Review of: Bloody New year
Horreur / Fantastique:
Norman J. Warren

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Rating:
3
On 27 novembre 2020
Last modified:27 novembre 2020

Summary:

Le dernier film de Norman J. Warren propose une variation intéressante des films d'horreur pour ados à la mode dans les années 80 

Le dernier film de Norman J. Warren propose une variation intéressante des films d’horreur pour ados à la mode dans les années 80 

Bloody New Year (1987)

Réalisé par Norman J. Warren

Ecrit par Frazer Pearce d’après une histoire de Frazer Pearce, Hayden Pearce et Norman J. Warren

Avec Suzy Aitchison, Nikki Brooks, Daniel James, Mark Powley, Catherine Roman,…

Direction de la photographie : John Shann / Production design : Hayden Pearce /  Montage : Carl Thomson / Musique : Nick Magnus

Produit par Hayden Pearce

Horreur / Fantastique

UK

Générique. Du rock’n’roll sur des images noir et blanc d’un réveillon du premier l’an célébrant le passage de 1959 à 1960. Puis alors que les fêtards quittent la salle des fêtes à la queue-leu leu une jeune femme fait demi tour et se regarde dans le miroir pendant que l’image passe du noir et blanc à la couleur. Titubante, elle cherche à s’appuyer sur le miroir. Mais son reflet lui attrape la main et l’entraine de l’autre côté du miroir.

Un été de la fin des années 80 dans une ville balnéaire anglaise. Une moto passe à toute allure sur la plage, un jeune couple se chahute dans la mer puis rejoint leurs amis sur la plage, un autre couple et un troisième larron. Tous ensemble, ils vont à la fête foraine. Sur un manège pour adultes, Spud (Daniel James), le célibataire de la bande, aperçoit une jeune américaine Carol (Catherine Roman) qui se fait harceler par des blousons noirs. La situation dégénère et ils réussissent à s’enfuir après une course poursuite qui les entraine notamment dans un train fantôme. Une fois en sécurité, ils décident de prendre leur bateau pour aller faire un petit tour. Mais le bateau coule, et les voilà qui se trouvent refuge sur une île.

Sur l’île, ils découvrent un hôtel désert avec des décorations de noël, qui semble figé à la fin des années 60. Bientôt des apparitions étranges leur font se demander s’ils n’ont pas des hallucinations.

“Bloody New Year” est le neuvième long métrage, et le dernier, du réalisateur Norman J. Warren, l’une des figures marquantes du cinéma d’exploitation en Grande-Bretagne dans les années 70. Comme la plupart des films signés par Warren, celui-ci est un film d’exploitation à petit budget qui essaie de prendre le train en marche des succès de l’époque. Les années 80 voient la mode des films d’horreurs avec des adolescents et des jeunes adultes pourchassés par des monstres (avec notamment les Vendredi 13 et les Freddy). Et en 1985 est sorti le fameux “Back to the Future” (1985) qui remet à la mode les années 50 et 60 et le thème du voyage dans le temps. Le film clairement s’inspire de ces deux mouvances.

Même s’il s’inspire de l’air du temps, “Bloody New Year” se veut en fait surtout un hommage aux vieux films de SF et d’horreur des années 50. D’ailleurs nos jeunes héros se retrouvent à regarder une projection de “Fiend Without a Face”, film de série B anglais de 1958 avec ses espèces de cerveaux sur pattes (film que Norman J. Warren admire et dont il a essayé de réaliser un remake – sans succès).

Des influences et des hommages. Mais comme toujours avec Warren, on n’est pas dans la simple copie carbon. Il a assez de flaire et de talents de réalisateur pour proposer un divertissement qui se tient malgré un budget minuscule et un scénario farfelu. Ca ne se prend pas vraiment au sérieux. On est dans la deuxième moitié des années 80, donc adieu la nudité féminine à des fins de racolage. Par contre le gore est toujours dans l’air du temps donc pas de raison de s’en priver. De ce côté, il y a bien plus trash à la fin des années 80. Warren livre une copie finalement assez sage mais qui a un certain charme. J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale que dégage le film. Pourtant il n’est pas ici vraiment servi par un casting plutôt inexpérimenté, mais qui n’est pas pour autant exécrable (comme de nombreux de films d’horreur de l’époque qui se basent sur un casting très jeune – de l’âge des spectateurs qui les consomment à l’époque grâce aux vidéo-clubs).

Autre force motrice derrière le film, le directeur artistique et production designer gallois, Hayden Pearce, collaborateur régulier de Warren et qui au-delà de son rôle habituel porte ici la casquette de producteur (il n’est évidemment pas pour rien dans le choix du Pays de Galles comme lieu de tournage) et a également participé au scénario. Ce dernier est d’ailleurs signé par un autre directeur artistique dont c’est le seul scénario, Frazer Pearce.

Étonnamment, si “Bloody New Year” est le dernier film et donc le plus récent donc des films de Norman J. Warren c’est aussi celui qui existe aujourd’hui dans une copie la plus abimée. La pellicule originale a été détruite par erreur, et malgré la restauration effectuée l’image souffre de trainées marron parfois assez visibles, mais qui ne gâchent quand même pas le plaisir de revoir ce film. Ce côté un peu passé va en fait assez bien à ce film coincé entre deux époques et vu aujourd’hui d’une troisième.

Blu-ray UK. Studio Powerhouse, collection Indicator (2019). Disponible dans le coffret Normal J. Warren (édition limitée à 6.000 exemplaires). Version originale avec des sous-titres anglais optionnel. Nombreux bonus

 

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