Review of: Waterfront
Drame:
Michael Anderson

Reviewed by:
Rating:
3
On 1 septembre 2018
Last modified:1 septembre 2018

Summary:

Un exemple précoce de kitchen sink drama qui vaut surtout par son cadre (les docks de Liverpool) et par la prestation de ses acteurs dont un tout jeune Richard Burton

Un exemple précoce de kitchen sink drama qui vaut surtout par son cadre (les docks de Liverpool) et par la prestation de ses acteurs dont un tout jeune Richard Burton

Waterfront (1950)

Réalisé par Michael Anderson

Ecrit par John Brophy et Paul Soskin d’après le roman de John Brophy

Avec Robert Newton, Kathleen Harrison, Avis Scott, Susan Shaw, Richard Burton, Kenneth Griffith,…

Directeur de la photographie : Harry Waxman / Production design : Alex Vetchinsky / Montage : Michael C. Chorlton

Produit par Paul Soskin

Drame

UK

Après 14 ans d’absence, Peter McCabe (Robert Newton), marin de son état, décide de passer dire bonjour à sa femme et ses deux filles restés à Liverpool. Il doit faire face au rejet de sa fille ainée Nora (Avis Scott) bien décidé d’éradiquer l’existence de ce père phantomatique.

Le film s’ouvre sur une vue de Liverpool et de ses docks. On entend la voix de Nora (Avis Scott) : « Ils ont fait partie de ma vie, la rivière et les marées. D’aussi longtemps que je puisse m’en souvenir. Je suppose que c’est inévitable car je suis né et j’ai grandi dans ce quartier de Liverpool. Pile sur le front de mer, presque sur les docks. Certains diraient que ce sont les quartiers pauvres, mais je ne le voyais pas ainsi quand j’étais une petite fille en 1919… »

Le film poursuit avec la naissance en cours du frère de Nora. Celle-ci est inquiète pour sa mère et jette un regard dédaigneux sur une photo du père posée sur la cheminée : « C’est contre-nature de détester son propre père, mais je ne pouvais m’en empêcher. » On assiste alors à la scène de départ du père, un personnage haut en couleur et à l’esprit de famille peu développé.

Quatorze ans plus tard, alors que la petite famille fête l’entrée au collège du petit dernier (une première chez les McCabe) Nora rencontre un jeune homme Ben (Richard Burton), ingénieur sur un bateau marchand. Evidemment au vu de sa propre expérience, Nora est d’abord réticente face aux avances de Ben. Mais celui-ci persévère et bientôt les fiançailles sont annoncées.

« Il ne savait pas. Aucun d’entre nous ne s’en doutait à l’époque, que la crise s’installait. Et à présent les docks étaient immobilisés, les navires à quai. Des milliers étaient sans emploi, mon Ben parmi eux. Ca dure ainsi depuis deux ans »

Par chance les deux soeurs McCabe travaillent dans un magasin, permettant à la petite famille de subvenir à leurs besoins les plus élémenaires. Connie (Susan Shaw), à présent en âge de se marier, trouve un beau parti, ne rêve plus qu’à être une femme entretenue, et regarde à présent sa soeur, et son fiancé chômeur, de haut.

Pour Nora, l’insoutenable est cependant atteint quand le père fantôme revient. Ce retour prend une tournure dramatique quand lors d’une bagarre dans un bar, Peter tue son ancien supérieur.

Waterfront (1950) est un exemple précoce de film socialement réaliste (kitchen sink drama), alors pas vraiment à la mode dans le cinéma britannique. Il montre des femmes courageuses prêtes à se sacrifier pour les autres (la mère et la soeur aînée), une jeune femme arriviste (Connie), un enfant qui montre le potentiel d’entrer dans les classes moyennes et donc de dépasser socialement ses parents (le jeune George Alexander). Côté adulte masculin, Ben est un jeune homme courageux en contraste avec son beau père, l’irresponsable Peter, et le prétendant de Connie, un certain Maurice, qui travaille dans l’assurance et a de l’argent. Mais il ne veut qu’une chose de Connie : la mettre dans son lit.

Les portraits sont un peu caricaturaux et manquent de subtilité. Quant à l’aspect politique de la crise sur les docks, elle n’est pas du tout abordée. Mais Nora fournit un joli portrait de femme. Et Liverpool fournit un cadre parfait pour cette histoire qui a le mérite de ne pas sombrer dans le mélodrame, même si elle reste très morale. La gentille Nora sera récompensée et la méchante Connie punie. Non mais !

« Waterfront » est la deuxième réalisation de Michael Anderson après une période de formation en tant qu’assistant réalisateur durant les années 40. On se souvient surtout de lui aujourd’hui pour le film de guerre « The Dam Busters » (1955), la méga production « Around the World in 80 Days » (1956) ou encore le film de SF « Logan’s Run » (L’âge de Cristal, 1976).

En tête d’affiche, l’actrice anglaise Avis Scott trouvait ici l’un de ses rares rôles importants. c’est dommage car elle est ici très convaincante. A ses côtés on retrouve un jeune talent prometteur, Richard Burton. Pour son troisième film, le futur bad boy joue les garçons biens sous tous rapports. Dans le rôle du père indigne, Robert Newton livre une belle prestation. Mort à seulement 50 ans, il marquera les esprits des deux côtés de l’Atlantique avec ses interprétations de pirate, que ce soient Long John Silver ou Barbe Noire.

Blu-ray UK. Studio Network (2015). Version originale avec des sous-titres anglais. 

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