Review of: Gaslight
Thriller / Drame:
Thorold Dickinson

Reviewed by:
Rating:
4
On 8 novembre 2017
Last modified:9 novembre 2017

Summary:

Un excellent drame sur un mari manipulateur qui essaie de pousser sa femme vers la folie. Avec un Anton Walbrook saisissant !

Un excellent thriller sur un mari manipulateur qui essaie de pousser sa femme vers la folie. Avec un Anton Walbrook saisissant !

Gaslight (1940)

Réalisé par Thorold Dickinson

Ecrit par A. R. Rawlinson et Bridget Boland d’après la pièce de Patrick Hamilton

Avec Anton Walbrook, Diana Wynyard, Frank Pettingell, Cathleen Cordell,….

Directeur de la photographie : Bernard Knowles / Montage : Sidney Cole / Musique : Richard Addinsell

Produit par John Corfield pour British National Films

89mn

UK

Un soir, une veille femme est assassinée à son domicile. Son meurtier saccage l’appartement à la recherche de quelque chose… 20 ans plus tard, un couple Paul Mallen (Anton Walbrook) et sa femme Bella (Diana Wynyard) achètent l’apprtement et s’y installent. Paul est un mari abusif qui essaie de rendre sa femme folle… 

« Gaslight » est adapté d’une pièce du même nom de Patrick Hamilton qui a débuté dans le West End, le Broadway londonien, en 1936. Deux ans plus tard, elle a eu les honneurs d’une diffusion télévisée sur les embryonnaires services télévisuels de la BBC qui en matière de fiction se contentait alors de filmer en direct les pièces les plus populaires jouées dans le West End.

Sans grande surprise, une version cinéma voit donc le jour en 1940. Anthony Asquith qui avait signé une brillante adaptation de « Pygmalion » deux ans plus tôt fut d’abord rattaché au projet. Mais Asquith doit renoncé à cause du retard pris par Desmond Hurst sur le tournage de « Freedom Radio » tourné également aux studios de Denham.  Du coup, Thorold Dickinson qui travaillait avec Asquith et avait deux films à son actif, reprit le projet trois semaines avant le début du tournage.

« Gaslight » a longtemps été éclipsé par une adaptation hollywoodienne de la même pièce tournée 4 ans plus tard avec Charles Boyer et Ingrid Bergman dans les rôles titres et réalisé par Geroge Cuckor. Il faut dire que la MGM avait racheté les droits de la pièce sous la condition que les négatifs du film britannique fussent détruits pour éviter toute concurrence !

C’est donc un miracle que nous puissions redécouvrir cette première version de Galsight, aujourd’hui considéré par beaucoup de critiques comme supérieure à son remake hollywoodien.

Rendu à toute sa splendeur par une une restauration du BFI, ce film britannique se relève une très belle pioche en matière de drame conjugal et de thriller autour d’un personnage manipulateur et diabolique. mais on peut également y lire aussi une critique sous jacente assez virurlante contre la société victorienne et la manière dont les femmes y sont traitées. L’auteur de la pièce et le réalisateur, s’ils étaient en désacord sur le casting d’un « Allemand » dans le rôle central (on est en pleine période de la « drôle de guerre ») qui déplésait fortement à Hamilton, ils partageaent des ooinions politiques très à gauche.

L’intrigue, en elle-même assez simple, vaut surtout à mes yeux par le drame humain qu’elle porte. Il bénéficie d’une très élégante mise en scène de Thorold Dickinson, ancien monteur de talent, cinéphile engagé à gauche (il ira notamment en Espagne pendant la guerre civile) et réalisateur aujourd’hui oublié qui tourna treize films entre 1932 et 1955, plus quelques documentaires et courts (présents sur le combo blu-ray/DVD du film en bonus). La photo noir et blanc de Bernard Knowles est superbe, et le montage serré.

Surtout l’acteur autrichien Anton Walbrook est tout simplement brillant de cruauté froide dans le rôle du mari manipulateur. Walbrook n’a pas une filmographie très fournie mais ses prestations dans notamment « La ronde » et « Lola Montes » (1955) pour Max Ophuls ou encore chez Powell dans « 49th Parallel » (1941), « The Life and Death of Colonel Blimp » (1943), « The Red Shoes » (1948) et  « Oh… Rosalinda!! » (1955) ont marqué l’histoire du cinéma.

Dans le rôle de la femme maniuplée, Diana Wynyard, grande actrice de théâtre de l’époque, est également très convaincante dans un rôle où elle finit par se convaincre qu’elle perd la tête à force d’assauts psychologiques de son mari. Au cinéma, on la retrouve également en tête d’affiche de « The Remarkable Mr. Kipps » (1941) de Carol Reed.

Combo Blu-ray/DVD UK. Studio BFI (2013). Version originale sous-titrée en anglais. Bonus : Livret 20 pages. Cours métrages et documentaires de Thorold Dickinson en bonus.

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