Drame:
George More O'Ferrall

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3
On 29 janvier 2019
Last modified:29 janvier 2019

Summary:

Une romance noire adaptée de Graham Greene qui dresse un portrait peu reluisant de la vie dans les colonies et d'un homme rongé par la culpabilité

Une romance noire adaptée de Graham Greene qui dresse un portrait peu reluisant de la vie dans les colonies et d’un homme rongé par la culpabilité.

The Heart of the Matter (1953)

(Le fond du problème)

Réalisé par George More O’Ferrall

Ecrit par Lesley Storm d’après le roman de Graham Greene

Avec Trevor Howard, Elizabeth Allan, Maria Shell, Denholm Elliott, Peter Finch, Gérard Oury, Michael Hordern, Earl Cameron,…

Direction de la photographie : Jack Hildyard / Direction artistique : Joseph Bato / Montage : Sidney Stone / Musique : Edric Connor

Produit par Ian Dalrymple pour London Films

Romance / Drame

UK

Le fond du problème (1953)1942. Harry Scobie (Trevor Howard) est sous-commissaire en poste à Freetown (Sierra Leone) depuis 15 ans. Alors que son chef part en retraite, Scobie voit sa promotion écartée. Sa vie privée n’est guère plus brillante. Il a perdu sa fille unique il y a une dizaine d’années et sa femme Louise (Elizabeth Allan) craque : elle l’accuse de n’aimer que lui et veut partir en Afrique du Sud.

Cédant à la pression de sa femme, Scobie fait un prêt à un homme peu recommandable, le syrien Yusef (Gérard Oury). Sa femme partie, il tombe amoureux d’une jeune femme, Helen (Maria Schell) rescapée d’un naufrage.

Que ce soit par sa vie personnelle ou son métier, la mort rôde autour de Scobie. Ce qui n’est pas bon signe, d’autant que l’homme est habité par un fort sentiment de culpabilité, renforcé par sa foi catholique.

Adapté d’un roman de Graham Greene, “The Heart of the Matter” est l’histoire d’un homme rongé par la culpabilité, car il ne peut choisir entre deux femmes. Coincé entre un sentiment de devoir et son amour, il n’arrive pas à se décider, déchiré par sa crainte des rumeurs malveillantes et sa foi dont la flamme vacillante est entretenue par sa femme.

Le film ne montre pas un visage très reluisant de la vie dans les colonies britanniques – que Graham Greene connaît bien (il a été en poste en Sierra Leone pendant la guerre alors qu’il travaillait pour le MI6). La faible taille de la communauté, sa mentalité “petit-bourgeois” et sa propension à l’entre-soi font que les rumeurs peuvent y être mortelles, socialement et physiquement.

Il est bien entendu difficile pour un spectateur d’aujourd’hui d’appréhender la mainmise que l’église catholique (représentée à l’écran par le prêtre local incarné par Peter Finch) pouvait alors avoir sur les esprits. Aussi le personnage d’Harry Scobie en devient difficilement compréhensible. Le dilemme qui le tourmente, insoluble pour lui, ne nous paraît guère un problème à présent ! Et comme une bonne partie du film repose sur ce dilemme, on est en droit de penser que “The Heart of the Matter” perd beaucoup de sa pertinence. Néanmoins, il nous rappelle la toxicité des dogmes religieux, quelle que soit la religion concernée. Et le poids des conventions sociales est toujours aussi lourd, surtout dans les petites communautés.

Le film est réalisé par George More O’Ferrall qui a été l’un des premiers réalisateurs de fiction de la télévision britannique en rejoignant la BBC en 1936. Cet homme de théâtre avait débuté au cinéma en 1935 comme assistant réalisateur sur le premier film de Carol Reed “Midshipman Easy”. Dans les années 50, il signera plusieurs films, sept entre 1952 et 57 pour être précis, date à laquelle il retournera à la télévision, mais cette fois-ci sur ITV.

Le casting est solide, Trevor Howard en tête ou encore Maria Shell qui avait fait ses débuts en Angleterre deux ans plus tôt avec “The Magic Box” (1951) où elle joue le rôle de la femme du pionnier du cinéma anglais, William Friese-Greene. Dans le rôle fidèle serviteur de Scobie, on retrouve Earl Cameron, le plus célèbre des acteurs britanniques originaires des Caraïbes et qui avait débuté en 1951 dans l’excellent “Pool of London“.

La plus grosse surprise du casting est bien entendu la présence de Gérard Oury dans le rôle du trafiquant et maitre chanteur Yusef. Oui, je parle bien du réalisateur des comédies françaises à (très gros) succès “Le Corniaud”, “La Grande vadrouille” ou encore “Les aventures de Rabbi Jacob”. Avant de passer au scénario à la fin des années 50 et à la réalisation au début des années 60, Oury avait déjà une carrière d’acteur assez fournie et inaugurée en 1942 à l’âge de 23 ans.

DVD zone 2 UK. Studio Optimum (2006). Version originale sans sous-titres.

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