Un film pour le moins surprenant, qui mixe les genres, où Dirk Bogarde interprète un jeune homme qui veut échapper à sa condition d’ouvrier en participant à des courses de moto.  

Once a Jolly Swagman (1949)

Réalisé par Jack Lee

Ecrit par William Rose et Jack Lee d’après le roman de Montagu Slater

Avec Dirk Bogarde, Renée Asherson, Bonar Colleano, Bill Owen, Moira Lister, Sidney James, Cyril Cusack,…

Direction de la photographie : H.E. Fowle / Direction artistique : Frederick Pusey / Montage : John Ferris et Jack Harris / Musique : Bernard Stevens

Produit par Ian Dalrymple pour Wessex Film Productions

Tourné aux studios Pinewood

Drame/Romance/Social/Sports

UK

Bill Fox (Dirk Bogarde) est ouvrier dans une usine, mais son rêve c’est de faire carrière dans le speedway, des courses de motos qui se déroulent dans un stade. 

1937 à Londres. Bill Fox est un jeune homme, issu des classes populaires, qui ne semble avoir d’autre avenir que de travailler à l’usine. Mais un jour il reçoit un courrier de la part de Rowton (Sidney James) manager des Cobras, une équipe de speedway londonienne, qui l’invite à passer un test.

Bill se révèle être un champion en puissance, et le voilà qui remporte bientôt tous les tournois. Il s’habille au dernier chic, se laisse pousser une petite moustache (l’effet est assez drôle sur Dirk Bogarde) et finit par se fiancer à Pat (Renée Asherson) la soeur de l’un de ses collègues, Lag (Bill Owen).

Mais quand Lag se retrouve dans une maison de repos  pour dépression suite à un accident et qu’un autre de ses collègues meurt sur le circuit, Bill veut monter un syndicat pour protéger les pilotes. Rowton, le manager de l’écurie s’y oppose et rapidement Bill est mis sur le banc de touche, star ou pas. Alors que la Grande Bretagne entre en guerre, Bill disparait.

Quel étrange film ! « Once a Jolly Swagman » est tout d’abord le portrait d’un fils de famille modeste qui veut s’en sortir mais reste instatisfait. Argent, gloire, amour, il a tout. Mais Bill veut toujours autre chose. Il déçoit ses parents (qui aimeraient qu’il prenne un vrai boulot), son frère engagé aux côtés des républicains espagnols (qui lui reproche son manque de conscience politique) ou encore sa femme (qui aimerait qu’il arrête ce sport dangereux qui a déjà détruit son frère).

« Once a Jolly Swagman » a été retitré outre atlantique « Maniacs on Wheels », ce qui au-delà du côté racoleur du titre US peut être compréhensible car le titre original énigmatique fait référence à un « vagabond enjoué ». C’est en fait le début d’une chanson populaire de l’époque « Waltzing Matilda » qui figure dans le film. Il faut le savoir…

« Once a Jolly Swagman » mixe des genres très différents pour finalement aboutir à un résultat étonnant mais convaincant en ce qui me concerne. Dirk Bogarde, alors au tout début de sa carrière, est attachant dans le rôle de Bill (en fait il détestait les motos – il est bien évidemment doublé pour toutes les scènes sur deux roues !).

A ma connaissance c’est le seul film britannique tourné sur cette pratique sportive née aux Etats-Unis au début du XXe siècle et importée en Grande Bretagne dans les années 20 où elle connut un grand succès. Les fans de deux roues devraient être aux anges, il y a quelques jolies scènes de courses.

C’est aussi un bon film sur la période de la fin des années 30 à l’immédiat après guerre. Alors que Bill fait ses premiers pas dans le speedway, de courts extraits ou des manchettes de journaux montrent que la guerre approche. Une réalité qui contraste avec l’insouciance de Bill. Dix ans plus tard, l’Angleterre n’est plus le même monde et pour Bill la reconversion va s’annoncer difficile.

Le film est produit par le vétéran Ian Dalrymple qui a débuté dans les années 20 dans le montage avant de gravir les échelons. Pendant la guerre, il travaillera pour le ministère de l’information en produisant notamment les documentaires d’Humphrey Jennings. Egalement scénariste, et à l’occasion réalisateur, il a donné son premier grand rôle à Bogarde avec « Sin of Esther Waters  » qu’il a produit et co-réalisé en 1948.

Ian Dalrymple a sûrement fait la connaissance de Jack Lee pendant la seconde guerre mondiale. Issu du fameux GPO Film Unit, réunissant des pionniers du documentaire, où il a notamment filmé le blitz, le réalisateur Jack Lee a tourné dix films de fiction, dans des genres variés, essentiellement dans les années 40 et 50 (il a réalisé son dernier long à 47 ans en 1960). La réalisation de Jack Lee confère au film une véracité indéniable – notamment dans les séquences de course tournées au stade.

Aujourd’hui « Once a Jolly Swagman » est disponible en DVD à l’unité au UK (sans sous-titres) ou à l’unité et en coffret zone 1 chez Vci Video avec des sous-titres anglais.

DVD zone 2 UK. Studio Spirit (2011). Version oriignale sans sous-titres

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