Un thriller conçu pour Amazon Prime Video qui, malgré la présence de Kevin Macdonald à la réalisation, a tout de la catastrophe industrielle

The Runner (2026)

Réalisé par Kevin Macdonald

Ecrit par Mark Gibson

Avec Gal Gadot, Damian Lewis, Rory Wilmot, Alfred Enoch,…

Direction de la photographie : Anthony Dod Mantle / Production designer : Kevin Timon Hill / Montage : Sam Rice-Edwards / Musique : Tom Hodge

Produit par David Kosse

Thriller

85mn

UK

Maia (Gal Gadot) est une avocate londonienne « brillante » (bien entendu), qui s’apprête à accompagner son client, témoin protégé dans un procès criminel de grande envergure qui doit ce tenir ce jour au tribunal de l »Old Bailey. Après avoir accompagné son fils diabétique à l’école, Maia fait son running quotidien. Mais sa course est interrompue par un appel téléphonique : son fils a été kidnappé et pour le sauver, elle devra tuer son client avant qu’il soit transféré au tribunal pour sa déposition. Et comme elle court vite, ça tombe bien, elle va devoir courir jusqu’à l’hôtel où son client est gardé sous haute protection…. à l’autre bout de la ville.

Je m’en veux presque de vous faire subir ce pitch insipide mais sachez que le film qui en résulte est bien pire que ce que vous pouvez imaginer, enchainant une succession de scènes improbables qui frôlent trop souvent le ridicule (et parfois s’y enfoncent allégrement).

Soit, la réalisation est des plus médiocres. Ce qui est surprenant et douloureux quand on sait qu’il s’agit de l’Ecossais Kevin Macdonald, documentaliste de grand talent et versatile (à qui on doit notamment l’Oscarisé « One Day in September ») et réalisateur d’une poignée d’excellents films de fiction comme les thrillers « State of Play » (2009) et « The Mauritanian » (2021) ou encore du classique « The Last King of Scotland » (2006) sur le dictateur ougandais Idi Amin Dada (avec un génial Forest Whitaker).

On ne peut lui en vouloir de signer un film commercial (il faut bien manger) mais il est quasi impossible de penser qu’un réalisateur de cette stature ne se soit rendu compte de la nullité du scénario qu’on lui tendait (outre sa propre carrière c’est quand même le petit-fils d’une figure légendaire du cinéma (Emeric Pressburger). La bouse prétentieuse (qui se rêverait sûrement en miroir critique des anxiétés générées par nos vies hyper connectées mais enfile surtout les poncifs comme des perles et montre surtout une mauvaise compréhension du fonctionnement même des technologies qu’elle place au coeur de l’intrigue) est l’oeuvre de l’Américain Mark Gibson dont la filmographie rachitique et médiocre laissait peu de place au doute sur ses capacités à développer un scénario intéressant (évidemment on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise mais bon..).

Au casting, la star hollywoodienne Gal Gadot est une habitué des films d’action à gros budget (Fast and Furious, Wonder Woman). Elle a sûrement été attirée dans cette galère par la réputation de Macdonald et n’a certes pas toujours choisi ses rôles en se basant sur la qualité des scénarios, mais là elle parvient juste à se ridiculiser. Le Londonien Damian Lewis (Billions, Wolf Hall,…) s’en sort mieux car on ne le voit qu’à la toute fin (nombre de spectateurs auront probablement lâché l’affaire bien avant).

« The Runner » est disponible sur Amazon Prime Video depuis le 2 septembre. Ne vous précipitez pas, vous avez sûrement mieux à faire… Amazon le sait sûrement car bizarrement  alors que j’écris ces lignes les notes des spectateurs n’apparaissent toujours pas sur IMDB (…propriété du groupe Amazon) mais bon je fais sûrement du mauvais esprit (on va dire que c’est le décalage horaire).