Un joli casting au service d’un film d’aventures un peu trop classique. Dommage car le sujet, déjà traité par Hitchcock, avait un fort potentiel !

Fury at Smugglers’ Bay (1961)

(Les pirates de la nuit)

Ecrit et réalisé par John Gilling

Avec Peter Cushing, John Fraser, Bernard Lee, Michèle Mercier, William Franklyn, Liz Fraser,…

Direction de la photographie : Harry Waxman / Direction artistique : Duncan Sutherland / Montage : John Victor Smith / Musique : Harold Geller

Produit par John Gilling pour John Gilling Enterprises et Mijo Films

Tourné aux Twickenham Studios et aux Pays de Galles

82mn

Aventures

UK

Dans une communauté de pécheurs du XVIIIe siècle en Cornouailles, des brigands menés par l’ignoble Black John (Bernard Lee) s’en prennent aux bateaux marchands en les poussant à s’échouer. Ils liquident ensuite les survivants et s’emparent du butin. Etrangement, le châtelain Trevenyan (Peter Cushing) ne semble pas très concerné par ces crimes au grand désespoir de son fils Christopher (John Fraser). Ce dernier est au courant de ce qui se passe dans le village grâce à sa petite amie Louise Lejeun

e (Michèle Mercier).

Mais Tevenyan qui désapprouve la liaison et les questions de son fils sur les naufrages l’envoie à Londres. Et condamne le père de petite amie de son fils aux travaux forcés en l’accusant de piratage à la place de Black John? C’est alors qu’intervient Le Capitaine (William Franklyn), une sorte de Robin des Bois, bien décidé à rendre justice !

L’intrigue fait bien entendu penser à “Jamaica Inn” (1939) d’Alfred Hitchcock qui aborde le même sujet. Mais là où Hitchcock brossait un personnage odieux et cupide superbement porté par Charles Laughton, Gilliat nous livre ici un seigneur tiraillé pour une histoire de paternité, ce qui donne un enjeu bien moins fort pour le spectateur moderne. Quant à Black John et Le Capitaine, ce sont des caricatures de Grand méchant et de Héros. Heureusement ces personnages sans beaucoup de relief sont portés par d’excellents acteurs. Mais le scénario original de Gilling aurait mérité un peu plus de profondeur, là il s’agit d’un bon film d’aventures avec de l’action mais un enjeu moral pas très crédible pour Trevenyan et une romance un peu plate (Christopher et Louise sont relayés en personnages de second plan).

Les beaux décors naturels de la côte cornouaillaise sont en fait… gallois ! Mais j’avoue n’avoir pas ressenti un manque d’authenticité en regardant le film (ceci dit je ne suis pas un expert  en la matière), sauf peut-être les naufrages qui auraient pu être mieux filmés (en fait il y a deux ou trois naufrages dans le film mais j’ai eu l’impression d’assister au même).

John Gilling était plutôt spécialisé dans les films criminels, d’abord comme scénariste avec “Black Memory” (1947) puis rapidement en assurant également la réalisation à partir de “A Matter of Murder” (1949).  Plus occasionnellement, il touchait à d’autres genres comme le film d’aventures, la comédie et l’horreur. Même s’il débute sa collaboration avec la Hammer en 1961 avec le film d’horreur assez convenu “The Shadow of the Cat“, il enchaine avec plusieurs films d’aventures pour la firme : “The Pirates of Blood River” en 1962, “The Scarlet Blade” en 1963 et “The Brigand of Kandahar” en 1964… avant de revenir à l’horreur (“The Plague of the Zombies” en 1966).

DVD zone 2 UK. Studio Cinema Club (2003). Version originale sans sous-titres. 

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