Selon le documentaire de Rupert Russell, un fait divers de 1945 expiquerait en bonne partie le regain d’intérêt des britanniques pour la sorcellerie et le versant sombre des campagnes

The Last Sacrifice (2024)
Ecrit et réalisé par Rupert Russell
Montage : Alexander McNeill / Effets visuels :Andrew J. Ceperley
Produit par Sam Cryer pour Intermission Film
Documentaire / Crime / Horreur
94mn
UK
Les britanniques sont férus de folk horror, ce genre littéraire et cinématographique qui se nourrit d’un monde rural isolé de la modernité peuplé de locaux hostiles aux étrangers perpétuant des traditions séculaires et morbides. des réminiscences d’un monde païen d’avant le christianisme.
Dan »The Last Sacrifice », le documentariste Rupert Russell (fis de Ken) s’intéresse à la permanence du genre dans la Grande-Bretagne moderne de l’après seconge guerre mondiale jusqu’à son apogée au milieu des années 70 sur fond de mutaion sociétale et de crise d’identité.
On aurait pu penser que le genre aurait disparu face au choc de la modernité mais que nenni ! Preuve en est, le retentissement national du meutre de Charles Walton, un ouvrier agricole retrouvé mort dabns un champ à proximité du village de Lower Quinton (dans le Warwickshire) le jour de la Saint Valentin de 1945. Il faut dire que le crime est remarquable par sa brutalité. On retrouve planté dans so Le tueur a battu Walton avec son bâton, l’a égorgé avec sa serpe et a planté sa fourche dans le corps au niveau de la gorge.
L’afaire fairt la une des journaux à sensation et un inspecteur de Scotland Yard, Robert Fabian est rapisdement dépêché sur place. La piste financière est considérée et le patron de Walton soupçonné… mais pourquoi uine telle sauvagerie. Fabian se heurtera au silence des villageois, tandis que des rumeurs de sorcellerie enflent. Une croix aurait été gravée sur son poirail, un chien noir apperçu. Sans oublier que ce meutre rappelle celui d’Ann Tennant, soupçonnée d’être une sorcière et mazssacré à coup de fourche à quelques killomètres de là en 1875. Walton aurait-il été tué dans le cadre d’un rituel païen ou parce qu’il était soupçonné d’être un sorcier ?
Rupert Russell puise dans les archives, interviewe des universitaires et spécialistes pour égrener les théories de ce mystère non élucidé à ce jour. Il joue jo avec une mise en scène sensationnaliste (les images baignent dans le rouge, le montage est saccadé) et illustre son propos de nombreux extraits de film pour tenir l’intérêt du spectateur pendant 90 minutes.
Comme indiqué, le documentaire ne se concentre pas uniquement sur le meurte de Walton mais explore son impact direct et indirect sur la culture d’après-guerre et le regain d’intéret pour la sorcellerie à travers notamment les films d’horreur gothiques de la Hammer jusqu’à l’explosion du folk horror dans le cinéma britannique des années 70. Par ricochet, l’affaire Walton inspire à David Pinner son roman « Ritual » (1967) qui inspirera à son tour au scénariste Anthony Shaffer l’histoire de « The Wicker Man » (1973) l’un des plus grands succès du genre. Il est d’ailleurs intéressant de noter que si le fait divers a lieu dans les Midlands de l’Ouest, Pinnel situe son roman en Cornouailles tandis que « The Wicker Man » se déroule sur une île des Hébrides. La Grande-Bretagne dans son intégralité semble un terreau fertile pour le folk horror.
Leoin d’être inintéressant,documentaire de Russel réussi presque son pari mais se perd dans des allers-retours désordonnés, des détours moyennement convainquants et des répititions, sans parler d’une mise en scène sensationnaliste fatigante sur la durée, ce qui peut lui faire perdre l’attention du spectateur.
Après avoir fait le tour des festivals, « The Last Sacrifice » a été rachetté par la plateforme Shudder, malheureusement pas disponible en France.
Pour son prochain documentaire, Rupert Russell se penche sur son père, vaste sujet. Documentaire sobrement baptisé « Mad Dad ». Ça prommet ! Le documentaire devrait sortir à temps pour la rétrospective Ken Russell au BFI programmée pour l’été 2027.

