Review of: Vs.
Drame / Social / Musique:
Ed Lilly

Reviewed by:
Rating:
3
On 19 mars 2020
Last modified:19 mars 2020

Summary:

Le portrait d'un jeune délinquant qui se trouve une identité et une raison d'être à travers les rap battles

Le portrait d’un jeune délinquant qui se trouve une identité et une raison d’être à travers les rap battles

VS. (2018)

Réalisé par Ed Lilly

Ecrit par Daniel Hayes et Ed Lilly

Avec Connor Swindells, Nicholas Pinnock, Emily Taaffe, Fola Evans-Akingbola, Ruth Sheen,…

Directeur de la photographie : Annika Summerson / Production Design : Anna Pritchard / Montage : Immanuel von Bennigsen / Musique : Pedram Mehrshahi

Produit par Bennett McGhee

Drame / Musique / Social

99mn

UK

Adam (Connor Swindells) , abandonné par sa mère, passe d’une famille d’accueil à l’autre depuis une dizaine d’années. Pris de crises de violence inctrôlables, son tuteur lui laisse une dernière chance. Il est envoyé chez Fiona (Ruth Sheen) à Southend, qui se trouve être sa ville natale. Adam rencontre une belle jeune femme Makayla (Fola Evans-Akingbola) qui l’initie aux batailles de rap et il tente de reprendre contact avec sa mère Lisa (Emily Taaffe).

Après cinq courts réalisés entre 2009 et 2011, l’Anglais Ed Lilly co-écrit et réalise son premier long en 2018. Il s’agit donc d’un film sur fond de rap battles, ces joutes verbales où tous les coups sont permis. Seules comptes l’éloquence et le bon mot en mode frappe chirurgicale.  Le sujet avait déjà été abordé à l’écran l’année précédente dans le film américain “Bodied” (2017) produit par Eminem.

Ed Lilly n’essaie pas de faire un film qui soit une simple mise en valeur des joutes oratoires. L’action est située à Southend (pas vraiment le top de la coolitude) et le héros est un jeune homme traumatisé d’avoir été abandonné par sa mère. On s’en doute, les rap battles vont lui permettre de canaliser une partie de la violence qui lui tenaille les tripes.

Adam peut compter sur une retraitée (sa nouvelle famille d’accueil) à l’écoute, un tuteur prêt à lui donner une dernière chance, et une nouvelle amie Makayla qui semble se soucier de lui et l’accompagne quand il décide de se rendre dans le salon de coiffure où travaille sa mère. Mais sera-ce suffisant pour qu’il puisse se sortir du cercle vicieux dans lequel il s’est enfermé ? Adam provoque la violence, cherche les coups. Et il semble bien s’être trouvé un nouvel ennemi.

Evidement, pas facile toujours de suivre des rap battles avec des sous-titres, et une version doublée semble quasi impossible. Pour autant les joutes sont bien filmées, dans leurs audaces (la formule gagnante exige un sacré sens de la formule et de la répartie) et leurs limites (les insultes fusent, souvent sexistes, rarement subtiles). Point vital dans un tel film, les acteurs sont convaincants (dont Connor Swindells, vu la même année dans “The Vanishing” et qui signe ici sa première tête d’affiche).

Manque un soupçon de relief, de profondeur et de rugosité aux personnages. Et le drame reste d’une facture assez classique. Pas de grosse surprise, mais pas non plus de grosse maladresse (sinon la dernière battle qui ne tient pas vraiment ses promesses alors qu’elle est présentée comme un combat des chefs). “Vs.” se tient et propose un portait crédible d’une certaine jeunesse qui trouve grâce aux rap battles un moyen de canaliser sa violence dans des joutes oratoires. Il faut que ça sorte, autant éviter les blessés et les morts !

“Vs.” n’est pas sorti en France et est actuellement distribué sur Netflix – a priori seulement dans les pays anglophones. Il faudra donc patienter pour le voir sur notre territoire (j’ai eu personnellement l’occasion de le découvrir durant la 23e édition des Ecrans Britanniques à Nîmes où il passait en avant première).

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