Un bon petit film noir avec Sean Connery en criminel endurci mais loyal et séducteur, un an avant qu’il incarne un certain agent secret de la même trempe

The Frightened City (1961)

(L’enquête mystérieuse)

Réalisé par John Lemont

Ecrit par Leigh Vance et John Lemont

Avec Sean Connery, Herbert Lom, John Gregson, Alfred Marks, Yvonne Romain,…

Direction de la photographie : Desmond Dickinson / Direction artistique : Maurice Carter / Montage :
Bernard Gribble / Musique : Norrie Paramor

Produit par John Lemont et Leigh Vance pour Zodiac Productions

Crime

97mn

UK

Waldo Zhernikov (Herbert Lom) est un criminel en col blanc qui blanchit à l’occasion l’argent sale et aimerait bien rassembler les gangs qui rackettent les commerces londoniens afin de créer un syndicat… et de prendre sa part. Il s’associe avec le propriétaire d’un night club, Harry (Alfred Marks) qui a son propre gang. A eux deux, ils réussissent à convaincre les autres chefs de gang de travailler ensemble. Pour assurer leur activité de racket marche bien mais sans débordement de violence excessif ils font appel à Paddy (Sean Connery). Ce dernier n’aime pas trop la violence, mais il se sent coupable de l’accident de son meilleur ami Sadie (Olive McFarland) et veut payer ses frais de santé.

Au début tout tourne bien, mais l’inspecteur Sayers (John Gregson) a ce petit monde à l’oeil et est bien décidé à les faire tomber à la première occasion, quitte à utiliser des méthodes peu orthodoxes (au grand dam de sa hiérarchie). De son côté, Paddy prend des risques en flirtant avec la belle Anya (Yvonne Romain), la protégée du boss. L’un des chefs de gang met le feu aux poudres en décidant de faire bande à part… La guerre des gangs reprend de plus belle… et le château de cartes construit par Waldo semble sur le point de s’écrouler.

« The Frightened City » est un film criminel qui emprunte au noir américain avec ses têtes de gangster, sa femme fatale, son héros trahi qui va chercher à se venger… jusqu’à son titre (qui claque mieux que le titre français inexplicable « L’enquête mystérieuse » !!). Grâce à un solide casting, un scénario convaincant – même s’il n’est pas d’une originalité folle – et une réalisation tout à fait correcte, il s’agit d’un représentant très satisfaisant du genre. Comme le titre la une de l’un des journaux : « Londres devient Chicago » ! C’est pas toujours très réaliste, il manque un peu de sadisme, mais on passe un bon moment !

En 1961, Sean Connery partage encore son temps entre télévision et cinéma. Sur grand écran on l’a déjà vu en second rôle dans « Hell Drivers » (1957) ou « Another Time, Another Place » (1960). En 1961, il décroche deux têtes d’affiche ici et dans la comédie militaire « On the Fiddle ». Mais personne ne peut encore imaginer le triomphe de « Dr. No » un an plus tard qui va le propulser parmi les stars du 7e art ! Reste que le personnage de Paddy n’est pas sans traits communs avec le célèbre agent : il est endurci mais très loyal et fait fondre les coeurs des femmes – surtout quand il montre son torse poilu ô combien viril.

A l’époque, Herbert Lom, l’un des méchants favoris du cinéma britannique, est toujours plus bankable que Sean Connery. En 1961, il joue le capitaine Nemo dans « The Mysterious Island », partage l’affiche avec Peter Sellers dans « Mr Topaze » et se retrouve également au générique de la production hollywoodienne « El Cid » de Thomas Mann.

Dans le rôle du détective pugnace, on retrouve John Gregson, ancien ingénieur télécom qui après la guerre a commencé à faire du théâtre professionnel dans sa ville natale à Liverpool avant de tenter sa chance sur les planches londoniennes et de faire rapidement ses débuts au cinéma dans des rôles non crédités en 1948 (Sarabande, London Belongs to Me). Il connaîtra la gloire à la télévision avec la série policière « Gideon’s Way » (1964-1967) et se concentra dès lors surtout au petit écran et à la scène jusqu’à sa mort en 1975 d’une crise cardiaque à l’âge de 55 ans.

Le réalisateur canadien John Lemont, a fait quasiment toute sa carrière en Angleterre où il a débuté à la réalisation en 1954 avec le film criminel « The Green Buddah ». Pour les amateurs de série B (voire Z), notons qu’on lui doit le King Kong britannique, « Konga » (1961). Il a mis un terme à sa carrière en 1962 mais est resté en Angleterre où il est mort en 2004.

Lemont co-signe le scénario et co-produit le film avec le scénariste américain Leigh Vance qui a fait l’essentiel de sa carrière à la télévision anglaise puis américaine. Ils avaient déjà travaillé ensemble sur un épisode de l’anthologie américaine « Kraft Mistery Theater » (leur épisode gagnera un « Edgar Allan Poe Award ») puis au cinéma sur deux productions anglaises « The Shakedown » (Chantage à Soho, 1960) et « And Women Shall Weep » (1960). Le scénario le plus connu de Vance reste peut-être bien aujourd’hui « Dr. Crippen » (1963), un film de Robert Lynn avec Donald Pleasance.

DVD zone 2 UK. Studio StudioCanal (2008). Version originale sans sous-titres.

 

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