Review of: Tyrannosaur
Drame:
Paddy Considine

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Rating:
4
On 15 juin 2020
Last modified:16 juin 2020

Summary:

Le premier film de Paddy Considine aborde la violence quotidienne, qu'elle soit dirigée contre soi-même ou les autres. Un sujet sensible traité avec retenue et justesse, avec deux grands acteurs

Le premier film de Paddy Considine aborde la violence quotidienne, qu’elle soit dirigée contre soi-même ou les autres. Un sujet sensible traité avec retenue et justesse, avec deux grands acteurs

Tyrannosaur (2011)

Ecrit et réalisé par Paddy Considine

Avec Peter Mullan, Olivia Colman, Eddie Marsan,…

Directeur de la photographie : Erik Wilson / Production design : Simon Rogers / Montage : Pia Di Ciaula / Musique : Dan Baker et Chris Baldwin

Produit par Diarmid Scrimshaw

Drame

UK

Joseph (Peter Mullan) est un homme en colère. Quand en sortant d’un magasin de pari, furieux, il frappe son chien à mort. Et le lendemain, dans le pub, il s’en prend à des jeunes un peu trop bruyants à son goût. Il sent qu’il perd pied et se réfugie en pleurs dans un magasin de charité tenu par Hannah (Olivia Colman). Cette dernière l’accueille avec ouverture d’esprit et prie pour lui. Mais le lendemain, Joseph ne peut s’empêcher d’agresser verbalement Hannah, assumant que c’est une petite bourgeoise qui ne comprend rien à sa vie. Mais Hannah a ses propres soucis, incapable d’avoir un enfant et battue par son mari James (Eddie Marsan).

“Tyrannosaur” est le premier long métage de l’acteur Paddy Considine, découvert chez Shane Meadows (“A Room for Romeo Brass”, “Dead Man’s Shoes“,…). Il avait signé en 2007 un court métrage, maintes fois récompensé “Dog Altogether” dont “Tyrannsaur” est en fait la continuation, où l’on découvre le personnage d’Hannah qui devient aussi essentiel au récit que celui de Joseph.

Joseph n’est a priori pas un personnage sur lequel le spectateur veut s’attendrir. Après tout la première fois qu’on le voit à l’écran, il bat à mort son chien. Et pourtant l’humanité de Joseph remonte à la surface au long du film, de la même façon que le personnage de Hannah, dont la gentillesse pourrait paraitre presqu’artificielle, gagne une intensité, une fragilité mais aussi une force incroyable à mesure qu’on découvre sa vie.

Ces personnages presque caricaturaux au début, gagnent une humanité rendue possible à la fois par l’écriture et la réalisation très adroite et précisde Considine (qui évite les scènes faciles et d’en dire trop) pour laisser des parts d’ombre, mais aussi à la superbe interprétation des deux acteurs principaux : Peter Mullan et Olivia Colman (qui avaient déjà incarner ces rôles dans le court de 2007). Sans oublier l’itnterprétation magistrale d’Eddie Marsan en mari violent, aussi à l’aise chez Mike Leigh (“Vera Drake”, “Happy-Go-Lucky”,…) que dans la série américaine “Ray Donovan” (2013-).

Et in fine, contre toute attente, “Tyrannosaur” se concluerait presque sur un feel good movie, tant les deux personnages semblent être avoir été jusqu’au bout de leur chemin de croix pour enfin trouver une forme de rédemption.

Le film bénéficie également d’une belle photographie signée Erik Wilson qui ne fait pas tomber dans le film dans le réalisme sordide jusque dans les images crasses (Considine voulait une expérience cinématique malgré le sujet et les décors réels pas très sexy de Leeds, c’est réussi).

Considine rejoint ici les acteurs britanniques qui sont passé à la réalisation avec des sujets difficiles, s’inspirant en partie de leur propre expérience. On se souvient de “Nil by Mouth” (1997) de Gary Oldman et de “The War Zone” (1999) réalisé par Tim Roth. Mais contrairement à Oldman et à Roth qui n’ont pas pour l’instant donné suite en matière de réalisation, malgré l’accueil très positif qui a été réservé à leurs films, Considine a signé un autre film bien accueilli sur un boxeur gravement blessé à la tête durant un combat (“Journeyman” en 2017).

DVD / Blu-ray UK. StudioCanal (2012). Version originale avec des sous-titres optionnels en anglais. Bonus : livret “The Making of” 16 pages / Court métrage “Dog Altogether” (2007), Commentaire audio de Panny Considine et Diarmid Scrimshaw, scènes coupées (avec ou sans commentaire audio de Panny Considine)

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