Review of: L'aimant
Comédie:
Charles Frend

Reviewed by:
Rating:
4
On 4 juin 2020
Last modified:4 juin 2020

Summary:

Une comédie Ealing un peu oubliée mais très réussie avec une petite pointe de satire et de noirceur. Avec un tout jeune et déjà brillant James Fox (alors âgé de 10 ans)

Une comédie Ealing un peu oubliée mais très réussie avec une petite pointe de satire et de noirceur. Avec un tout jeune et déjà brillant James Fox (alors âgé de 10 ans)

The Magnet (1950)

(L’aimant)

Réalisé par Charles Frend

Ecrit par T.E.B. Clarke

Avec James Fox, Kay Walsh, Stephen Murray,…

Direction de la photographie : Lionel Banes / Direction artistique : Jim Morahan / Montage : Bernard Gribble / Musique : William Alwyn

Produit par Michael Balcon pour Ealing Studios

Comédie

75mn

UK

Johnny Brent (James Fox) est un jeune garçon de bonne famille, vivant près de New Brighton dans la banlieue chic de Liverpool, avec un père psychiatre (Stephen Murray) et une mère attentionnée (Kay Walsh). Fils unique, bien élevé, avec une jolie tignasse blonde, on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Pourtant, quand il rencontre un petit garçon sur la plage avec un aimant, il ne peut pas s’empêcher de lui échanger contre un montre… invisible. Un petit larcin qu’il regrette aussitôt. Johnny fait alors tout pour s’en débarasser et finit par le donner à l’inventeur d’une machine à respiration artificielle qui cherche des fonds afin de finir sa machine et en faire don à un hôpital. Le fameux aimant est vendu aux enchères par l’inventeur, et sachant qu’un jeune garçon sans le sou est à l’origine du don, les prix montent et bientôt tout le monde cherche qui est ce garçon. Mais Johnny qui ingore tout cela et a cru comprendre que le petit garçon à qui il avait volé l’aimant était entre temps mort de chagrin, a peur d’être rattrapé par la police !

Le scénariste T.E.B. Clarke, ancien policier, journaliste et vendeur au porte à porte, est l’un des scénaristes les plus réputés de Ealing Studios. Il était déjà à l’origine d’une excellente comédie “Hue and Cry” (1947) autour d’un gang de jeunes enfants qui s’improvisent détectives dans un Londres transformé en terrain de jeu par le Blitz ! Trois ans plus tard, “The Magnet” nous transporte à Liverpool où l’on suit les mésaventures d’un jeune garçon, qui, après avoir volé un jouet à un enfant plus jeune que lui, va recevoir une médaille du mérite !

Comme dans les meilleures comédies Ealing, on retrouve cet humour bien particulier avec une touche de noirceur (bon ici largement désamorcée) et surtout de satire bien réelle de la bourgeoisie d’après-guerre. Johnny est convaincu qu’il est un criminel. Mais son père psychiatre pense que son comportement soudainement étrange s’explique par sa peur de grandir et qu’il cherche de toute évidence à retourner dans les jupons de sa mère. Celle-ci tente d’aider son fils à prendre de l’autonomie, mais ça empire encore la situation. Pendant ce temps la bonne société bourgeoise s’émerveille devant le geste altruiste de ce jeune garçon inconnu, probablement issu d’une famille pauvre (en fait de plus en plus pauvre à mesure que l’histoire est racontée pour faire monter les enchères sur cet objet improbable).

Charles Frend, qui réalisera entre autres pour Ealing la comédie “Barnacle Bill” (1957) avec Alec Guinness mais aussi l’excellent film de guerre The Cruel Sea” (1953) livre une réalisation alerte, sans temps mort, avec une belle utilisation des décors naturels de New Brighton et Liverpool (en appuyant sur les contrastes entre les deux). Et surtout il dirige merveilleusement bien son jeune acteur, un certain William Fox, dans son premier grand rôle (il joue la même année un plus petit rôle dans le drame “The Miniver Story”).

Le petit William est devenu par la suite un acteur majeur anglais, mais sous le nom de James Fox, et crèvera l’écran avec Dirk Bogarde treize ans plus tard dans “The Servant” (1963) de Joseph Losey. Dans le rôle de sa mère, la londonienne Kay Walsh avait débuté au cinéma au milieu des années 30, et obtenu certains de ses rôles les plus marquants chez David Lean, dont elle sera la femme de 1940 à 49, notamment dans “In Which We Serve” (1942). Elle participera également au scénario de deux des films de Lean de l’époque, deux adaptations de Dickens (“Great Expectations” et “Oliver Twist”). Quant au papa, Stephen Murray, on l’a vu notamment dans “London Belongs to Me” (1948) et “A Tale of Two Cities” (1958).

DVD zone 2 FR. Studio Tamasa, collection “My British Comedies”. Version originale sous-titrée en français. Bonus : livret illustré “Le regard de Charlotte Garson)

 

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