Un film audacieux mais maladroit qui traite du conflit en Rhodésie alors en cours. Avec un joli casting… et une fin complètement ratée

Game for Vultures (1979)

(Le putsch des mercenaires)

Réalisé par James Fargo

Ecrit par Phillip Baird d’après le roman de Michael Hartmann

Avec Richard Harris, Richard Roundtree, Joan Collins, Ray Milland, Denholm Elliott, Sven-Bertil Taube…

Directeur de la photographie : Alex Thomson / Direction artistique : Herbert Smith / Montage : Peter Tanner / Musique : Tony Duhig et Jon Field

Thriller / Guerre

113mn

UK

En Rodhésie, une patrouille de l’armée est attaquée par des « terroristes » noirs menés par Gideon Marunga (Richard Roundtree). L’attaque finit en déroute, Marunga est blessé et l’un de ses hommes est fait prisonnier. Ce dernier se trouve être le frère de la belle soeur de David Swansey (Richard Harris), un vendeur d’armes qui accepte de servir d’intermédiaire pour acheter des hélicopètres aux USA, contournant ainsi le blocus international.

L’histoire du film a pour intérêt de se dérouler dans un conflit alors en cours, la guerre du Bush de Rhodésie du Sud qui opposa, entre 1972 et 1979, les forces de la République de Rhodésie, menées par un gouvernement blanc soutenu par l’Afrique du Sud, aux guérillas noires soutenues par le Zimbabwé et l’URSS. Le conflit finira par la signature d’un accord de paix le 1er Juin 1979 puis par l’intégration de la Rhodésie dans le Zimbabwé sous la houlette de Robert Mugabe l’année suivante.

Ce conflit nous est raconté principalement à travers les yeux de deux personnages. Un indépendantiste noir prêt à recourir aux armes Gideon Marunga (Richard Roundtree) et un vendeur d’armes sans scrupules David Swansey (Richard Harris). Evidemment Swansey et Marunga finiront par s’affronter lors d’un duel final…

Le scénario est souvent confus, les explications et motivations trop appuyées conduisent à des dialogues parfois ridicules. Néanmoins le film ne ferme pas les yeux sur les violences et les jeux politiques des indépendantistes, bien qu’il semble malgré tout en approuver la cause (Gideon Marunda  est l’un des rares personnages sympathiques) et qu’il anticipe leur victoire. Il refuse néanmoins de prendre parti et pose la question inévitable à travers le personnage de Gideon Marunda : dans ce genre de conflit, peut-il vraiment y avoir un vainqueur ?

Une chose est sûre, si le film n’a pas très bonne réputation (notamment du fait de sa réalisation souvent maladroite), la fin est incontestablement ridicule – et c’est fort dommage.

Le réalisateur américain James Fargo (qui a débuté à la réalisation sur le troisième Opus des Dirty Harry « The Enforcer » en 1976) assura qu’il ne voulait pas faire de film politique. Et peut-être est-ce le problème… Il est difficile de ne pas faire de politique quand on traite d’un conflit en cours ! Notons que le scénario est signé par l’acteur britannique Phillip Baird qui joue également dans le film et est producteur exécutif. Le scénario est basé sur un roman de Michael Hartmann sorti quatre ans plus tôt.

Le film a été tourné en Afrique du Sud, eut une avant première mondiale à Johannesbourg mais fut ensuite interdit. On peut comprendre pourquoi, le film donne un peu trop la parole aux noirs !

Comme vous l’aurez remarqué, niveau casting on est gâté. Richard Harris sortait tout juste de « The Wild Geese » (Les oies sauvages, 1978), un des classiques des films de mercenaire des années 70. Dans le rôle de Marunga, on a droit à Mr Shaft himself, Richard Roundree. En atout charme un peu inutile, Joan Collins est également de la partie. Rajoutez à cela de bons seconds rôles comme Denholm Elliott, Ray Milland, et on se retrouve avec une affiche alléchante.

Le film est disponible en France dans une édition paresseuse, avec une image d’une qualité moyenne et avec seulement la version française. Niveau bonus, vous l’aurez compris, il n’y en a pas.

DVD Zone 2 FR. Studio Opening (2008). Collection « Les plus grands films de guerre ». Version française. Sans bonus

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