Film carcéral mythique, « Midnight Express », s’il n’est pas des plus subtiles, reste toujours aussi brutal et oppressant. Culte.

Midnight Express (1978)

Réalisé par Alan Parker

Ecrit par Oliver Stone

Avec Brad Davis, Irene Miracle, Bo Hopkins, John Hurt, Paul L. Smith, Paolo Bonacelli,…

Directeur de la photographie : Michael Seresin / Direction artistique : Evan Hercules / Montage : Gerry Hambling / Musique : Giorgio Moroder

Produit par David Puttnam et Alan Marshall

Crime / Drame

UK / USA

En 1970, Billy Hayes (Brad Davis), un jeune américain, se fait emprisonner en Turquie pour avoir tenté de quitter le payer avec 2 kilos de haschich. Il est condamné à 4 ans de prison au premier jugement. Une fois en prison, il est battu et torturé par un gardien en chef pervers et sadique (Paul L. Smith). 

« Midnight Express » est basé sur l’expérience réelle de Billy Hayes, un jeune Américain emprisonné pendant 5 ans en Turquie, et qui une fois rentré en Amérique décide de raconter son histoire dans un livre. Le film est d’abord né dans l’esprit du producteur américain Peter Guber qui avait décidé de réinvestir ses bénéfices réalisés sur « The Deep » de Peter Yates dans ce nouveau projet malgré l’inquiétude de Columbia Pictures à cause du ton politique et noir de l’histoire de Billy Hayes.

Le scénario est basé sur l’autobiographie éponyme de Bill Hayes. L’adaptation est signée Oliver Stone qui avait alors à son crédit un petit film d’horreur « Seizure » (1974) et qui a convaincu Gruber avec un scénario de ce qui deviendra quelques années plus tard « Platoon ». Apparemment à la surprise des producteurs eux-mêmes, la version fournie par Stone était suffisamment bonne pour ne pas avoir à être réécrite. Evidemment le scénario prend de nombreuses libertés avec l’histoire originale, notamment la façon dont Hayes s’est échappé, les personnages secondaires (comme celui mémorable de Max interprété par John Hurt) ou encore sur le fait que dans la réalité Hayes a été dans plusieurs prisons et non une seule.

« Midnight Express » est un film à petit budget, même pour l’époque (avec ses 1,8 millions de dollars), sur un scénario difficile où toute l’équipe, y compris l’acteur principal, était inconnue. Richard Gere avait d’abord été préssenti mais le rôle a finalement été décroché par un acteur, Brad Davis, qui n’avait jamais fait de cinéma auparavant.

Repéré par Gurber à qui il donne les épreuves du roman de Billy Hayes, Alan Parker embarque sur le projet les producteurs britanniques David Puttnam et Alan Marshall avec lesquels il avait déjà travaillé sur « Bugsy Malone », une comédie musicale sur le monde  des gangsters avec un casting composé intégralement d’enfants. Si « Bugsy Malone » était son premier film pour le cinéma, notons que Parker avait également tourné deux téléfilms sur la seconde guerre mondiale pour la BBC : The Evacuees (1975) sur un scénario de Jack Rosenthal et « No Hard Feelings » (1976) sur son propre scénario.

« Midnight Express » a été tourné en 53 jours à Malte durant l’automne 1977. Au début il devait faire dix minutes de plus, des séquences d’action qui montent comment Brad fuit la Turquie pour rentrer chez lui. Malgré la réticence de Columbia, Alan Parker réussit à imposer sa fin et à ne pas tourner les dix dernières minutes.

Montré en avant-première à Cannes, la Columbia espérant en fait y entérer le film sans faire trop de bruit,  « Midnight Express » reçoit un bon accueil même si les critiques lui repprochent aussitôt son ton anti-turc (je pense qu’encore aujourd’hui l’office national turc du tourisme doit garder une certaine acrimonie contre le film).

Le résulat reste un film mémorable sur le monde carcéral, qui certes ne fait pas dans la subtilité, mais est porté par une énergie et une violence qui font encore leur effet aujourd’hui. L’interprétation des acteurs, et notamment celle hallucinée de Brad Davis (dont le comportement sur le tournage réussit même à faire peur à John Hurt !), est fabuleuse, les décors à l’unission et le tout est porté par la musique mythique de Giorgio Moroder. L’idée d’utiliser les battements de coeur sur certaines scènes comme la décision de ne pas sous-titrer les séquences où les acteurs sont censés parlés en Turc rajoute encore à l’intensité du film et à la tension générale omniprésente.

Blu-ray FR. Studio Sony Pictures Home Entertainment (2009). Version originale sous-titrée en français et version française. Bonus : Commentaire audio d’Alan Parker, interviews « The producers » (25mn), « The production » (24mn), Making of « I’m healhy, I’m alive and I’m free » (7mn),…

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