Aventures / Drame:
John Boorman

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4
On 15 mars 2021
Last modified:15 mars 2021

Summary:

Une fable humaniste plus qu'écologiste réalisée par un John Boorman au sommet de sa forme

Une fable humaniste plus qu’écologiste réalisée par un John Boorman au sommet de sa forme

The Emerald Forest (1985)

(La foret d’émeraude)

Réalisé par John Boorman

Ecrit par Rospo Pallenberg

Avec Powers Boothe, Charley Boorman, Meg Foster, Yara Vaneau,…

Direction de la photographie : Philippe Rousselot / Production design : Simon Holland / Direction artistique : Marcos Flaksman / Terry Pritchard Montage : Ian Crafford / Musique : Brian Gascoigne et Junior Homrich

Produit par John Boorman

114mn

Drame / Aventures

UK / USA

Bill Markham (Powers Boothe), un ingénieur américain, prend la responsabilité de la construction d’un barrage à la bordure de l’Amazonie. Mais alors qu’il visite les travaux avec sa famille, son fils Tommy est enlevé par des indigènes. Bill passe alors dix ans à le chercher et finit par le retrouver. Mais celui-ci se considère désormais comme un membre à part entière de la tribu.

Alors qu’il attaque ce projet très ambitieux de film d’aventures se déroulant dans la jungle amazonienne, John Boorman a déjà connu les montagnes ruses avec deux gros succès (“Point Blank“, “Delivrance”) mais aussi des fours monumentaux (“Exorcist II” et “Zardoz”). Heureusement, en 1981, il rebondit avec “Excalibur” et le voici à nouveau en selle.

Mais il n’en reste pas moins que tous ses projets sont alors refusés par les studios. En 1983, alors qu’il déjeune à Los Angeles avec le scénariste anglais Rospo Pallenberg avec qui il travaille régulièrement depuis “Delivrance”, ce dernier lui sort une vieille coupure de journal sur un fait divers d’un ingénieur qui a cherché pendant dix ans son fils enlevé par une tribu amazonienne et qui quand il l’a retrouvé à décider de ne pas le ramener à la “civilisation”. Le sujet et le projet de filmer dans la jungle amazonienne attire Boorman, mais qui serait assez fou pour le suivre dans une telle aventure ?

Boorman arrive à approcher Jake Eberts, responsable de Goldcrest, alors que celui-ci vient accompagner le triomphe aux US de “Ghandi” (1981). Eberts accepte de financer le développement du projet. Pendant l’été 1983, Pallenberg développe son scénario pendant que Boorman fait du repérage en Amazonie.

Alors que “The Emerald Forest” commence ses préparatifs de tournage dans des conditions très difficiles, Boorman est lâché par Goldcrest. Erberts qui est parti prendre les rênes aux USA d’Embassy Pictures doit mettre tout son poids pour convaincre les nouveaux propriétaires du studio de financer le film.

Alors que presque tout le monde semblait parier sur le fait que le film ne pourrait pas être fini dans les temps et le budget, Boorman réussit son incroyable pari. Mais sa décision d’embaucher son fils Charley pour prendre le rôle de Tommy lui coûtera son amitié avec son Rosco Pallenberg.

Si l’histoire revêt parfois la forme d’un conte un peu simpliste à l’image des deux tribus, les invisibles (les gentils) d’un côté et les féroces (les méchants) de l’autre, la réalisation de Boorman est exemplaire. On est dans la jungle avec les protagonistes. On ne peut qu’admirer sa splendeur et on en vient à craindre le peuple des termites à l’origine de ce spectacle de mort, les arbres arrachés, la terre boueuse marquée par l’emprunte des bulldozers.

“The Emerald Forest” incarne aujourd’hui le souvenir d’un cinéma tourné sur le terrain (en opposition au cinéma de studio). Aujourd’hui le cinéma de studio a largement gagné la bataille et on doit se contenter de fonds verts à l’infini, toujours plus parfaits mais toujours aussi artificiels. La magie persistante de “The Emerald Forest” vient justement que l’on sait, même sans le savoir, que l’on a affaire à un film tourné dans des conditions réelles. Avec ce mélange de fiction et de documentaire qui fait toute sa force.

Et c’est grâce à cet exploit visible à l’écran, qu’on prend très au sérieux le message final de “The Emerald Forest”.

DVD et Blu-ray. Studio StudioCanal (2011). Version originale sous-titrée en français et version française. Aucun bonus

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