Drame social:
Basil Dearden

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4
On 25 août 2012
Last modified:28 octobre 2017

Summary:

Pauvreté et délinquance juvénile dans le Liverpool de la fin des années 50. Un bon mélodrame social avec des acteurs formidables.

Pauvreté et délinquance juvénile dans le Liverpool de la fin des années 50. Un bon mélodrame social avec des acteurs formidables.

violent playground (1958)

Violent playground (1958)

Réalisé par Basil Dearden

Ecrit par James Kennaway

Avec Stanley Baker, David McCallum, Peter Cushing,…

Directeurs de la photographie : Reginald H. Wyer et Reg Johnson

Produit par Michael Relph pour Rank Organisation

Filmé aux studios Pinewood

Drame / Crime

108 mn

UK

 

Détective ambitieux de Liverpool, le sergent Truman (Stanley Baker) est nommé contre sa volonté Officier en charge des affaires juvéniles. Il se retrouve ainsi à s’occuper de deux jumeaux de sept ans qui volent régulièrement dans les boutiques. Truman rencontre leur grande soeur Cathie (Anne Heywood), mère de substitution, dont il tombe amoureux, et leur frère Johnny (David McCallum). Ce dernier joue les caïds auprès des autres jeunes, et pourrait bien être mêlé à une série d’incendies.

« Violent playground » pourrait être vu de prime abord comme un film social qui traite de la pauvreté dans les cités et de la délinquance juvénile qui en résulte.

Une bonne partie de l’action du film est située  aux Gerard Gardens à Liverpool, cité utopique construite dans les années 30, aux prestations alors luxueuses, pouvant accueillir plus de 400 familles (qui sera rasée en 1987). A la fin des années 50, la cité est décrite dans le film comme un lieu où sont concentrées des familles pauvres et où les jeunes zonent toute la journée, livrés à eux-même.

Johnny (interprété avec talent par le jeune David McCallum) est le pur produit de cette société qui isole ses couches les plus pauvres. Des parents absents, déscolarisé, il exprime sa hargne en rejetant le monde qu’on lui présente, et en prenant la tête d’un gang de jeunes. Mais au-delà de sa dureté de façade, on entre-aperçoit rapidement les failles. Johnny est à la fois respecté, craint et moqué par ses camarades.

Malgré les efforts de Truman, pas toujours très subtils, pour se rapprocher de Johnny, les tentatives du prêtre (Peter Cushing) et du vieux directeur d’école, Johnny s’enfonce dans une spirale de violence qui le mènera au meurtre et à prendre en otage une classe de jeunes enfants, fusil au poing. Cette scène difficile fait que le film a quasiment disparu des écrans britanniques depuis le massacre de Dunblane en 1996 (un homme s’est à l’époque introduit dans une école primaire écossaise et a tué 16 enfants et un adulte avant de se donner la mort).

« Violent Playground » est parfois critiqué pour sa vision simpliste selon laquelle la pauvreté est la cause de la délinquance. Une scène marquante voit également les jeunes défier l’autorité (représentée par Truman) en dansant sur du rock. La violence symbolique de la scène (voir vidéo plus haut) a poussé certains critiques à reprocher au film de diaboliser le rock (voir article plus bas).

En tout cas si « Violent playground » manque de finesse dans son aspect documentaire social,  il n’en reste pas moins un mélodrame poignant et efficace.

Le film bénéficie aussi de la réalisation du souvent excellent Basil Dearden (habitué aux films de genre engagés de « Sapphire » à « Victim ») et de l’interprétation d’une belle brochette d’acteurs : Stanley Baker, David McCallum et Peter Cushing en tête.

DVD Spirit (2012). Edition UK. Présence de sous titres inconnue.


Liens (en anglais)

http://sweetwordsofpismotality.blogspot.fr/2011/12/violent-playground-to-be-released-on.html

http://www.screenonline.org.uk/film/id/1006997/index.html

 

 

 

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