Drame:
Mike Figgis

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3
On 16 mars 2020
Last modified:16 mars 2020

Summary:

Une modernisation assez réussie de la célèbre pièce de Rattigan mais qui vaut surtout pour la composition d'Albert Finney

Une modernisation assez réussie de la célèbre pièce de Rattigan mais qui vaut surtout pour la composition d’Albert Finney

The Browning Version (1994)

(Les leçons de la vie)

Réalisé par Mike Figgis

Ecrit par Ronald Harwood d’après la pièce de Terence Rattigan

Avec Albert Finney, Greta Scacchi, Matthew Modine, Julian Sands, Michael Gambon, Ben Silverstone,…

Direction de la photographie : Jean-François Robin / Production design : John Beard / Direction artistique : Lucy Richardson / Montage : Hervé Schneid / Musique : Mark Isham

Produit par Mimi Polk Gitlin et Ridley Scott

Drame

97mn

UK

Andrew Crocker-Harris (Albert Finney) est un vieux professeur de lettres classiques (grec et latin) détesté tous et baptisé “croco” ou encore le “Hitler des 5e”. Après 18 ans dans l’école où il exerce, il est remercié et remplacé par Tom Gilbert (Julian Sands), jeune professeur qui se consacre aux lettres modernes. Sa femme, nettemment plus jeune que lui, Laura (Greta Scacchi) le trompe, et l’école lui refuse sa pension. Seul le respect, voire l’admiration, du jeune Taplow (Ben Silverstone) semble devoir éclaircir ses derniers jours dans l’école publique qu’il est sur le point de quitter.

“The Browning Version”, basé sur une pièce de Terence Rattigan de 1948 et adaptée pour l’écran par le dramaturge en 1951, raconte l’histoire d’un professeur qui est l’anti-John Keating, le fameux professeur incarné à l’écran par Robbin Williams dans “Dead Poets Society” (1989). Crocker-Harris est un professeur, académiquement brillant, mais aride et pas pédagogue. S’il est craint par ses élèves pour sa sévérité, il est en fait méprisé par ses égaux, la direction de l’école et en premier lieu sa femme. Car en fait Crocker-Haris est un faible qui ne sait dire non ou protester face aux humiliations.

Figure pathétique, mais humaine et finalement attachante, Crocker-Harris est ici superbement interprété par Albert Finney. Le scénariste Ronald Harwood et le réalisateur Mike Figgis reprend assez classiquement les modifications apportées par Rattigan sur sa pièce pour le film de 1951 en modernisant le contexte et certains dialogues (encore que les écoles publiques anglaises ont un côté décidément intemporel).

Globalement c’est du travail rondement mené, même s’il y a moins d’explications, les dialogues étant élagués, notamment sur le fossé qui sépare le couple Crocker-Harris (et pas seulement en âge). Les petites différences ne manquent pas : dans la version de 1951, Crocker-Harris part s’occuper d’enfants attardés, dans la version de 1994, il va s’occuper d’adultes qui ne parlent pas l’anglais. Ici les problèmes de santé de Crocker Harris sont plus ou moins fictifs (c’est une excuse donnée par l’école pour s’en débarrasser). Ses élèves le comparent en 1951 à Himmler (le chef de la gestapo) puis à Hitler en 1994 – Une sacré promotion ! Enfin, sa traduction inachevée de “Aggamemnon” d’Eschyle en vers a un rôle plus central dans la version de 1951.

Mikke Figgis (découvert en 1988 grâce au chouette “Stormy Monday“) se livre ici en tout cas à une tâche peu aisée et peu gratifiante, car le film original de 1951 réalisé par Anthony Asquith, avec Michael Redgrave dans le rôle principal, est un classique de l’après-guerre. On ne peut lui en vouloir de livrer un résultat classique. Ce “The Browning Version” de 1994 est un bon film (avec des personnages peut-être un peu légers et caricaturaux), pas à la hauteur de l’original, mais transcendé par un Albert Finney qui donne ce qu’il faut de sensibilité et d’humanité au personnage.

DVD zone 2 FR. Studio Paramount Pictures (2014). Version originale sous-titrée en français et version française.

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