Mike Hodges (1932,-)

Michael Caine et Mike Hodges sur Get Carter (1971)

Mike Hodges, né à Bristol en 1932, a reçu une éducation à Bath. Après un service militaire effectué dans la Marine, il part travailler pour la télévision, d’ailleurs dans un rôle très modeste de téléprompteur, puis il commencera à écrire des scripts avant d’être embauché comme réalisateur et producteur sur la sur la série documentaire d’investigation “World In Action” puis “Tempo”.

Il fait ses débuts dans la fiction en 1968 avec la mini-série “The Tyrant King” et réalise deux téléfilms pour ITV Palyhouse : “Suspect” (1969) et “Rumour” (1970). C’est grâce à ces deux téléfilms, et surtout le dernier, très stylisé et audacieux, qu’il est remarqué par le producteur Michael Klinger, qui lui confie l’adaptation d’un roman de Ted Lewis “Jack’s Return Home”.

C’est ainsi qu’en 1971, Mike Hodges signe son premier film pour le cinéma, “Get Carter” (La loi du Milieu, 1971). C’est un coup de maître mais qui n’est pour autant de suite reconnu à sa juste valeur. Il rencontre un succès moyen à sa sortie, et il faudra attendre les années 90 pour que “Get Carter” fasse vraiment l’objet d’une nouvelle évaluation critique, notamment grâce à la nouvelle garde de réalisateurs comme Quentin Tarentino ou Guy Ritchie.

Les trois Michael (Klinger, Hodges et Caine) récidivent dès l’année suivante avec la comédie criminelle “Pulp” (“Retraite mortelle”, 1972). Hodges signe un scénario original bourré d’humour noir. Pour tous ceux qui attendaient, sinon une suite, du moins un film dans le style de “Get Carter”, c’est la déception.

En 1974, Mike Hodges est recruté pour mettre en images un roman de Michael Cricthon. Le résultat est le thriller de SF “The Terminal Man“, film à la réputation mitigée mais qui a notamment valut à Hodges de recevoir une lettre de fan d’un certain Terrence Malick qui venait de sortir son premier film “Badlands”.

D’emblée, Hodges ne sent pas à l’aise avec la machine à compresser Hollywood. Il retournera aux USA pour signer la suite du film d’horreur “Damien”, mais il quittera le plateau après trois semaines de tournage.

Du coup Mike Hodges fera son grand retour seulement en 1980 avec “Flash Gordon“, un film de SF parodique et kitchissime, produit par le producteur italo-américain Dino De Laurentiis, qui est devenu culte tant par ses défauts que par ses qualités.

Mike Hodges retourne alors à la télévision, aux USA avec le film de détective “Missing Pieces” (1983) et plus étonnament “Squaring the Circle” (1984), un téléfilm britannique relatant les années de Lech Walesa à Solidarnosc, sur un script de Tom Stoppard. Dans les années 80, il participera à deux autres occasions à la télévision outre atlantique en réalisant un épisode de la série canadienne “The Hitchhiker ” (1985) et le téléfilm d’aventures “Florida Straits” (1986).

Au cours des années 80, il reviendra deux fois sur grand écran. Après une tentative, ratée, de comédie SF “Morons from Outer Space” (Les débiles de l’espace, 1985), Mike Hodges retourne au thriller avec “A Prayer for the Dying” (L’Irlandais, 1987) qui dispose d’un trio d’acteurs alléchant : Mickey Rourke, Bob Hoskins et Alan Bates. Mais le film est massacré au montage, et Mike Hodge demandera en vain que son nom soit retiré du générique.

Il tourne ensuite un vieux projet, “Black Rainbow” (1989), un thriller fantastique qui se déroule dans la “Bible Belt” américaine.  Le film, écrit et réalisé par Hodges, sera présenté avec succès dans quelques festivals mais verra sa distribution en salles avortée suite aux problèmes du producteur britannique Goldcrest et des réticences du distributeur Miramax.

Puis Mike Hodges retourne à la télévision britannique avec le téléfilm “The Healer” (1994) sur un immigré colombien ancien trafiquant immigré à Londres, et la mini série “Dandelion Dead” (1994) sur un procès criminel des années 20.

Il faudra attendre “Croupier” (1998) pour que Mike Hodges puisse redorer son blason avec un film noir réaliste sur le monde du casino avec Clive Owen en tête d’affiche. Et encore, il faudra attendre un succès imprévu du film aux USA, trois ans après sa sortie anglaise en catimini, pour que le film soit enfin considéré à sa juste valeur.

Il signe son dernier film date de 2003 avec le polar pessimiste à la Carter “I’ll Sleep When I’m Dead“. Malheureusement le film souffre d’un scénario médiocre.

En 2004, il a co-réalisé “Murders by Numbers“, un documentaire britannique sur les serial killers, son dernier travail en tant que réalisateur à ce jour. Non que Hodges, à près de 90 ans, pense retourner derrière la caméra. Il vit actuellement (juillet 2020) dans le Dorset et écrit des romans noirs. Il a ainsi publié “Watching the Wheels Come Off” en 2010 et “Bait, Grist and Security” en 2018.

Le cas Hodge est un traumatisme pour tout cinéphile. Un premier film brillant et une suite de carrière qui ne tient pas ses promesses. Néanmoins, même si son premier film reste indiscutablement son meilleur, on aurait tort de négliger le reste de sa filmographie. Mike Hodge est un réalisateur solide, parfois brillant, qui avec un bon script peut faire des merveilles.

Filmographie sélective :

I’ll Sleep when I’m dead (cinéma, 2003)
Croupier (Cinéma, 1998)
Black Rainbow (Cinéma, 1989)
A Prayer for the Dying (Cinéma, 1987)
Morons from Outer Space (1985)
Flash Gordon (Cinéma, 1980)
Pulp (Cinéma, 1972)
Get Carter (Cinéma, 1971)
Rumour (TV, 1970)
Suspect (TV, 1969)

 

%d blogueurs aiment cette page :