
Bryan Forbes fait partie des réalisateurs britanniques méconnus que j’affectionne particulièrement (et je ne suis pas le seul – dans son « dictionnaire du cinéma britannique » (co-signé avec N.T. Binh), Jean-François Baillon note que c’est « l’un des réalisateurs les plus intéressants de sa génération ». Je vous ai parlé de lui ici et j’ai écrit sur nombre de ses films. Quand je dis réalisateur c’est très restrictif pour un homme qui a été acteur, scénariste, producteur et directeur de studio ainsi qu’écrivain. Il a touché quasi à tous les genres et a signé de très grands films : le thriller « Seance on a Wet Afternoon« , le drame »The Whisperers« , la comédie « The Wrong Box« , le film social « The L-Shaped Room« , le film de SF avec lz filmaméricain « The stepford Wives », pas le plus réussi mais le seul connu en France !
C’est donc avec un immense plaisir que j’ai appris que le BFI Southbank, vaisseau amiral du BFI situé à Londres sur les bords de la Tamise, lui rendra hommage en septembre à l’occasion de son centenaire (1926-2013).
« Voici une occasion rare de découvrir des longs métrages redécouverts issus des archives nationales du BFI (BFI National Archive) : ce mois-ci, notre cycle Projecting the Archive rend hommage à BRYAN FORBES pour son centenaire. Acteur, scénariste, réalisateur, producteur… peu de figures du cinéma britannique ont déployé tant de talent dans autant de domaines que Bryan Forbes. Frustré par la rareté des bons rôles au cinéma, il a commencé à écrire les siens avant de se tourner vers la production et la réalisation. Plus tard, en tant que directeur d’EMI, il a enrichi le canon du cinéma britannique avec Le Messager (THE GO-BETWEEN) et THE RAILWAY CHILDREN, avant de devenir un romancier à succès.
Issu d’un milieu populaire, Forbes s’est montré particulièrement doué pour dépeindre avec empathie les groupes marginalisés, et tout particulièrement les femmes. Des personnages trop souvent caricaturés ou démonisés à l’écran ont été humanisés grâce à son sens aigu de l’observation et à ses dialogues percutants. Son refus d’effectuer le moindre compromis — que ce soit sur sa vision créative ou sur son message — nous laisse en héritage une filmographie constituée d’œuvres puissantes et émouvantes.
CÉLÉBRATION D’ANNEÉ CENTENAIRE
Pour célébrer le centenaire de sa naissance, ce cycle élargi de Projecting the Archive présente six de ses films à l’écran, chacun accompagné d’une introduction. La pièce maîtresse de cet hommage est la première projection, le 4 septembre, d’une toute nouvelle copie 35 mm du premier film de Forbes en tant que réalisateur, Sifflez deux fois chez les miracles(WHISTLE DOWN THE WIND, 1961), suivie d’une séance de questions-réponses avec les acteurs Hayley Mills, Diane Poole et Alan Barnes. Cette nouvelle copie 35 mm a été réalisée en 2026 par le BFI National Archive chez Haghefilm, aux Pays-Bas. La bande sonore a été numérisée par le BFI National Archive et restaurée par Molinare à Londres, avec le soutien de Simon et Harley Hessel.
Les autres films projetés sont :
- THE LEAGUE OF GENTLEMEN, Basil Dearden, 1960) : l’adaptation spirituelle par Forbes du roman de John Boland, présentée par Mark Gatiss le 6 septembre.
- THE L-SHAPED ROOM,1962 : l’adaptation délicate par Forbes du roman de Lynne Reid Banks, présentée par l’autrice Cathi Unsworth le 15 septembre.
- SEANCE ON A WET AFTERNOON, 1964) : avec Richard Attenborough (qui a remporté un BAFTA pour son interprétation du mari dangereusement dévoué d’une médium dans ce puissant thriller psychologique), présenté par l’écrivain et producteur David McGillivray le 8 septembre.
- KING RAT, 1965 : l’adaptation par Forbes du roman de James Clavell qui se déroule dans la tristement célèbre prison de Changi, présentée par la fille de Forbes, Sarah Standing, le 29 septembre.
Nanette Newman, qui est apparue dans neuf films réalisés par son mari, dont Un cadavre en pleine forme (THE WRONG BOX, 1966), présentera la comédie surréaliste de Forbes le 22 septembre, dans laquelle elle jouait aux côtés de Ralph Richardson, John Mills et Michael Caine.
De plus, un colloque d’une journée, FORBES AT 100, examinera le 4 septembre la contribution remarquable de Forbes à l’histoire du cinéma, avec des interventions d’universitaires, d’écrivains et de cinéastes sur la carrière de l’une des figures les plus polyvalentes du cinéma britannique d’après-guerre. »

