« Providence » est un film étonnant signé Alain Resnais avec un casting en or, pas forcément facile d’accès, mais qui vaut le coup d’oeil (et d’oreille).

Providence 1977

Providence (1977)

Réalisé par Alain Resnais

Ecrit par David Mercer

Avec Dirk Bogarde, John Gielgud, David Warner, Ellen Burstyn, Elaine Stritch, Denis Lawson,…

Direction de la photographie : Ricardo Aronovich / Production design : Jacques Saulnier / Montage : Albert Jurgenson / Musique : Miklós Rózsa

Produit par Yves Gasser, Yves Peyrot et Klaus Hellwig

Comédie dramatique

110mn

France / Suisse / UK

Clive Langham (John Gielgud) est un écrivain célèbre qui vit seul et malade dans une grande maison à la campagne. Pour se divertir, un soir où il est particulièrement mal, il boit et il imagine un roman qui mèle son passé et ses proches, notamment son fils, Claude (Dirk Bogarde) et sa femme Sonia (Ellen Burstyn) ou encore son autre fils Kevin (David Warner)

« Provicence » est un film conceptuel sur la création littéraire, qui réfléchit sur notamment l’opposition entre la « réalité » telle qu’elle est imaginée par un écrivain et la réalité objective. Film complexe, déstabilisant, « Providence » ne se départit pas d’un sens de l’humour absurde constant et est transcendé par la précision des dialogues de Mercer réglés au cordeau.  La qualité de la distribution est évidemment la cerise sur le gateau : autour du mythique acteur shakespearien John Gileguld, on retrouve des comédiens britanniques de grande classse comme Dirk Bogarde et David Warner ainsi que l’actrice américaine Elle Burstyn (« The Exorcist », « Alice Doesn’t Live Here Anymore »,…).

Quand les producteurs ont proposé à Alain Resnais de travailler sur un film avec le dramaturge et scénariste anglais David Mercer, il s’agissait d’un sacré pari. Resnais ne parlait pas très bien Anglais et Mercer ne parlait pas Français. Mais Resnais aimait beaucoup Mercer et la première rencontre entre les deux hommes convainquit les deux parites qu’ils pouvaient travailler ensemble malgré les barrières du langage.

Une fois cette collaboration enterinnée, il ne fallait plus que trouver une idée de film et écrire un scénario ! Resnais exprima son souhait de ne pas faire du cinéma vérité, mais un documentaire sur l’imaginaire. Mercer développa alors ce pitch d’un vieil écrivain au seuil de la mort, qui mélangeait ses souvenirs et une version fantasmée de sa famille proche et de son passé.

Au début le film devait être tourné à Providence en Nouvelle Angleterre, un clin d’oeil à l’écrivain américain HP Lovecraft, »qui manipule l’imaginaire avec brio » d’après Resnais lui-même. Si le film garde le nom de la ville américaine, le tournage aura finalement lieu en… Belgique et à Limoges, après que Dirk Bogarde ait in extremis réussi à raisonner un Alain Resnais refusant toute concession et prêt à abandonner le projet !

De même, Dirk Bogarde s’est engagé auprès de Resnais à convaincre les autres acteurs de se contenter de conditions de tournage peu compatibles avec leur stature de stars internationales.

Le résultat est à la hauteur des espérances. « Providence » est un film étonnant, pas forcément facile d’accès, mais qui vaut le coup d’oeil (et d’oreille).

DVD FR. Studio Jupiter Films. Version originale sous-titrée en français, version française. Bonus : Entretien audio exclusif avec Alain Resnais (29′) / Entrevue avec Ricardo Aronovich (directeur de la photographie), Jacques Saulnier (chef Décorateur) et Pierre Arditi

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