Drame / Horreur:
Roddy McDowall

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4
On 27 février 2023
Last modified:27 février 2023

Summary:

Inspiré d'une ballade du folklore écossais, un triangle amoureux malsain qui vire vers l'horreur, avec la légendaire Ava Gardner ! 

Inspiré d’une ballade du folklore écossais, un triangle amoureux malsain qui vire vers l’horreur, avec la légendaire Ava Gardner ! 

The Ballad of Tam Lin (1971)

Réalisé par Roddy McDowall

Ecrit par William Spier

Avec Ava Gardner, Ian McShane, Stephanie Beacham, Richard Wattis, Cyril Cusack, Joanna Lumley, Bruce Robinson,…

Direction de la photographie : Billy Williams / Production design : Donald M. Ashton / Montage : John Graysmark / Musqiue : Stanley Myers

Produit par Alan Ladd Jr. et Stanley Mann pour Gershwin-Kastner Productions et Winkast Film Productions

106mn

Romance / Drame / Horreur

UK

Tourné en 1969, « The Ballad of Tam Lin » est le cadeau de l’acteur d’origine britannique Roddy McDowall à sa grande amie, la star Ava Gardner. Cette dernière, alors âgée de 45 ans, avait fuit Hollywood, pour s’installer en Espagne puis à Londres. McDowall la sort de sa semi retraite avec un rôle spécialement conçu pour elle et inspiré par une ballade du folklore écossais, se déroulant à la frontière entre l’Ecosse et l’Angleterre, et dont les racines remontent au moyen âge.

Dans la ballade, un jeune homme Tam Lin est fait prisonnier par la reine des fées. Alors qu’Halloween approche, date à laquelle la reine sacrifie l’un de ses prisonniers en l’honneur du diable. Tam est sauvé des griffes de la reine des fées par une jeune femme qui porte son enfant représentant le véritable amour.

Le scénario, écrit par le new yorkais William Spier, modernise la balade en la situant dans le Londres des swinging sixties. Michaela Cazaret (Ava Gardner) est une femme immensément riche qui aime s’entourer de jeunes hommes et femmes qui intègrent sa garde rapprochée ou disparaissent au rythme de ses plaisirs et caprices. Parmi eux, le jeune photographe Tom Lynn (Ian McShane) est son amant du moment.

Quand la troupe part séjourner dans la grande demeure écossaise de Cazaret, Lynn croise Janet (Stephanie Beacham) la fille du pasteur local. Leur relation va causer la jalousie de Cazaret, bien décidée à récupérer Tom, quoi qu’il en coute.

Roddy McDowall se retrouve pour la première et unique fois derrière la caméra, tout occupé à sublimer Ava Gardner en croqueuse d’hommes impitoyable dont la carapace laisse cependant échapper des éclairs de vulnérabilité. McDowall ne néglige pas pour autant le reste du casting, donnant leur chance à deux inconnus, Ian McShane et Stephanie Beacham qui auront tous les deux une très belle carrière. Sans oublier au niveau des acteurs confirmés, Cyril Cusack et surtout Richard Wattis, acteur plutôt réputé pour ses rôles comiques, ici excellent en homme à tout faire inquiétant.

Le résultat de cette double romance qui vire à l’horreur est pour le moins étonnant. Roddy McDowall fait des choix d’époque (ralentis, premier baiser entre Tom et Janet sous forme de roman photo,…) et a tendance à y aller un peu fort sur les gros plans sur les visages de ses acteurs (en leur demandant de changer plusieurs fois d’expression dans le même plan pour exprimer la complexité de leurs sentiments – ce qui devient artificiel à la longue et marche mieux avec Ava qu’avec de jeunes acteurs) mais la photographie du londonien Billy Williams (futur oscarisé pour « Gandhi ») fait des merveilles, mettant en valeur les visages (dont celui d’Ava bien sûr) mais aussi les paysages.

Drame tendu et malsain construit autour d’une jeunesse décérébrée qui se laisse fasciner par une femme manipulatrice (on n’est pas si loin d’un culte – d’ailleurs le tournage est contemporain au meurtre de Sharon Tate par la famille Manson). « The Ballad of Tam Lin » vire dans sa dernière partie dans une ambiance folk horror, encore renforcée par l’interprétation du poème en ballade folk par le groupe Pentangle, et qui trouve son apogée dans une poursuite finale de toute beauté dans les marais écossais.

Le film, à gros budget pour l’époque, subira les contre coups de la mise en faillite de sa maison de production principale et de luttes internes entre les producteurs. Le film est rangé dans un placard, et ressorti deux ans plus tard par AIP qui le sort aux USA, amputé d’une vingtaine de minutes sous le titre de « The Devil’s Window ».

C’est – encore une fois ! – Martin Scorcese qui découvrant une copie intégrale du film chez McDowall, le fera éditer en VHS aux USA. Côté Grande-Bretagne, il faudra attendre 2022 pour que le film sorte enfin sur support physique, dans la collection Flipside du BFI.

Bl-ray FR. Studio BFI, collection Flispide (2022). Version originale avec sous-titres optionnels. Bonus : interviews, livret de 30 pages.