Review of: Mary Shelley
Drame / Romance / Historique:
Haifaa Al-Mansour

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1
On 19 septembre 2018
Last modified:19 septembre 2018

Summary:

Une histoire prometteuse salopée par une armée de producteurs et une réalisatrice aux fraises. A oublier avant même de l'avoir vu !

Une histoire prometteuse salopée par une armée de producteurs et une réalisatrice aux fraises. A oublier avant même de l’avoir vu !

Mary Shelley (2017)

Réalisé par Haifaa Al-Mansour

Ecrit par Emma Jensen et Haifaa Al-Mansour

Avec Elle Fanning, Douglas Booth, Tom Sturridge, Maisie Williams, Bel Powley, Stephen Dillane,…

Directeur de la photographie : David Ungaro / Direction artistique : Nigel Pollock et Marc Ridremont / Montage : Alex Mackie / Musique : Amelia Warner

Produit par Amy Baer, Ruth Coady et Alan Moloney

Romance / Drame

UK

“En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin (Elle Fanning) entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley (Douglas Booth) et s’enfuit avec lui. Elle a 16 ans. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève, au bord du lac Léman, dans la demeure de Lord Byron (Tom Sturridge). Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein. Dans une société qui ne laissait aucune place aux femmes de lettres, Mary Shelley, 18 ans à peine, allait révolutionner la littérature et marquer la culture populaire à tout jamais.”

On peut s’étonner qu’il n’y ait jamais eu auparavant de film sur Mary Shelley, la créatrice de Frankenstein, car sa vie a été des plus romanesques. Bon, il y avait un certain nombre de pièges à éviter… Evidemment personne ne veut qu’on nous retrace la vie de l’écrivaine sur le mode romance adolescente en costumes, noyée sous des nappes de violon et de synthé pour accentuer les moments les plus romantiques/dramatiques.

Et pourtant, pour notre plus grand malheur, c’est bien ce que la réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour (la première femme réalisatrice dans son pays) nous propose. En 2012, elle avait signée une comédie dramatique appréciée par la critique et les spectateurs : “Wadjda” (2012) tournée à Ryiad. Avec “Mary Shelley”, elle prouve en tout cas qu’elle peut signer sans souci un film digne du pire tâcheron hollywoodien. L’armée de producteurs qui sont intervenus sur le film (3 producteurs, 2 co-producteurs et 11 producteurs exécutifs si j’en crois IMDB !) n’a probablement pas aidé à en faire une oeuvre qui puisse démontrer une quelconque audace.

Romance adolescente oblige, le film ne se consacre qu’aux premières années de la liaison de Mary Godwin avec le poète Percy Shelley, débutée alors qu’elle avait 16 ou 17 ans, jusqu’à la publication de “Frankenstein ou le Prométhée moderne” quand elle en avait 21.

Le casting est à l’unission et semble tout droit sorti d’un film pour ados à gros budget : Elle Fanning (vue dans “The Beguiled” et “Maleficent”) et Douglas Booth (“Jupiter Ascending” et “The Limehouse Golem”) dans les rôles de Mary et Percy, promènent leurs jolis minois et font probablement ce qu’ils peuvent. Quand Lord Byron (Tom Sturridge) débarque, le seuil de tolérance est depuis déjà longtemps dépassé.

Bref, saloper avec tant de soin une histoire prometteuse  pour en faire un produit marketing calibré mérite au moins qu’on ignore ce film et qu’on le laisse sombrer dans l’oubli. A éviter tant que possible si vous aimez le cinéma.

Sortie française dans les salles : 8 août 2018.

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