Review of: Overlord
Guerre:
Stuart Cooper

Reviewed by:
Rating:
4
On 29 octobre 2017
Last modified:29 octobre 2017

Summary:

Un film de guerre atypique et impressionnant qui mélange documentaire et fiction pour créer une expérience intimiste

Un film de guerre atypique et impressionnant qui mélange documentaire et fiction pour créer une expérience intimiste

Overlord (1975)

Réalisé par Stuart Cooper

Ecrit par Christopher Hudson et Stuart Cooper

Avec Brian Stirner, Davyd Harries, Nicholas Ball, Julie Neesam,…

Direction de la photographie : John Alcott / Montage : Jonathan Gili / Musique : Paul S. Glass

Produit par James Quinn

Guerre

83mn

UK

1944. Tom (Brian Stirner) est un jeune homme anglais qui est appelé au service. Il se retrouve à s’entrainer en vue de ce qui va devenir le débarquement de Normandie.

Au début, le réalisateur Stuart Cooper voulait faire un documentaire sur le débarquement et rassemblait des images au Imperial War Museum. Mais au cours de son visionnage et quand il se rendit compte de la richesse extraordinaire des archives filmées sur la seconde guerre mondiale, il eut l’idée de faire une fiction mélangeant des images d’archive à l’histoire d’un soldat tournée avec des acteurs. Il a fallut des mois de recherche au réalisateur Stuart Cooper au Imperial War Museum à Londres pour trouver les images qui correspondaient à ce qu’il avait envie de raconter.

Afin de créer l’histoire de Tom, Suart Cooper s’est adjoint les services d’un journaliste Christopher Hudson pour lire les lettres des soldats gardées par l’Imperial War Museum, et ainsi réussir à dégager de cette masse de témoignages une voix unique, celle de Tom.

Le tournage en lui-même de la partie fiction n’aura duré que deux semaines. “Overlord” a été filmé avec des acteurs débutants ou amateurs, inconnus au cinéma comme Brian Stirner et Davyd Harries.

A l’époque, l’Américain Stuart Cooper était installé à Londres où il avait débuté une carrière pour la télévision et le cinéma. Il travaillait notamment avec le directeur de la photographie, John Alcott. Ensemble ils avaient déjà tourné “Little Malcolm and His Struggle Against the Eunuchs” (1974). Alcott a débuté dans le cinéma à la fin des années 40, occupant divers postes derrière la caméra (clapper loader, focus puller,…) avant de monter en compétence et de devenir l’un des directeurs photo les plus respectés du métier, notamment grâce à Stanley Kubrick. A l’époque d’Overlord, il photographie ainsi “Barry Lyndon” pour Kubrick (prouesse qui lui vaudra un Oscar).

Pour “Overlord”, Alcott a filmé avec le matériel de tournage utilisé pendant la guerre afin de garder la plus grande cohérence et une fluidité optimale entre la partie fiction et les archives. Le résulat est pour le moins impressionnant. Le film comporte nombre de passages marquants. Que ces images fassent partie des archives ou de la partie fiction n’a plus d’importance, l’ensemble forme un tout cohérent.

Cooper met aussi une bonne part de poésie, d’innocence et de détresse dans son film qui correspond à l’état d’esprit de son héros. Et de fait, on a vraiment l’impression d’entrer dans le cerveau de Tom, et de partager ses bribes de vie jusqu’à la prémonition de sa mort (une vision en référence à la fameuse photographie de Robert Capra). Sans beaucoup de dialogue, Cooper arrive à créer un personnage avec une véritable essence, représentatif de toute une génération envoyée au front, un individu perdu et résigné dans une guerre qui le dépasse.

“Overlord” a remporté l’Ours d’argent à Berlin, mais il avait été largement oublié avant d’être “retrouvé” en 2007. Aujourd’hui, le film a bénéficié de la reconnaissance de l’éditeur Criterion qui en a sorti une très belle édition Blu-ray et DVD (avec des sous-titres anglais pour le film).

Le film est également disponible en DVD en France avec des sous-titres françasi et une présentation de Bertrand Tavernier.

DVD FR. Studio Sidonis Calysta (2016). Version originale sous titrée en français. Présentation de Bertrand Tavernier.

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