Un film d’exploitation sur le milieu des photos de charme dans le Londres des années 60. Des faiblesses mais une réalisation déjà assurée de Norman J. Warren

Her Private Hell (1968)

Her Private Hell (1968)

Réalisé par Norman J. Warren

Ecrit par Glynn Christian

Avec Lucia Modugno, Terence Skelton, Daniel Ollier, Pearl Catlin, Robert Crewdson,…

Direction de la photographie : Peter Jessop / Montage : Norman J. Warren / Musique : John Scott

Produit par Bachoo Sen pour Piccadilly Pictures

Drame

UK

Marisa (Lucia Modugno) débarque à Londres pour faire des photographies de charme. Elle sympathise avec le photographe Bernie ( Terence Skelton) chez qui elle emménage. Mais elle se rend compte rapidement qu’elle n’est guère libre et que toute tentative de parler d’argent se solde par un échec. Margaret (Pearl Catlin) “l’éditrice de mode” lui met la pression et le grand patron Neville (Robert Crewdson) l’ignore. Seul l’assistant de Bernie, Matt (Daniel Ollier) semble se soucier d’elle. Mais que veut-il vraiment ?

“Her Private Hell” est basé sur un scénario d’un jeune néo-zélandais, venu de la publicité, Glynn Christian. Il raconte bien l’ambiance du milieu du charme  dans le Londres des années 60 où des jeunes femmes deviennent de la marchandise pour des vendeurs sans scrupules qui vendent leurs charmes dans des magazines du monde entier, sans que d’ailleurs les modèles elles-mêmes voient la couleur de l’argent et où les photographes, interchangeables, ne sont eux-même que des instruments.

Bien entendu il y a de nombreuses maladresses dans le film.”Her Private Hell” a été tourné en deux semaines pour un budget à l’époque déjà insignifiant de 18.000 livres. Le scénario est basique, les dialogues forcés, le casting moyen, mais la réalisation du débutant Norman J. Warrent est assurée.

Norman J. Warren était alors un débutant qui n’avait à son actif qu’un court métrage “Fragment” sans dialogue sorti en 1966, qui raconte l’histoire d’une jeune femme solitaire qui rencontre en se promenant sous la neige près de la Tamise un homme avec qui elle passe un merveilleux après midi… Mais elle est bientôt de retour à la case départ.

Le producteur d’origine indienne Bachoo Sen gérait alors une salle de cinéma à Londres et cherchait à produire des films d’exploitation à petit budget. C’est en voyant “Fragment” diffusé dans sa salle qu’il pense confier à Warren deux petits films d’exploitation : “Her Private Hell” et “Loving Feeling”.

Gros succès de l’époque, le sujet titillant les interdits, montre juste ce qui est permis en termes de nudité (des corps nus immobiles, des courbes, un peu de seins,..). Gros succès qui ne rapporte pas grand chose à Warren qui avait signé un contrat à son désavantage. Mais il reconnaîtra que le fait d’avoir son nom mis en valeur dans les crédits (ce qui était apparemment assez rare) lui a permis d’avoir une visibilité.

Il faudra néanmoins attendre le milieu des années 70 pour que Warren revienne à la réalisation avec “Satan’s Slave” (1976),  son premier film d’horreur, un genre dans lequel il était destiné à laisser son emprunte.

Le BFI a sorti “Her Private Hell” dans sa fameuse collection “BFI Flipside”. Comme a son habitude le BFI a mis les bouchées doubles et le combo blu-ray/DVD contient en plus du film correctement restauré (si ce n’est des micro-coupures), plusieurs courts dont celui de Warren “Fragment” (dont j’ai parlé plus haut) et l’inédit “Incident” (commencé par Warren 1959 et terminé en 2007) ou encore le documentaire mythique “The Anatomy of a Pin-Up” (1971, 29mn) qui était montré dans les salles en première partie de “Frenzy” (1972) d’Alfred Hitchcock.

Il est amusant de voir comment, trois ans après “Her Private Hell”, “The Anatomy…” sous le couvert de documentaire (fort réussit par ailleurs) montre bien plus de nudité que le film de Warren (et même des poils pubiens) !

Combo DVD/Blu-ray UK. Studio BFI Flipside (2011). Version originale sous-titrée ena anglais. Bonus : livret, interviews, courts dont “Fragment” (1966)

%d blogueurs aiment cette page :