Une fameuse comédie où le rapport entre un majordome et ses maîtres est radicalement inversé suite à un naufrage. Mais pour combien de temps ?

The Admirable Crichton (1957)

(L’admirable Crichton)

Réalisé par Lewis Gilbert

Ecrit par Lewis Gilbert d’après la pièce de J.M. Barrie

Avec Kenneth More, Diane Cilento, Cecil Parker, Sally Ann Howes,…

Direction de la photographie : Wilkie Cooper / Production design : William Kellner / Montage : Peter R. Hunt / Musique : Douglas Gamley

Produit par Ian Dalrymple pour Modern Screen Play

Comédie

94mn

UK

Crichton (Kenneth More) est un majordome attaché au respect de ses patrons. Il a beaucoup de mal à accepter les idées progressistes de son patron, Lord Loam (Cecil Parker). Quand celui-ci provoque un scandale en voulant traiter ses domestiques comme ses égaux, il est décidé que la famille partira en croisière. Mais un soir de tempête, le bateau fait naufrage, et le petit groupe se retrouve sur une île perdue. Rapidement, les codes sociaux vont s’inverser !

Lord Henry Loam (Cecil Parker) est un aristocrate progressiste qui voudrait que sa classe sociale et leurs serviteurs vivent en harmonie, dans l’égalité, « comme des êtres humains ». Son majordome Crichton (Kenneth More) n’est pas convaincu. Mais lord Loam insiste pour organiser un thé où ses filles serviront les domestiques. Ses filles sont indignées, les domestiques très gênés. Rapidement la fête tourne au drame, quand la mère du prétendant de l’une de ses filles fait un scandale et que lord Loam apprend que l’une de ses filles, parties à Londres en voiture, s’est fait arrêter pour être intervenue lors d’une manifestation pour les suffragettes.

Lord Loam devient la risée de l’aristocratie locale. Pour faire oublier ce faux pas, sur le conseil de Crichton, Loam, ses trois filles, deux de leurs prétendants, accompagnés de Crichton et d’une jeune domestique, partent en croisière. Mais suite à une tempête, ce petit monde se retrouve échoué sur une île perdue.

Rapidement, les codes sociaux s’inversent quand il s’avère que seul Crichton sait comment se débrouiller et assurer leur survie. Crichton devient alors le chef (« the guv' ») de ce petit groupe et l’une des filles de Lord Loam, Lady Mary (Sally Ann Howes) tombe amoureux de lui !

Au bout de près de deux ans de présence sur l’île, la petite communauté est très bien organisée et semble vivre dans le bonheur. Veulent-ils vraiment revenir en Angleterre ?

Ah ce fameux ordre social à l’anglaise ! Crichton est le premier à se poser en gardien des conventions les plus strictes. Mais qu’arrive-t-il une fois qu’on quitte le monde « civilisé » si bien structuré ? Les aristocrates sont montrés comme des gens hautins et incapables de se débrouiller par eux-mêmes. Guère mieux que des enfants trop gâtés. Dans ce nouveau monde, c’est le plus apte à survivre, donc Crichton, qui prend logiquement la tête de la petite communauté. Mais cet état des choses, qui sape les bases mêmes de l’ordre social, ne pourra perdurer, et Crichton ne le sait que trop bien.

Crichton fait bien entendu penser à Jeeves, le valet de chambre le plus célèbre d’Angleterre créé par PG Wodehouse vingt ans plus tard. Tous deux font preuve d’ingéniosité et sont bien plus intelligents que ceux qu’ils servent. Et loin de se rebeller, ils se font champions des conventions de l’ordre social.

Le film est adapté d’une pièce de JM Barrie, le créateur de Peter Pan, et qui a débuté sur les planches en 1902. Grand succès théâtral, la pièce avait déjà connu les faveurs du cinéma du temps du muet en Angleterre en 1918 par G. B. Samuelson et aux Etats-Unis l’année suivante par Cecil B. Demille (sous le titre de « Male and Female).

Si « The Admirable Crichton » se moque des artistocrates, il ne propose pas pour autant d’alternative. Le système de classes anglais est vu comme immuable, inébranlable. Il est soutenu aussi bien par les aristocrates que par leurs domestiques. La fin du film reprend celle de la pièce, et c’est dommage. Car on peut penser que cinquante ans plus tard, le film aurait pu choisir une fin plus radicale (ce qu’apparement JM Barrie avait lui-même envisagé avant de se rétracter devant le possible scandale). C’est dommage mais « The Admirable Crichton » reste un film très drôle et irrévérencieux (dans les limites donc du socialement acceptable du début du XXe).

Dans le rôle principal on retrouve Kenneth More, l’un des acteurs anglais les plus populaires des années 30 avec des comédies à succès comme « Genevieve » (1953) et « Doctor in the House » (1954) ou encore le film de guerre « Reach for the sky », déjà réalisé par Lewis Gilbert. A ses côtés, dans le rôle du lord, Cecil Parker, un habitué des rôles de personnages pompeux

Lewis Gilbert a débuté au cinéma en tant qu’acteur dans les années 30 avant de faire ses débuts à la réalisation en tant que documentariste pendant la guerre. Il est prolifique dans les années 50 enchainant juqu’à trois films par an dans des styles variés. Il avait signé ainsi quelques films de guerre remarqués « The Sea Shall Not Have Them » (1954) ou « Reach for the Sky » (1956). Par la suite, il triomphera à nouveau avec « Alfie » (1966) ou encore signera trois James Bond (1967, 1977 et 1979), sans oublier la comédie romantique « Educating Rita » (1983).

DVD zone 2 UK. Studio Sony Picture Home Entertainment – collection Classic British (2009). Version originale avec des sous-titres en anglais. Aucun bonus

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