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Richard Lester – crédit photo : Christian TESTANIERE / OI (Objectif Images 30)

 

Voici deux jours qui ont passé à grande vitesse. Quel plaisir immense d’avoir pu discuter longuement avec Richard Lester. Le réalisateur américain le plus anglais de tous les temps a beau avoir 83 ans, il est capable de vous citer une anecdote du tournage de A Hard Day’s Night (1964) ou de Juggernaut (1974) avec une précision diabolique, n’hésitant que très rarement sur une date ou sur un nom.

C’est à regretter que ce jeune homme fringant qui a arrêté le cinéma à la fin des années 80 n’ait jamais retrouvé l’énergie et l’envie de retourner derrière la caméra. La mort de l’un de ses acteurs fétiches Roy Kinnear sur le tournage de « The Return of the Musketeers » (1989) suffit-elle à expliquer son retrait des plateaux de cinéma ? Il faut sûrement aussi chercher du côté des évolutions technologiques qui sont survenues pendant les années 80 et ont profondément changé le métier de réalisateur. A moins qu’il ait pris sa retraite par pure fainéantise (comme le déclare sa femme  avec un sourire en coin).

Lester se veut un artisan, admire par dessus tout la précision et le sens du timing de génies comiques comme Buster Keaton et Jacques Tati. Il n’aime pas les tournages, nerveusement épuisants, et préfère de loin le travail de pré et post production. Il fait d’ailleurs partie de ces réalisateurs qui pensent que le film se créé essentiellement sur la table de montage.

Ses films des années 60, qui étaient ici à l’honneur, ont marqué leur époque. Revoir The Knack (1964), Help (1965) mais aussi découvrir comme je l’ai fait « How i won the war » (1967) et surtout personnellement « Petulia » (1968) reste une sacrée expérience quasi initiatique ! Quelle énergie, quels délires surréalistes et quel travail sur le montage !

Les swinging sixties sont peut être un mythe, mais en tout cas ils n’ont jamais été aussi concrets, aussi réels que dans le cinéma de Lester. Il a aussi été un très bon observateur de la fin d’une époque, quand l’optimisme a été finalement très rapidement remplacé par du vide : « Petulia » (1968) et « The Bed sitting room » (1969) – ce dernier étant pour moi le grand absent de cet hommage.

Le festival des Ecrans Britanniques  (http://www.ecransbritanniques.org) dure jusqu’à dimanche 8 mars.

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