Review of: Walkabout
Drame:
Nicolas Roeg

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Rating:
4
On 11 juillet 2018
Last modified:11 juillet 2018

Summary:

Un film aussi beau que violent sur la perte de l'innocence. Réalisé avec maestria par Nicolas Roeg et interprété par de jeunes acteurs époustouflants.

Un film aussi beau que violent sur la perte de l’innocence. Réalisé avec maestria par Nicolas Roeg et interprété par de jeunes acteurs époustouflants.

Walkabout 1971

Walkabout (1971)

(La randonnée)

Réalisé par Nicolas Roeg

Ecrit par Edward Bond d’après le roman de James Vance Marshall

Avec Jenny Agutter, David Gulpilil, Luc Roeg, John Meillon,…

Directeur de la photographie : Nicolas Roeg / Direction artistique : Terry Gough / Montage : Antony Gibbs et Alan Pattillo / Musique : John Barry

Produit par Si Litvinoff

Drame / aventures

UK / Australie

En plein désert australien, Deux enfants, une adolescente (Jenny Agutter) et un petit garçon (Luc Roeg), se retrouvent laissé à eux même après le suicide de leur père. Ils tentent de survivre. En chemin, ils vont rencontrer un jeune aborigène (David Gulpilil).

Un homme de la quarantaine (John Meillon) habite dans un appartement propret d’une ville australienne avec sa femme et ses deux enfants.

Un jour, il part dans le désert avec sa fille une adolescente (Jenny Agutter)  et son jeune fils (Luc Roeg). Il arrête la voiture en bord de route en plein milieu du désert. Alors que sa fille prépare le pique-nique et que son fils joue, l’homme sort son pistolet et tire sur ses enfants.  Puis, il retourne son pistolet vers lui et se donne la mort.

Les deux enfants vont alors commencer un périple à travers le désert. Réfugiés au milieu de nulle part près d’une petite oasis, ils rencontrent un jeune aborigène (David Gulpilil). Bien que ne parlant pas la même langue, les enfants décident de poursuivre leur marche ensemble.

Comme expliqué au début du film, le « walkabout » est un rite de passage à l’âge adulte chez les aborigènes d’Australie où un jeune homme doit parcourir seul le bush et l’outback pendant plusieurs mois.

« Walkabout » est une tragédie sur la perte de l’innocence – que ce soit par le passage à l’âge adulte (et la découverte du sexe et de la mort) ou la rencontre avec d’autres mondes. Perte d’innocence qui n’est pas forcément négative, mais qui est irrémédiable. Filmé avec un flair visuel incroyable par Nicolas Roeg (il assure lui même la direction de la photographie), ce dernier nous livre une oeuvre très personnelle (avec des choix forts au niveau de la mise en scène) sur un sujet universel. On peut trouver le symbolisme parfois un peu lourd, mais c’est bien le seul reproche qu’on pourrait faire au film.

Directeur photo de grand talent, Nicolas Roeg s’essaie tardivement à la réalisation à l’âge de 42 ans en co-signant le mythique « Performance » (1970) avec Donald Cammell. Il enchaine sur immédiatement sur « Walkabout », un projet qu’il portait depuis plusieurs années.

« Walkabout » est tiré d’un roman de 1959 de l’écrivain anglais Donald Gordon Payne écrit sous le pseudo de James Vance Marshall et adapté pour l’écran par le dramaturge Edward Bond.

Le casting est formidable. Jenny Agutter était déjà à 17 ans une actrice expérimentée et elle est parfaite dans le rôle de cette adolescente qui protège son petit frère et s’éveille à la sexualité. Dans le rôle du petit garçon qui doit faire face à des réalités qui ne sont pas de son âge, Nicolas Roeg a choisi son fils Luc qui fait ici sa première et unique apparition devant l’écran sous le nom de Lucien John. Luc Roeg est aujourd’hui producteur (Mr Nice, We Need to Talk About Kevin,…).

Enfin la véritable découverte du film est bien entendu le jeune aborigène David Gulpilil. Le jeune homme a été choisi par Roeg pour ses talents de danseur. A l’époque Gulpilil n’avait jamais tourné devant une caméra et ne parlait pas anglais. Sa performance est assez incroyable et d’une intensité rare ! Il est aujourd’hui l’acteur aborigène le plus connu en Australie et dans le monde. Il a tourné dans une trentaine de films dont « Crocodile Dundee » (1983), « Rabbit-Proof Fence » (2002), ‘The Tracker » (2002) ou encore « The Proposition » (2005).

Le film est sorti à une époque où les aborigènes portaient d’importantes revendications (pour des droits égaux à la population blanche et la restitution de leurs terres). C’est la première fois qu’un acteur aborigène a un rôle aussi important dans un film et c’est également la première fois qu’on montre un aborigène sexué qui attise le désir d’une blanche ! Le succès du film à l’étranger a permis de donne une visibilité inespérée aux aborigènes d’Australie.

« Walkabout » a été édité sur support DVD chez Potemkine/Agnès B en 2008. La qualité d’image est très acceptable mais on rêverait d’une version restaurée sur blu-ray pour un tel film (il existe un blu-ray UK mais je ne l’ai pas). Les suppléments sont très intéressants, notamment le documentaire « One Red Blood » sur David Gulpilil.  A noter que le DVD est aujourd’hui difficile à trouver…

DVD zone 2 FR. Studio Potemkine / Agnès B (2008). Version originale sous-titrée en français. Bonus : entretien avec Jenny Agutter (20′), documentaire  « One Red Blood » sur l’acteur aborigène David Gulpilil (56′), discussion avec Jessica de Largy Healy, ethnologue et Bernard Bories spécialiste du cinéma australien (22′)…

 

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