Review of: Dracula
Horreur:
Mark Gatiss et Steven Moffat

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Rating:
2
On 23 janvier 2020
Last modified:11 février 2020

Summary:

Quand les créateurs de "Sherlock" s'attaquent à un autre personnage culte de la littérature, on pourrait s'attendre au meilleur. On aurait tord.

Quand les créateurs de “Sherlock” s’attaquent à un autre personnage culte de la littérature, on pourrait s’attendre au meilleur. On aurait tord.

Dracula (2020)

Créé et écrit par Mark Gatiss et Steven Moffat d’après le roman de Bram Stoker

Réalisé par Jonny Campbell, Paul McGuigan et Damon Thomas

Avec Claes Bang, Dolly Wells, Morfydd Clark, John Heffernan, Mark Gatiss,…

Directeur de la photographie : Tony Slater Ling et Julian Court / Production design : Arwel Jones / Direction artistique : Harry Trow / Musique : David Arnold et Michael Price

Produit par Larry Tanz pour la BBC, Hartswood Films et Netflix

3x90mn

Horreur

UK

A la fin du XIXe siècle, Jonathan Harker (John Heffernan), enfermé dans la cellule d’un couvant, est interrogée par soeur Agatha (Dolly Wells). Elle lui fait raconter le déroulement des événements depuis qu’il s’est retrouvé au château du comte Dracula.

Quand la BBC a annoncé le projet d’une énième adaptation de Dracula, cela a a fait grand bruit chez les amateurs de série. Même adapté mille fois sur les écrans, le vampire mythique fascine toujours autant. Mais surtout on a appris que cette nouvelle adaptation sera signée par Mark Gatiss et Steven Moffat. Ce duo même qui était à l’origine de la ré-apparition sur petit écran d’un autre héros du XIXe siècle, Sherlock Holmes.

Avec “Sherlock”, Gatiss et Moffat avaient réalisé l’impensable. Donner un coup de jeune et de modernisme à un héros dont on pensait avoir tout dit. Allaient-ils réussir le même exploit avec “Dracula” ?

On retrouve ici bien la patte de Steven Moffat, scénariste parfois génial qui a signé de très belles choses pour la télévision anglaise, la sitcom “Coupling” (2000-4), la mini-série “Jekyll” (2007) et certains des meilleurs épisodes de “Doctor Who” depuis son grand retour sur les écrans en 2005. Avant de péter les plombs littéralement quand il est devenu le showrunner de “Doctor Who” (2010-2017) et de partir dans des histoires de plus en plus alambiquées et tordues, qui ont fini par lasser de nombreux fans de la plus vieille série de SF encore en production (“Doctor Who” a vu le jour en 1963).

La collaboration avec Mark Gatiss (ancien de la fameuse troupe “The League of Gentlemen” qui a distillé son humour noir génial sur petit écran au début des années 2000) lui avait fait en tout cas du bien, comme le prouvent les premiers épisodes de “Sherlock”. Avant que l’ambition folle de Moffat ne reprenne le dessus.

Avec “Dracula” autant le dire tout de suite, on aura même pas une première saison de répit. Ce n’est pas un nouveau départ, on est ici dans la continuité des derniers épisodes de “Sherlock”. Dès le premier épisode de “Dracula” on retrouve tous les tics de scénario, de personnages et de réalisation qui ont fait la “personnalité” de “Sherlock”. Sauf qu’ici ils sont frelatés. Nous sommes face à du déjà vu.

Les deux premiers épisodes reprennent des événements connus de “Dracula” : le séjour forcé de Harker dans le château de Dracula et la traversée en bateau jusqu’aux côtes anglaises à bord du Demeter. Mais évidemment ces deux épisodes n’ont pas grand chose à voir avec le texte original de Bram Stoker.

Ceux qui sont habitués au duo ne seront même pas étonnés du saut dans le vide qu’ils effectuent à la toute fin du deuxième épisode. Un saut de la foi qui malheureusement ne fonctionne pas – on attend parfois même des sommets de ridicule (je peux difficilement en parler ici sans commettre le crime impardonnable de balancer un effroyable spoiler).

Le problème essentiel de ce Dracula c’est qu’il est trop prétentieux pour son bien. Ce n’est pas un crime en soi, mais il vaut mieux dans ce cas ne pas rater son coup sinon ça passe pour de l’arrogance et de la vanité. Ce qui a marché dans les meilleurs épisodes de “Sherlock” ne fonctionne ici que de lors de brèves instants fugaces. Mais ça fait court pour supporter trois épisodes de 90mn chacun.

Par contre, si j’avoue que je n’étais guère convaincu dans les premières images par le physique étonnamment commun du danois Claes Bang (on est loin de Christopher Lee), il fait un Dracula très convenable. C’est juste que la personnalité que lui affublent Moffat et Gatiss est tout simplement insupportable. Au moins les Dracula de la Hammer avaient la bonne idée de ne pas trop parler. Mais l’économie des mots et des retournements n’est pas tout à fait dans le style de Moffat et Gatiss. C’est dommage car s’ils sont incontestablement brillants, le résultat de leur écriture ne l’est pas toujours.

Diffusion en France sur Netflix (depuis janvier 2020)

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