Un homme et sa moto. Un film pas désagréable mais trop mal fichu pour marquer les esprits. Dommage car le casting est assez sympathique.

Silver Dream Racer (1980)

Réalisé par David Wickes

Ecrit par David Wickes d’après une histoire de Michael Billington

Avec David Essex, Beau Bridges, Cristina Raines, Clarke Peters,…

Directeur de la photographie : Paul Beeson / Direction artistique : Malcolm Middleton / Montage: Peter Hollywood / Musique : David Essex et John Cameron

Produit par René Dupont pour The Rank Organisation

Drame/sport

111mn

UK

Nick (David Essex) est un pilote de course de moto qui rêve de cotoyer les plus grands. Mais sa moto part en morceaux, et son métier de garagiste ne lui permet pas de courir dans de bonnes conditions malgré l’aide son ami Cider (Clarke Peters). Après la mort de son frère, également pilote, lors d’un entrainement, il hérite d’une moto prototype. Tient-il la chance de sa vie ?

Nick participe à une course mais sa moto est en train de partir en morceaux, et il est obligé d’abandonner. Après la fin de la course,Nick s’accroche avec le champion Bruce McBride (Beau Bridges) et attire le regard de Julie (Cristina Raines)… qu’il envoie paître. Le garçon n’est pas de très bonne humeur, et ça ne va pas s’arranger. Son ami et technicien Cider (Clarke Peters) lui annonce qu’il souhaite arrêter les courses, Et une fois rentré chez lui, il apprend que son frère vient de mourir dans un accident de moto.

Evidemment la copine de Nick veut qu’il arrête avant qu’il se tue à son tour, mais quand la veuve de son frère lui donne sa moto, un superbe prototype sur lequel son frère a travaillé pendant des années, Nick est prêt à faire tous les sacrifices pour montrer qu’avec la bonne moto, lui aussi peut y arriver !

Le triomphe inattendu de Rocky (1976) aura inspiré beaucoup de films autour de la passion du sport et du dépassement de soi. Cette version motorisée deux roues a au moins le mérite de mettre en scène un sport nettement moins filmé que la boxe ! Dans le cinéma britannique, j’ai en tête surtout l’étrange « Once a Jolly Swagman » (1949) sur les courses de speedway dans le Londres d’après-guerre.

S’il marche donc sur les traces de « Rocky », reste que « Silver Dream Machine » a bien été oublié. Mais est-ce mérité ? Le trio principal est sympathique et le cadre original, mais ça ne suffit pas à faire un bon film. « Silver Dream Machine » est mal rythmé et la photographie est parfois douteuse (c’est quoi ces scintillements et ce flou dans plusieurs scènes ?). Quant aux courses, elles sont filmées correctement (et profitent notamment du British Grand Prix de 1979) mais sans génie, et surtout les inserts studios ou la présence d’un mannequin lors de l’accident sont bien trop visibles.

L’histoire d’amour entre Nick et Julie est plate, comme la rivalité entre Nick et Bruce McBride. Il faut dire que pour le champion américain, Nick est juste un vermisseau. Bref pas de quoi se prendre la tête, même quand il perd Julie qui s’en va dans les bras de Nick.  D’ailleurs je n’ai pas vraiment compris pourquoi Julie s’intéresse à Nick, un looser et un garçon pas toujours agréable, voire « un petit peu » sexiste. La dynamique entre les personnages n’est pas vraiment là. Et pourtant avec ses 111 minutes au compteur, le film prend son temps pour poser l’histoire.

En tête du casting, on retrouve le chanteur David Essex qui avait déjà fait une apparition remarquée au cinéma en incarnant le rockeur Jim MacLaine dans « That’ll Be the Day » (1973) et sa suite « Sardust » (1974). Il tente ici à nouveau sa chance mais Nick est loin d’avoir l’épaisseur d’un Jim. A ses côtés on retrouve l’actrice Cristiana Raines (« Nashville », « The Duellists » ou encore « The Sentinel »), Beau Bridges (qui avait déjà à son actif un beau palmarès à la télé et au cinéma en tant que second rôle) et l’acteur afro-américain installé à Londres, Clarke Peters (dont c’était la deuxième apparition à l’écran).

Le réalisateur anglais David Wickes a surtout travaillé à la télévision britannique avec seulement deux réalisations pour le cinéma : « Sweeney » (1977), adaptation d’une série crimnelle télé à succès, et donc « Silver Dream Machine ». Sa réalisation la plus connue reste le téléfilm de prestige en deux parties « Jack L’éventreur » (1988) avec Michael Caine.

Malgré ses multiples défauts, « Silver Dream Machine » n’est quand même pas une catastrophe, notamment grâce à son casting sympathique, et l’éditeur Network vient de le ressortir en blu-ray avec la fin d’origine – et ça ne se finit pas très bien pour notre Jim. Une fin bien plus convaincante et marquante que l’happy-end, monté pour le public américain, présent dans les bonus – deux minutes en moins mais qui changent tout !

On pourra conseiller « Silver Dream Machine » aux amateurs de sports mécaniques et aux fans des années 80 (la pop de David Essex qui interprète quelques morceaux dans la B.O du film colle bien avec l’ambiance du film). Le tout est désuet mais pas désagréable.

Blu-ray UK. Studio Network (2017). Version régionale avec des sous-titres anglais. Bonus : fin alternative US.

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