Review of: Holiday Camp
Comédie dramatique:
Ken Annakin

Reviewed by:
Rating:
4
On 20 août 2020
Last modified:2 septembre 2020

Summary:

Une comédie dramatique, avec une touche de danger, dans un camp de vacances pour les masses populaires de l'après-guerre. Sociologiquement passionnant !

Une comédie dramatique, avec une touche de danger, dans un camp de vacances pour les masses populaires de l’après-guerre. Sociologiquement passionnant !

Holiday Camp (1947)

Réalisé par Ken Annakin

Ecrit par Muriel Box, Sidney Box et Peter Rogers d’après une histoire de Godfrey Winn

Avec Jack Warner, Hazel Court, Kathleen Harrison, Flora Robson, Dennis Price, Peter Hammond,…

Direction de la photographie : Jack E. Cox / Direction artistique : Richard Yarrow / Montage : Alfred Roome / Musique : Bob Busby

Produit par Sydney Box pour Gainsborough Pictures

Comédie dramatique

UK

Eté 1947. Après avoir pris le train,  la famille Huggett débarque par bus comme des milliers d’autres britanniques dans un camp de vacances. Le petit voyage en bus nous permet de faire connaissance avec les différents personnages de l’histoire avant de se plonger dans la foule étourdissante à l’entrée du camp. Les vacanciers s’agglutinent devant le guichets d’accueil et à la réception pour prendre leur thé tandis qu’une voix tonitruante leur souhaite la bienvenue par les hauts parleurs. Bienvenue dans les vacances organisées de l’ère de la consommation de masse !

Sociologiquement parlant, “Holiday Camp” est fascinant. La Seconde Guerre mondiale à peine finie, les Britanniques se précipitent dans ces camps de vacances, créés au début du XXe siècle, mais qui connaissent leur heure de gloire pendant l’après-guerre. Des bungallows à l’infini, des activités surpeuplées (danse, gymnastique, défilé de beauté,…) avec une voix qui s’adresse sans s’arrêter aux vacanciers pour leur rappeler les heures de repas, les activités,…

Et dans ce brouhaha incessant, des histoires très personnelles se déroulent malgré tout. Le fils Huggett se fait plumer par des tricheurs professionnels; la fille Joan (Hazel Court), veuve de guerre, avec un bébé dans les bras, a une aventure avec un matelot Jimmy (Jimmy Hanley) lâché par sa petite copine; une vielle fille Esther (Flora Robson) décide de porter secours à un jeune couple désespéré; et un officier militaire (Dennis Price), beau et bien habillé, courtise les jeunes femmes avec une insistance qui tourne parfois à la violence.

Sous son allure de comédie familiale, “Holiday Camp” tourne assez souvent vers le dramatique comme peuvent vous le laisser deviner les histoires des personnages que je vous ai présenté. Il semblerait que la version originale du scénario de Godfrey Winn tenait davantage de la comédie classique. Ce sont les époux Sidney et Muriel Box, alors à la tête de Gainsborough Pictures, aidés par Peter Rogers, qui ont décidé d’inclure des éléments dramatiques, et notamment le personnage inquiétant joué par Dennis Price.

Cette petite touche de danger qui plane, change drastiquement le ton de “Holiday Camp”. Ajoutez à ça l’ambiance “vacances industrielles”, assez sinistre pour le spectateur d’aujourd’hui et on se retrouve avec un drôle de film qui fait souvent rire jaune.

Le réalisateur Ken Annakin, formé au documentaire, réalise ici son premier long de fiction. Et il faut reconnaître que l’ambiance du camp est parfaitement retranscrite à l’écran. On s’y croirait et ça fait froid dans le dos.

Le casting est costaud avec Flora Robson (qui tourne la même année dans “Frieda” et “Black Narcisssus”), Dennis Price (qui allait tourné deux ans plus tard son plus célèbre rôle dans le culte “Kind Hearts and Coronets“), Jack Warner (qui deviendra par la suite George Dixon, l’agent de police le plus connu d’Angleterre dans “The Blue Lamp” et les séries télés qui suivront). Sans oublier la belle Hazel Court qu’on reverra par la suite dans des classiques de l’horreur chez la Hammer (en Grande-Bretagne) ou Roger Corman (aux USA).

“Holiday Camp” a été un gros succès de l’année 1947 en Grande-Bretagne. Ce qui a amené Gainsborough à produire en des temps records trois suites autour de la famille Huggett : Here Come the Huggetts (1948), Vote for Huggett (1949) et The Huggetts Abroad (1949). A ce rythme, la lassitude finit par s’installer, et un cinquième film (“Christmas with the Huggetts”) ne verra jamais le jour. Ce qui n’empêchera pas la famille de faire son grand retour, cette fois-ci à la radio, entre 1953 et 62.

DVD zone 2 UK. Inclus dans le coffret “The Huggets Collection”. Studio ITV DVD. Version originale avec sous-titres en anglais optionnels. Aucun bonus

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