Des membres de Reflets de cinéma avec deux experts du cinéma britannique (Jean-François Baillon et Hadrien Fontanaud) et le réalisateur Jethro Massey

 

Pendant quatre jours, du 17 au 20 mars, j’étais l’invité du festival Reflets du cinéma en Mayenne. Pour une bonne raison, puisque l’édition 2025 était consacrée au cinéma britannique et irlandais.

Chaque année, le festival organisé par l’association Atmosphères 53. se consacre à un pays ou zone géographique différents. Ils ont commencé avec l’Espagne en 1997. Sur dix jours, ils présentent en moyenne une trentaine de films sur les onze salles mayonnaises, de nombreuses animations et séances pour les scolaires.

Pour moi, c’était une première. A la fois sur le festival mais aussi la première fois que je venais en Mayenne. Et je dois dire que l’expérience m’a enchanté. Tout a commencé sur les meilleurs auspices puisque j’ai pu présenter et assurer les questions/réponses sur d’excellents films : « The Loneliness of the Long Distance Runner » (La solitude du coureur de fond, 1962) réalisé par Tony Richardson,  » The Wind That Shakes the Barley » (Le vent se lève, 2006) réalisé par Ken Loach, ainsi que deux films réalisés par Andréa Arnold « Red Road » (2006) et « Bird » (2024).

La politique, ambitieuse et complexe au niveau logistique, du festival au niveau départemental l’amène à s’étendre à tout le territoire de Mayenne et ses onze salles de cinéma. Ce qui m’a permis de découvrir d’excellentes salles de tout genre et de toute taille :

A Laval, le multiplex (9 salles) de centre-ville « Le Cinéville » ainsi que la salle de cinéma associative d’art et d’essai ouverte il y a un peu plus d’un an « L’avant Scène« .

A Mayenne, j’ai découvert « Le Vox« , un cinéma de centre ville qui date de l’après guerre et rénové en 2017. Lumineux et accueillant, géré par une coopérative,, le cinéma dispose de trois salles.

A Ernée, une jolie salle (avec une allée centrale) et tout confort, le CinémaMajestic.

J’ai particulièrement été impressionné par la salle d’art et d’essai associative « Le Trianon » dans la petite commune de Bourgneuf-la-Forêt à 20km de Laval.

Quelle joie de découvrir un joli département (merci à Atmosphères 53 pour les balades et les visites notamment de l’étonnant musée Robert-Tatin). Un département de cinéphiles avec ses 11 cinémas dont de nombreux cinémas associatifs, et une association départementale qui organise des festivals, des séances scolaires, des résidences d’artistes,… Une telle structure devrait exister partout en France ! Bravo en tout cas au département de la Mayenne pour leur soutien au cinéma !

Une grande partie du plaisir que j’ai éprouvé à participer au festival vient de l’implication et de l’accueil chaleureux d’Atmosphères 53, ses permanents aussi bien que ses bénévoles… Et bien sûr Agnès Camarena (présidente) et Wilfried Jude (directeur artistique). Un immense merci à eux, j’ai eu l’impression de faire partie pendant 4 jours d’une grande famille cinéphile. Sentiment renforcé par l’accueil et les échanges avec le public.

C’était l’occasion également de-croiser deux grands spécialistes du cinéma britannique : Jean-François Baillon et Hadrien Fontanaud ainsi que le réalisateur Jethro Massey (Paul and Paulette Take a Bath)

Pour ceux qui croient qu’en période de crise, il est de bon ton de sabrer les budgets de la culture, je soutiens que cette dernière est un composant essentiel de la société et du vivre ensemble (pourtant souvent invoqué par les mêmes qui coupent les dits budgets). Je les renvoie à la citation de Churchill, qui avait défendu le cinéma britannique en tant de guerre (à tel point que les années 40 sont considérées comme l’age d’or du cinéma d’outre manche) : « Les arts sont essentiels à toute vie nationale complète » (on aime lui attribuer cette autre citation fausse mais qui résume bien son soutien indéfectible pour la culture : « Si ce n’est pour la culture, pourquoi nous battons-nous alors ? »).