Review of: Bloody Sunday
Drame / Histoire / Guerre:
Paul Greengrass

Reviewed by:
Rating:
4
On 17 juillet 2020
Last modified:2 août 2020

Summary:

Un film coup de poing, tourné comme un documentaire, sur l'un des épisodes les plus sanglants de la guerre civile en Irlande du Nord. Magistral et très douloureux.

Un film coup de poing, tourné comme un documentaire, sur l’un des épisodes les plus sanglants de la guerre civile en Irlande du Nord. Aussi magistral que douloureux à regarder

Bloody Sunday (2002)

Ecrit et réalisé par Paul Greengrass

Avec James Nesbitt, Tim Pigott-Smith, Kathy Kiera Clarke, Nicholas Farrell, Gerard Crossan,…

Direction de la photographie : Ivan Strasburg / Production design : John Paul Kelly / Montage : Clare Douglas

Produit par Mark Redhead

Drame / Histoire

107mn

UK / Irlande

Malgré l’interdiction du gouvernement britannique, le député Ivan Cooper (James Nesbitt), un protestant membre de Northern Ireland Civil Rights Association (NICRA) annonce le maintien d’une marche pacifique pour le 30 janvier 1972 dans la ville de Derry afin de protester contre la discrimination et les violences dont sont victimes les catholiques. Le gouvernement britannique décide d’envoyer les paras sur place afin de procéder à des arrestations.  Si Cooper décide de renoncer à marcher vers l’hôtel de ville comme c’était initialement prévu pour calmer le jeu, des dissidents vont provoquer l’armée sur les barrages. Les paras avancent alors afin de procéder aux arrestations. Rapidement la situation dégénère, les paras tirent à balle réelle, faisant 13 morts et 26 blessés.

Le réalisateur anglais Paul Greengrass décide pour son deuxième film de s’attaquer à l’un des épisodes les plus douloureux de l’occupation britannique en Irlande du Nord. Il signe le scénario et la réalisation du film, utilisant sa maîtrise du documentaire, auquel il a été formé à la télévision britannique dans les années 80, pour réaliser un film coup de poing qui ne relâche pas la tension une seconde durant ses 107 minutes.

“Bloody Sunday” est un exercice de style particulièrement convaincant et très douloureux à regarder. La caméra est toujours au coeur de l’action, filmant les acteurs du drame (protestants et militaires) au plus prêt. Greengrass sait donner vie à ses personnages, mettant bien entendu l’accent sur Ivan Cooper, mais aussi sur un jeune irlandais de 17 ans qui va finir sur la liste des victimes ou encore sur un soldat des paras qui s’il doute dès le début de l’opération et est témoin de la force disproportionnée employée par ses camarades, n’osera rien dire à la commission d’enquête.

Évidemment il y a un parti-pris pour les catholiques face au gouvernement britannique et à des militaires revanchards, mais même si à l’époque les enquêtes internes avaient conclu à une riposte mesurée des forces britanniques, il y avait suffisamment de témoins, dont le député Ivan Cooper, pour contredire la version officielle. Il faudra néanmoins attendre 1998 pour que le Premier ministre travailliste Tony Blair décide de rouvrir une enquête confiée à Lord Saville. Les conclusions de cette nouvelle enquête, rendues publiques en 2010 (soit huit ans après le film de Greengrass) condamnent sans aucune retenue l’armée, obligeant le premier Britannique conservateur David Cameron à présenter des excuses devant le parlement “Il n’y a aucun doute, aucune équivoque, aucune ambiguïté. Ce qui s’est passé durant le dimanche sanglant était à fois injustifié et injustifiable. C’était mal.”

“Bloody Sunday” vaudra à Paul Greengrass de se faire remarquer par Hollywood où on lui demandera de piloter la trilogie de films d’action Jason Bourne (2004, 2007 et 2016). Mais même outre-Atlantique, il a continué à travailler sur la retranscription d’événements contemporains dramatiques avec les films “Vol 93” (2006) sur les événements du 11 septembre, “Captain Phillips” (2013) sur le détournement d’un navire-cargo américain par des pirates somaliens ou encore “22 July” (2018) sur le massacre en Norvège de plus de 70 personnes par le terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik.

DVD FR.. Studio Aventi (2007). Existe en version simple ou collector (avec un deuxième DVD). Version originale avec des sous-titres optionnels en anglais et version française.

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