Entre film criminel et drame social, « London to Brighton » trouve de l’humanité dans les tréfonds de l’horreur

London to Brighton (2006)
Ecrit et réalisé par Paul Andrew Williams
Avec Lorraine Stanley, Georgia Groome, Johnny Harris, Nathan Constance, Sam Spruell,..
Direction de la photographie : Christopher Ross /Direction artistique: Lizzie Dixon / Montage : Tom Hemmings / Musique : Laura Rossi
Produit par Alastair Clark, Ken Marshall et Paul Andrew Williams
Crime / Drame
85mn
UK
Avec « London to Brighton » (2006), Paul Andrew Williams, alors âgé de 33 ans, réussit à passer avec un certain brio le cap du premier long métrage alors qu’il porte les casquettes de réalisateur, scénariste et producteur. C’est d’autant plus remarquable qu’il n’a pas choisi la facilité avec ce mélange de drame social et de film criminel sur fonds de prostitution et de pédophilie.
kelly (Lorraine Stanley) est une prostituée londonienne chargée par son mac Derek (Johnny Harris) de trouver en urgence une mineure prête à se prostituer afin de répondre à la demande d’un client important. Elle tome sur Joanne, un fugueuse de 12 ans qui dort dans la rue depuis peu. Malgré ses réticences, Kelly se décide à lui proposer de rencontrer Derek contre un repas chaud.
Poussée par Derek et la perspective de toucher 100 livres, Joanne accepte de rencontrer le client. Mais les choses vont mal tourner et Kelly fuit avec Joanne à Brighton.
?otamment gr^ace à deux superbes interprètes, « London to Brighton » livre des portraits convaincants de deux marginales que tout semble séparer sinon la misère. Abimée et usée, Kelly va réussir à retrouver suffisamment d’humanité face à l’indicible pour aider Joanne.
Les portraits du mac et du fils vengeur du client de Joanne sont également bien réussis, que ce soit dans l’abject ou le pathétique.
Williams fait le choix de nous raconter l’histoire à partir de la fuite de Kelly et de Joanne, et de nous raconter ce qui s’est passé par une suite de flashbacks. ‘est toujours un peu casse-gueule mais après quelques tâtonnements, le spectateur s’y retrouve.
« London to Brighton » vaudra plusieurs prix à son auteur dont l’Hitchcock d’Or au festival de Dinard. Il deviendra le premier réalisateur a décrocher deux fois la récompense dix-neuf ans plus tard avec le très réussi « Dragonfly » (2025), sorte de retour aux sources (avec son mélange de drame social et de film criminel) .
DVD FR. Studio MK2 (2008). Version originale sous-titrée en français et version française

