Drame / Fantastique:
Basil Dearden

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4
On 25 novembre 2018
Last modified:25 novembre 2018

Summary:

Etes-vous prêt pour un monde meilleur ? Un film allégorique qui propose une vision divisée de la société britannnique. Audacieux et radical !

Etes-vous prêt pour un monde meilleur ? Un film allégorique qui présente une vision divisée de la société britannnique. Audacieux et radical !

They Came to a City (1944) réalisé par Basil Dearden d'après JB Priestley

They Came to a City (1944)

Réalisé par Basil Dearden

Ecrit par Basil Dearden et Sidney Cole d’après la pièce de J.B. Priestley

Avec John Clements, Googie Withers, Raymond Huntley, Mabel Terry-Lewis, Ada Reeve, J.B. Priestley,…

Direction de la photographie : Stanley Pavey / Direction artistique :
Michael Relph / Montage : Michael Truman / Musique : Scriabin

Produit par Michael Balcon et Sidney Cole pour Ealing Studios

Drame / Fantastique

UK

Neuf britanniques, de couches sociales très différentes, se retrouvent projetés dans un décor étrange. Une porte s’ouvre, et ils vont partir à la découverte d’une ville utopique. Chacun réagira de façon différente face à cette découverte.

Un couple assis dans l’herbe, en habit militaire, discute sur une colline qui surplombe la campagne, un village et une usine. La jeune femme reproche à son compagnon de ne pas croire que les gens réclameront le changement une fois la guerre finie. Un homme qui passe par là (JB Priestley) les entend se disputer et se mêle à la conversation. Pour lui, « certains voudront le changement et d’autres non. » A juste titre, la jeune femme lui reproche sa réponse qui n’en est pas une. L’étranger n’en démord pas et se propose d’imaginer une situation où un échantillon de la population britannique, de classes et d’expérience très différentes, se retrouve projeté dans un monde très différent de ce qu’ils connaissent. Comment réagiront-ils ?

Parmi les neuf spécimens, on trouve ainsi une serveuse rebelle, un homme d’affaires intraitable, une aristo hautaine et sa fille soumise, un baronnet misanthrope et joueur de golfe, une femme de ménage âgée de la soixantaine et usée par la tâche, un mécanicien de la marine marchande révolté mais cynique, un couple de la classe moyenne (dont la femme est rongée par l’insécurité).

Chaque personnage est présenté par une courte vignette avant de s’enfoncer dans l’obscurité et d’y disparaître… avant de sortir tous d’une forêt et de se retrouver les uns après les autres dans un décor aussi monumental que vide. Alors qu’ils discutent, et commencent à se disputer, en essayant de deviner où ils peuvent bien être, l’un d’entre eux croit distinguer en contrebas des remparts, en dessous de la brume, les formes d’une ville. Mais comment descendre ?

« They Came to A City » est réminiscent d’un autre film signé Basil Dearden pour Ealing, « The Halfway House » (sorti quelques mois plus tôt). Dans les deux cas il s’agit d’un film d’ensemble qui se sert du fantastique pour confronter des individus avec ce qu’ils ont au fond de leur âme. Mais si « The Halfway House » est un film de propagande de guerre assez classique où finalement les personnages vont trouver chacun une raison pour s’engager dans la guerre, ici rien de tel. « They Came to A City » ne montre pas l’unité révée du peuple anglais en situation de guerre, mais les attentes très différentes sur ce que sera l’après guerre, avec une bonne partie de la population qui ne voudra pas de changement, voire lui sera carrément hostile, que ce soit par peur de l’incertitude ou par crainte de perdre ses privilèges.

Longtemps dédaigné par la critique pour son côté théâtral et son engagement politique très à gauche, « They Came to A City » est un film très audacieux, avec des choix radicaux tant au niveau de la mise en scène (l’utilisation de la caméra, du son et de la musique ou encore la direction artistique de Michael Relph) que du contenu (même si les dialogues manquent de finesse et n’échappent pas à la grandiloquence et la caricature typiques de beaucoup de films engagés de l’époque).

Evidemment on a est à mille lieux des comédies Ealing (mais c’est une erreur de croire que  le catalogue Ealing se limite à celles-ci). « They Came to A City » exprime bien les idéaux ancrés à gauche des « jeunes turcs » de Ealing qui rêvent d’un autre monde une fois la guerre finie. Parmi elles, on retrouve ainsi Sidney Cole qui attire l’attention du big boss de Ealing Michael Balcon sur la pièce et co-signe son adaptation et du réalisateur Basil Dearden qui continuera par la suite à produire un cinéma avec une conscience sociale (Frieda, Life for Ruth, Sapphire, Victim,…).

Balcon a sûrement accepté de se lancer dans l’aventure au vu du succès de la pièce mais aussi du faible coût du projet (le casting est celui de la pièce, le film a été tourné en 3 semaines entièrement en studio,…). Le résultat est aussi improbable qu’excitant !

Le BFi a eu l’excellente idée de ressortir « They Came to A City » dans une belle copie en combo blu-ray/DVD. On peut donc le découvrir dans de bonnes conditions avec des sous-titres anglais.

Combo blu-ray/DVD. Studio BFI (2018). Version originale avec des sous-titres anglais optionnels. Bonus : livret 38 pages, cours métrages : We Live in two Worlds (Alberto Cavalcanti, 1937), Britain at Bay (Harry Watt, 1940), A City Reborn (John Eldridge, 1945), Charley in New Town (Batchelor & Halas, 1948), Our Very Good Health (Batchelor & Halas, 1948)

 

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