Film d’horreur psychédélique sur deux roues, « Psychomania » mixe deux genres incontournables des années 70 : le film de motards et celui de morts vivants.

Psychomania (1973)

Réalisé par Don Sharp

Ecrit par Arnaud d’Usseau et Julian Zimet

Avec Nicky Henson, Mary Larkin, Ann Michelle, Patrick Holt, George Sanders,…

Directeur de la photographie : Ted Moore / Direction artistique : Maurice Carter / Montage : Richard Best / Musique : John Cameron

Produit par Andrew Donally pour Benmar Productions

Tourné aux studios Shepperton et à Walton-on-Thames (Surrey)

Horreur

UK

Un gang de motards, baptisé « The Living Dead » et mené par Tom (Nicky Henson), sème la terreur dans une petite ville de province. Quand Tom apprend que sa mère (Berryl Reid) possède le secret de l’immortalité, il décide de se suicider… pour devenir immortel.

Tom (Nicky Hendson) est un motard qui avec sa propre bande aime terroriser la population locale. Mais il sent qu’il lui manque quelque chose pour être totalement heureux. Non pas l’amour d’une belle jeune fille (Abby est folle amoureuse de lui). Non. L’immortalité. Il pourrait ainsi faire exactement ce qu’il veut. Le seul hic, c’est qu’il apprend par sa mère que pour obtenir l’immortalité, il faut se suicider avec la foi totale dans le fait qu’on va revenir sur Terre. Si on n’y croit pas assez, alors on ne revient pas.

Un sacré challenge mais Tom décide de tenter le coup. Et quand ses amis l’enterrent sur sa moto et qu’il revient ensuite à la vie, il décide de convaincre les membres de son gang de faire comme lui. Une fois immortels, ils pourront s’attaquer à la police, aux professeurs, aux politiques… Bref à l’establishment. Le rêve pour un jeune rebelle !

On aurait pu s’attendre à ce qu’un tel film soit signé George Romero, qui après tout a créé le film de zombie moderne et a également tourné un film sur une bande de motards « Knightriders » (1981). Mais ce dernier est nullement un film horrifique.

La réalisation, un peu vieillotte mais avec quelques bonnes idées, est donc signée par Don Sharp, alors un vétéran du cinéma britannique de 52 ans. Peut-être pas le meilleur choix pour un film d’horreur psychédélique sur deux roues, mais ça passe !

Bon évidemment, il ne faut pas être allergique au kitch (les quelques effets spéciaux vers la fin sont très cheap). Il faut aussi accepter le fait que même après un mort violente, vous revenez au monde avec un corps en parfait état (en fait rien ne semble distinguer un vivant d’un mort vivant sinon le fait qu’il est désormais immortel). Mais bon c’est une concession compréhensible au niveau scénaristique et budgétaire. Sinon on aurait eu des suicides nettement moins drôles, et ça aurait coûté cher en maquillage ! On est très loin des morts vivants à la Romero donc.

Sinon « Psychomania » est une excellente pioche, décomplexée. Il manque juste un grain de folie supplémentaire pour qu’il soit indispensable, mais le film n’est pas dénué d’humour noir (les scènes de suicide), ni d’un côté horreur folk seventies (dont le porte-drapeau est « The Wicker Man » sorti la même année) avec sa chanson titre « Riding Free » et le mini Stohenhenge où la bande se réunit. Sans parler de la scène onirique dans la pièce fermée et du symbole du crapeau.

Don Sharp est un réalisateur australien qui a commencé sa carrière en tant qu’acteur dans son pays natal. Profession qu’il va poursuivre au Royaume-Uni après qu’il s’y soit installé en 1948 (on le retrouve ainsi au générique de « The Cruel Sea » en 1952). Il réalise ses premiers films au milieu des années 50, dans le genre familial et comédie musicale, avant de s’ouvrir aux fims criminels (« Linda » et « The Professionnals » en 1960). Puis on le retrouve à la télévision (la série « Ghost quad »). Il passe à l’horreur en 1963 avec « The Kiss of the Vampire » pour la Hammer. Dans les années 70, il partage son temps entre télévision (The Avengers) et des films divers (dont le james bondesque « Callan » de bonne réputation ou un remake des « 39 marches »).

Niveau casting, il faut quand même noter la présence du célèbre acteur George Sanders dans le rôle de l’homme à tout faire, Shadwell. Pour une raison de coût, sa présence sur le tournage a été concentrée sur cinq-six jours mais il a un rôle important et c’est également sa dernière apparition à l’écran (il s’est suicidé en 1972 à l’âge de soixante-cinq ans).

Dans le rôle de la mère de Tom, on retrouve la native de Manchester Berryl Reid qui a connu son heure de gloire au cinéma à l’affiche de « The Killing of Sister George » (1968) de Robert Aldrich. De leur côté, nos jeunes motards sont essentiellement des acteurs et comédiens bien rodés qui ont touché à tout… que ce soit Nicky Henson (Tom), Mary Larkin (Abby), Roy Holder (Bertram) ou encore Rocky Taylor dans le rôle de Hinky (qui deviendra par la suite un cascadeur très réputé)…

En fait, comme le note Nicky Henson dans une interview, vu l’état du cinéma britannique au début des années 70, même une production aussi fauchée que « Psychomania » pouvait du coup avoir un générique prestigieux. Côté technique on retrouve ainsi le directeur de la photographie oscarisé Ted Moore (qui travaillait la même année sur « Live and Let Die » et « The Golden Voyage of Sinbad ») ou encore le directeur artistique Maurice Carter (deux fois nommé aux Oscars) dont ce sera l’un des derniers films avec la comédie horrifique « The House in Nightmare Park« .

On a beaucoup de chance car cette petite perle des séries B des seventies a été ressortie par le BFI dans leur prestigieuse collection BFI Flipside dans une belle copie (avec des sous titres optionnels anglais) et de nombreux suppléments (non sous titrés).

Combo blu-ray DVD zone 2 UK. Studio BFI Flipside (2017). Version originale sous-titrée en anglais. Nombreux bonus, livret de 24 pages.

 

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