny, l’orphelin.

“Night Must Fall” est un thriller avec un bonne dose d’ambiance malsaine qui assume son virage vers l’horrifique. L’interprétation d’Albert Finney ne fait que rajouter à ce virage vers l’horreur, tant il renforce le charme vénéneux du personnage qui peut passer en quelques secondes de l’exubérance à la colère froide jusqu’à la folie. De même l’attirance de Mme Branson (très bien interprétée par Mona Washbourne), entre tendresse maternelle et attirance sexuelle met forcément mal à l’aise. Danny, le charmeur, joue avec le coeur et les désirs des trois femmes du foyer et manque de perdre l’équilibre une première fois quand il rencontre le fiancé d’Olivia, potentiel concurrent. C’est d’autant plus terrible que nous savons dès le début que c’est un psychopathe. Le ton est assez pour le moins osé pour un film de 1964 !

“Night Must Fall” est un film largement oublié aujourd’hui. Il faut dire que c’est un OFNI dans la carrière du réalisateur Karel Reisz aussi bien que d’Albert Finney. Reisz était alors connu en tant que l’un des membres fondateurs du Free Cinema et pour son premier long, le drame social “Saturday Night and Sunday Morning” (1960), l’une des pierres angulaires de la nouvelle vague britannique. Film qui a révélé Albert Finney qui s’est par la suite refusé de se voir enfermer dans des rôles de “angry young men”. Il dit non à “The Loneliness of the Long Distance Runner” (1962) de Tony Richardson et travaille à la place avec Reisz sur un projet de film sur les aventures criminelles du brigand Australien Ned Kelly. Le projet ne se fera et il tournera finalement “Tom Jones” pour Tony Richardson, film oscarisé qui fait soudainement de lui une star outre-atlantique. Avec “Night Must Fall”, le changement de registre est pour le moins radical ! Finney joue ici donc un psychopathe dans un petit film malsain en noir et blanc. Bref, personne n’a compris “Night Must Fall” et c’est bien dommage. Le film, bien fichu et très bien interprété, permet notamment de voir Finney dans un rôle atypique.

Adapté d’une pièce du gallois Emlyn Williams déjà portée au cinéma en 1937 par Richard Thorpe, le scénario est ici signé Clive Exton, scénariste anglais prolifique qui au cinéma a participé à “Isadora” (1968) toujours pour Reisz, “Entertaining Mr Sloane” (1970), “10 Rillington Place” (1970) ou encore “Doomwatch” (1972).

“Night Must Fall” n’est aujourd’hui disponible qu’aux USA en DVD chez Warner Archive (donc sans sous-titre ni bonus d’aucune sorte). On espère que le BFI s’occupe de ce petit film oublié qui trouverait parfaitement sa place dans sa collection “BFI Flipside”.

DVD zone 1. Studio Warner. Collection Warner Archives (2014). Version originale sans sous-titres

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