Review of: The Drum
Aventures / Guerre:
Zoltan Korda

Reviewed by:
Rating:
3
On 13 octobre 2018
Last modified:3 mai 2024

Summary:

A la fois un splendide film d'aventures et un film de propagande impérialiste pas très subtil. Mais Sabu est là !

A la fois un splendide film d’aventures et un film de propagande impérialiste pas très subtil. Mais Sabu est là !

The Drum (1938)

(Alerte aux Indes)

Réalisé par Zoltan Korda

Ecrit par Arthur Wimperis, Patrick Kirwan et Hugh Gray d’après une histoire de AEW Mason et Lajos Biró

Avec Sabu, Roger Livesey, Raymond Massey, Valerie Hobson, Desmond Tester, Francis L. Sullivan,…

Direction de la photographie : Osmond Borradaile et Georges Périnal / Production design : Vincent Korda / Montage : Henry Cornelius / Musique : John Greenwood

Produit par Alexander Korda pour London Films

Aventures / Guerre

UK

« Dans les Indes britanniques du 19e siècle, le capitaine Carruthers (Roger Livesey) tente de négocier un traité de paix avec le monarque Mohammed Khan. Le prince Ghul (Raymond Massey), ambitieux et démoniaque individu, va faire supprimer son propre frère, le monarque. Le jeune prince Azim (Sabu), fils de ce dernier et un juvénile joueur de tambour se lient d’amitié. Ces deux enfants rusés et débrouillards vont mettre en place un plan pour déjouer les manigances diaboliques de Ghul qui cherche à tout prix à s’emparer du pouvoir. »

« The Drum » est le deuxième film de Sabu, jeune indien repéré par Robert Flaherty et devenu une star grâce au triomphe de « Elephant Boy » (1937). Le producteur Alexander Korda, sentant le bon filon, fait venir Sabu en Angleterre pour tourner d’autres films.

Néanmoins on sent dans « The Drum » une certaine précipitation, comme si le rôle de Sabu avait été gonflé un peu artificiellement pour donner de la place au jeune acteur. Ce qui ne serait guère étonnant puisque tout juste un an ont séparé la sortie de « The Elephant Boy » (avril 1937) et « The Drum » (avril 1938).

Contrairement aux autres films qu’il a tourné pour Korda, Sabu interprète donc dans « The Drum » un rôle plus secondaire. Il faut dire qu’on a ici affaire à un film d’aventures impériales où les britanniques, représentés ici par le couple Roger Livesey et Valerie Hobson, ont forcément le premier rôle.

Et c’est bien là le souci du film. Des images magnifiques (c’était l’une des premières fois sinon la première fois qu’on utilisait du Technicolor dans de telles conditions exotiques, une partie du tournage s’étant déroulée en Inde) et une excellente interprétation ne peuvent cacher le fait que « The Drum » reste un pur produit de son époque. On ne peut nier le côté propagande du film, sorti de façon opportune à une époque où les tensions montent en Europe et où l’Angleterre avait besoin de se rassurer et de faire vibrer la fibre patriotique.

Les Indiens, aux moeurs rétrogrades, sont surtout représentés par l’infâme Ghul (comme d’habitude interprété par un européen ici Raymond Massey par ailleurs excellent). Mais même le bon roi, qui finit assassiné par son frère, accepte de signer un accord d’entraide avec les Anglais contre une petite rente pour lui et son fils.  Heureusement qu’il y a le jeune prince… qui a reçu une éducation partiellement anglaise (ceci explique sûrement cela).

On a droit à un petit échange surréaliste entre le capitaine Carruthers  et Ghul sur le fait de savoir si les femmes doivent danser avec les hommes ou pour les hommes. Carruthers défend la position européenne, c’est à dire qu’hommes et femmes ont le droit de danser ensemble. « Nous sommes pour l’égalité », dit-il. Bon, seulement dans un bal serait-on tenter de rajouter !

Après un début léger, où l’on découvre les personnages, dont Sabu qui se lit d’amitié avec un jeune joueur de tambour de l’armée britannique (interprété par Desmond Tester), « The Drum » prend un ton plus sombre après l’assassinat du bon roi. Quant à la bataille finale, elle est digne d’un film de guerre.

A noter pendant tout le film, une touche d’humour apportée par le bataillon britannique composé d’Ecossais en kilt équipés de cornemuse. Ça, pour faire fuir les ennemis, on n’a pas encore trouvé mieux !

Evidemment on aurait adorée une copie entièrement restaurée mais la copie reste correcte, même si le Technicolor a souffert des outrages du temps. Le film est disponible en DVD unitaire ou dans le coffret Sabu chez Elephant Films en version originale sous-titrée en français et version française. En bonus, on apprécie la présence d’un documentaire intéressant retraçant la vie de Sabu.

DVD zone 2 FR. Studio Elephant Films (2013). Version originale sous-titrée en français ou version française. Bonus : Documentaire « Sabu, l’ami des éléphants » (50 mn, vostfr)