Un divertissement un peu vain et pas très original ni provocant. Heureusement, il y a Demi Moore mais elle y est finalement sous-exploitée

The Substance (2024)
Ecrit et réalisé par Coralie Fargeat
Avec Demi Moore, Margarett Qualley, Dennis Quaid,…
Direction de la photographie : Benjamin Kracun / Montage : Jerome Eltabet, Coralie Fargeat et Valentin Féron / Musique : Raffertie
Produit par Tim Bevan et Eric Fellner pour Working Title Films
Drame / horreur
UK / France
« The Substance » est le deuxième long métrage de la Française Caroline Fargeat, ici appuyée par la fameuse société de production britanico-américaine Working Title Films. Un projet étonnant pour le studio célèbre pour « Four Weddings and a Funeral », « Billy Elliot » ou encore « Bridget Jones ».
Personnellement je trouve ironique que « The Substance » ait décroché à Cannes le prix du meilleur scénario. Car, en ce qui me concerne, c’est justement dans sa conception, dès le scénario, que le film s’écroule.
Elizabeth est une actrice de la cinquantaine, oscarisée il y a une éternité de cela et reconvertie en animatrice télé d’une émission de remise en forme. Mais même dans sa seconde carrière il y a une date de péremption et celle-ci est arrivée.
Lors d’un passage chez le médecin, on glisse dans sa poche une clé usb accompagnée d’un message : « La substance a changé ma vie ». Après maintes hésitations elle décide de se lancer. Le kit qu’elle reçoit doit lui permettre de faire ressortir le meilleur d’elle-même.
Ainsi une belle jeune femme aux courbes parfaites va sortir telle un papillon du corps d’Elizabeth. Une jeune femme qui se baptisera Sue et s’empressera de se rendre au casting pour remplacer… Elizabeth !
Et voilà. Au lieu de nous proposer de suivre la mutation d’une Elizabeth transformée pour le meilleur et le pire en une version idéalisée d’elle-même répondant aux dictats de la société, elle enfante juste une autre femme qui va tenter de prendre sa place. Le combat n’est plus intérieur mais extériorisé.
Si vous voulez un divertissement sans prise tête, « The Substance » est fait pour vous. Si vous vouliez un film d’horreur à message, passez votre chemiin. Les scènes de body horror sont plutôt convaincantes même si elles ne réussissent pas à s’affranchir des modèles du genre : la filmographie quasi intégrale de Cronenberg et de « Society » (1989) de Brian Yuzna (auquel les scènes finales grotesques à souhait font furieusement penser).
D’ailleurs, j’en viens à regretter que le film n’ait pas plus assumé son côté grotesque., ça aurait peut-être éviter certaines longueurs. Pour l’actrice américaine Demi Moore, « The Substance » est une occasion manquée. Le rôle est beaucoup moins intéressant qu’il aurait pu l’être, son personnage étant finalement assez plat.

