Un bon mélodrame sur fond de Londres dévasté par le blitz et signé Sidney Gilliat avec des “jeunots” déjà célèbres John Mills et Stewart Granger

Waterloo Road (1945)

(Un soir de rixe)

Réalisé par Sidney Gilliat

Ecrit par Sidney Gilliat d’après une histoire de Val Valentine

Avec John Mills, Stewart Granger, Alastair Sim, Joy Shelton, Alison Leggatt,…

Direction de la photographie : Arthur Crabtree / Direction artistique : Alex Vetchinsky / Montage : Alfred Roome

Produit par Edward Black pour Gainsborough Pictures

Romance / Drame / Guerre

76mn

UK

Le Dr Montgomery (Alastair Sim) quitte son office en se demandant ce qu’il a bien pu oublier. Il y a bien un noeud dans son mouchoir. En voyant une mère qui secoue un peu trop fort son bébé pour le calmer, le Dr Montgomery se souvient. Aujourd’hui, c’est le premier anniversaire du petit Jimmy. C’est important, car comme il le dit lui même en arpentant les rues agitées mais abimées par le blitz, il n’est pas pour rien dans la naissance du petit Jimmy.

Quelques années plus tôt en plein blitz, Tilly (Joy Shelton) est une jeune femme mariée qui habite chez sa belle famille tandis que son mari Jim (John Mills) a été réquisitionné par l’armée. Tilly déprime, d’autant que la dernière fois qu’elle a vu Jim, ils se sont disputés car pour lui il n’est pas question d’avoir d’enfant vues les conditions actuelles. Aussi quand Ted Purvis (Stewart Granger), un beau garçon ancien boxeur et coureur de jupon, fait la cour à Tilly, elle se dit qu’elle a bien le droit de se changer les idées quoi que dise sa belle-soeur. Mais cette dernière envoie une lettre à Jimmy qui décide de revenir en urgence à Londres, même sans permission !

Tourné juste après la guerre, “Waterloo Road” examine les dégâts de la guerre sur les jeunes mariés. Eux qui rêvaient de s’installer dans une petite maison et de fonder une famille, doivent faire face à la réalité de la guerre. Si Jimmy est fataliste, Tilly elle ne veut renoncer à son statut de femme et se retrouve infantilisé dans sa belle famille avec une belle soeur qui la culpabilise. Une aubaine pour les jeunes hommes qui, comme Ted Purvis, n’ont pas été appelés (soit disant pour raison de santé) et qui peuvent profiter de la disponibilité de la gente féminine !

Evidemment la morale de “Waterloo Road” a pris un sacré coup de vieux. La guerre est finie, mais nous sommes encore dans un cinéma de propagande. Car maintenant il faut reconstruire le pays et pour cela, la Grande-Bretagne aura besoin d’enfants !

“Waterloo Road” n’en reste pas moins un drame romantique très agréable, situé dans un Londres détruit mais qui survit. Le scénario est signé par un maitre qui plus est prolifique, Sidney Gilliat qui avait travaillé, avec son compère Frank Launder, pour Hitchcock (The Lady Vanishes) et Carol Reed (Night Train to Munich). Gilliat est passé à la réalisation avec Launder sur “Millions Like Us” (1943) mais ici il est seul aux commandes. Il dessine une belle brochette de personnages tout en épousant la culture “Gainsborough Pictures”, studio qui connaissait alors son heure de gloire avec ses mélodrames.

On retrouve sans surprise Stewart Granger, un habitué du studio, dans le rôle du méchant de service Ted Pruvis. Dans la peau du mari prêt à tout pour retrouver sa femme, John Mills est plus inattendu, car ce n’est pas un habitué de “Gainsborough Pictures”, par contre il joue ici son rôle habituel (à l’époque) d’Anglais comme les autres, qui ne fait pas dans la dentelle mais qui est un bon gars. Joy Shelton faisait partie du casting de “Millions like Us”, mais ici elle décroche un rôle de premier plan. Elle ne deviendra pas une star de l’écurie “Gainsborough Pictures” mais jouera régulièrement au cinéma et à la télévision jusqu’à la fin des années 60 avant de se faire plus rare. Enfin notons la présence du comique Alastair Sim qui ici joue assez sérieusement le bon docteur, un peu moralisateur, qui nous raconte cette jolie histoire.

Le film sortira en France en 1947 sous le titre de “Un soir de rixe”. Evidemment il n’est jamais sorti en France sur support physique, mais votre meilleure option (hors diffusion sur une chaine cinéma) est d’acquérir le coffret ITV “The Stewart Granger” Collection” qui vous permettra, en dehors d’une image juste correcte, de bénéficier de sous-titres en anglais.

DVD zone 2. Inclus dans le coffret “The Stewart Granger”. Studio ITV. Version originale avec des sous-titres en anglais optionnels

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