Romance:
Michael Powell et Emeric Pressburger

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4
On 29 janvier 2013
Last modified:4 juillet 2024

Summary:

Une charmante comédie romantique dans une Ecosse battue par les vents. Une femme au tempérament fougueux doit affronter les éléments et l'amour ! Une séquence en mer mémorable !

Une comédie romantique en pleine tempête écossaise ! Du grand art signé Powell et Pressburger.
Je sais où Je vais - Michael Powell

I know where I’m going

(Je sais où je vais)

Ecrit, produit et réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger

Avec Wendy Hiller, Roger Livesey, Pamela Brown, Finlay Currie, John Laurie,…

Directeur de la photographie : Erwin Hillier / Production design : Alfred Junge / Montage : John Seabourne Sr. / Musique : Allan Gray

Produit par Powell et Pressburger pour The Arches

Comédie romantique

91 mn

UK

Joan Webster (Wendy Willer) est une jeune femme bien décidée à épouser un homme très riche. Pour le mariage, elle doit se rendre dans une propriété située sur une ile isolée qui croit-elle appartient à son riche prétendant. Mais les éléments s’affolent, et une tempête la bloque sur l’ile voisine. Elle y fait la rencontre de Torquil MacNeil (Roger Livesey), le propriétaire du chateau que loue son époux. Furieuse de voir ses projets mis en danger par la tempête, elle est bien décidée à rejoindre son futur époux coûte que coûte.

On le sait depuis « The Edge of the World » (A l’angle du monde, 1937), oeuvre fondatrice pour le réalisateur, Michael Powell a une fascination pour les îles, et sait défier les tempêtes. Ca tombe bien car la plus grande partie de l’action de « Je sais où je vais » se déroule près des iles des  Hébrides dans une tempête telle qu’on peut en voir seulement dans quelques régions du monde. Les décors de cette Ecosse sauvage sont superbement mis en valeur, et la séance où Joan tente, accompagnée par un Torquil récalcitrant, de se rendre en barque sur l’île alors que les éléments se déchainent, et qu’ils sont sur le point de se faire avaler par un tourbillon, est une scène d’anthologie. Rarement un film n’a autant senti les embruns.

Un drôle de cadre pour une comédie romantique me direz vous ? Et c’est vrai. Mais l’histoire est tout simplement celle d’une jeune fille qui toute sa vie a été convaincue par le fait qu’elle sait où elle va. Sauf que l’amour et la nature vont se mettre en travers son chemin et la feront plier. Une idée toute simple imaginée par Emeric Pressburger qui va donner un film charmant.

Powell a un peu délayé la couleur locale du film pour accentuer l’universalité de son propos. Mais celle-ci reste quand même très prononcée avec notamment une jolie scène de bal rural rythmé à la cornemuse.

Wendy Hiller (qui avait été le premier choix de Powell pour le triple rôle dans Colonel Blimp finalement interprété par Deborah Kerr) joue ici une jolie tête de mule, arriviste et tête à claque. Roger Livesey (le Colonel Blimp himself) a perdu du poids pour jouer le rôle d’un jeune lord (initialement Powell le trouvait trop vieux et voulait James Mason à la place). Détail amusant, Livesay était en contrat avec un théâtre à l’époque,  et n’a pas pu se libérer pour la période du tournage. Il ne s’est donc pas approché des côtes écossaises à moins de plusieurs centaines de kilomètres. On imagine alors l’ingéniosité dont a dû faire preuve Powell pour les nombreuses scènes en extérieur !

Le film est très différent des autres oeuvres signées par le tandem Powell-Pressburger en temps de guerre. Ici cette dernière est juste mentionnée au détour d’un dialogue par le biais du personnage de Torquil (alors en permission). Powell en avait très conscience du décalage et justifiait la présence de cette comédie romantique parmi ses autres films de l’époque en expliquant qu’après une si longue période de guerre, on avait besoin d’un retour aux vraies valeurs. La morale du film est de fait tout à fait limpide : l’argent ne fait pas le bonheur, l’amour oui.

Si Pressburger aura toujours tendance à penser que « le colonel Blimp » était le plus beau film qu’il ait fait avec Powell, plusieurs années plus tard le chef du département des scénarios de la Paramount lui avouera qu’il gardait toujours prêt de lui une copie du scénario de « I know where I’m going » comme exemple d’un scénario parfaitement construit. C’était également l’un des films favoris de Raymond Chandler.

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