Review of: Rocks
Drame social:
Sarah Gavron

Reviewed by:
Rating:
3
On 10 mars 2020
Last modified:10 mars 2020

Summary:

Un drame social plein de bonnes intentions, magnifiquement porté par ses acteurs amateurs, mais desservi par une réalisation maladroite

Un drame social plein de bonnes intentions, magnifiquement porté par ses acteurs amateurs, mais desservi par une réalisation maladroite

Rocks (2019)

Rocks (2019)

Réalisé par Sarah Gavron

Ecrit par Claire Wilson et Theresa Ikoko d’après une historie de Theresa Ikoko

Avec Bukky Bakray, Kosar Ali, D’angelou Osei Kissiedu , Shaneigha-Monik Greyson, Ruby Stokes,…

Direction de la photographie : Hélène Louvart / Production design : Alice Normington / Direction artistique : Isobel Dunhil / Montage : Maya Maffioli / Musique : Emilie Levienaise-Farrouch

Produit par Ameenah Ayub Allen et Faye Ward

Drame

UK

Rocks (Bukky Bakray) est une adolescente qui vit dans un HLM à Londres avec sa mère (Layo-Christina Akinlude) et son petit frère Emmanuel (D’angelou Osei Kissiedu). En rentrant de l’école le jour de la rentrée des classes, elle trouve une enveloppe qui contient quelques billets et un mot écrit par sa mère. Celle-ci a décidé de partir en laissant Rocks et Emmanuel se débrouiller. Rocks tente de sauver les apparences, mais sa meilleure amie Sumaya (Kosar Ali) s’inquiète, et les services sociaux pointent le bout de leur nez, alertés par une voisine.

Sarah Gavron est une réalisatrice anglaise qui sait porter la voix des femmes. Elle l’a prouvé dans “Brick Lane” (2007), portrait d’une jeune femme du Bangladesh qui débarque à Londres pour être aussitôt mariée de force, et “Suffragette” (2015), sur le célèbre mouvement féministe né à Londres au début du XXe siècle.

Ici encore il s’agit donc d’une histoire portée par des personnages féminins. Rocks doit faire face seule à l’abandon de sa mère, fragile psychologiquement. Elle se renferme alors sur elle-même, rejetant l’aide de sa meilleure amie dans une tentative désespérée de protéger son petit fère de la réalité.

Rocks est une adolescente comme les autres, pas forcément bien partie dans la vie. Son père est mort, sa mère fragile, elle est parkée dans un quartier et une école dominés par les minorités ethniques. Dans la classe de Rocks, il n’y a qu’une blanche. Parmi ses voisins, une seule blanche également. Et c’est ceux-ci qui, croyant bien faire, vont ameuter les services sociaux.

On n’est pas dans un film de Ken Loach (le terrible “Ladybird Ladybird” en 1994), il n’y a pas vraiment de dénonciation de l’administration. Les services sociaux y sont rudes, l’école souvent à côté de la plaque, mais ils ne sont pas dénoncés pour autant. Et on peut espérer que la trajectoire de Rocks, et de son petit frère, prendront une meilleure voie, sans sa mère et en dépit de la séparation imposée, s’il le faut.

Rocks a pour elle un groupe d’amies soudé, et une personnalité débrouillarde et bienveillante. Ses décisions ne sont pas toujours les bonnes, mais elles sont prises avec le coeur.

Le film de Sarah Gavron bénéficie de jolies prestations de ses comédiens amateurs. Bukky Bakray et Kosar Ali, notamment, font des merveilles. L’histoire est un peu basique, mais réserve quelques moments forts. Malheureusement, la réalisation puise un peu trop dans le mode pseudo documentaire et images volées, à coup de montage haché, de gros plans pas toujours nets et de caméra tenue par quelqu’un de visiblement atteint de la maladie de Parkinson à un degré très avancé (vu que la caméra part parfois vraiment dans tous les sens). Ces choix de réalisation rendent moyennement lisibles certains passages et c’est dommage, car “Rocks” n’avait pas besoin de ça pour remettre une couche de “réalisme contemporain”.

Le film, présenté en avant première au festival Ecrans Britanniques à Nîmes, devrait sortir dans les sales françaises en juin 2020.

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