Review of: Ammonite
Drame / Romance:
Francis Lee

Reviewed by:
Rating:
3
On 10 mai 2021
Last modified:10 mai 2021

Summary:

Un drame contemplatif et rugueux qui met en scène une aventure lesbienne sur la côte du Devon au milieu du XIXe siècle

Un drame contemplatif et rugueux qui met en scène une aventure lesbienne sur la côte du Devon au milieu du XIXe siècle

Ammonite (2020)

Ecrit et réalisé par Francis Lee

Avec Kate Winslet, Saoirse Ronan, Gemma Jones, Alec Secareanu,…

Directeur de la photographie : Stéphane Fontaine /  Production design : Sarah Finlay / Montage : Chris Wyatt / Musique : Volker Bertelmann et Dustin O’Halloran

Produit par Iain Canning, Fodhla Cronin O’Reilly et Emile Sherman pour See-Saw Films, British Film Institute (BFI), BBC Films

Biopic / Romance / Drame

120mn

UK / Australie / USA

Mary Anning (Kate Winslet) est une chercheuse de fossils depuis son enfance. Son expertise est reconnue parmi les spécialistes mais c’est une femme dans un monde d’hommes. Elle continue à aller en quête de fossils tout en aidant sa mère qui tient un magasin de babioles pour touristes. Quand un gentleman Roderick Murchison (James McArdle), amateur de fossils, débarque dans son magasin, elle l’accueille avec froideur. Mais elle accepte de lui montrer comment elle travaille contre de l’argent. Puis Murchison lui demande de s’occuper de sa femme Charlotte (Saoirse Ronan), à la santé fragile, pendant qu’il s’absente.

“Ammonite” est le deuxième film écrit et réalisé par Francis Lee après “God’s Own Country” (Sur la terre, 2017). Comme dans son film précédent il s’intéresse à une liaison homosexuelle atypique. Après la romance viscérale entre un immigrant roumain et un fermier dans le Yorkshire contemporain, il nous propose cette fois-ci une autre romance mais cette fois-ci dans le Devon du milieu du XIXe entre deux femmes très différentes, Mary Anning, chercheuse de fossiles mutique et Charlotte, une jeune femme de la ville, bourgeoise et mariée.

Pour raconter cette histoire, Francis Lee décide de s’inspirer d’un personnage réel, la paléontologue Mary Anning. Mais il ne s’agit nullement d’un biopic et ses découvertes ne sont pas non plus au centre du film. Le scénariste et réalisateur préfère inventer une relation amoureuse entre Mary et sa meilleure amie, Charlotte Roderick (l’histoire de leur rencontre est réelle et les deux femmes sont restées des amies proches jusqu’à la mort de Mary en 1847).

Le procédé pourra ennuyer les admirateurs de Mary Anning qui préféreraient sûrement qu’on parle d’elle pour ce qu’elle a apporté à la paléontologie, et non pas pour une histoire d’amour, qu’elle soit imaginée de toute pièce ou pas d’ailleurs.

A travers de longs plans qui s’éternisent, de nombreux gros plans qui mettent en avant un détail particulier et des scènes qui semblent juste éclairées par la lumière naturelle (ce qui donne des images d’intérieur très sombres), Francis Lee crée une ambiance rugueuse, spartiate et immuable à l’image de son héroïne, Mary Anning, femme qui ne vit plus que par sa passion et pour qui toute interaction avec ses prochains semble être source de douleur. Même sa relation avec sa mère, dont le seul loisir est de frictionner quotidiennement avec sa fille huit petites statuettes d’animaux qui représentent chacune l’un des enfants qu’elle a perdu, est glaciale comme un hiver sur une plage du Devon.

L’histoire d’amour entre Mary et Charlotte va tout simplement leur apporter l’amour dont elles manquent. Est-ce que ce sera suffisant pour que Mary accepte de s’ouvrir au monde ? Ou est-ce que les différences sociales entre les deux femmes vont les rattraper ou tout simplement vont-elles être arrêtées en plein vol par l’interdit de leur liaison ?

Kate Winslet est convaincante dans un rôle difficile, avec peu de dialogues. Mais son personnage n’étant capable que de peu d’émotions, c’est parfois un peu difficile pour le spectateur de ressentir de l’empathie. Heureusement qu’il y a le personnage de Charlotte, joliment interprété par Saoirse Ronan, et qui “découvre” Mary comme cette dernière découvre des fossils.

Il y a de jolies idées et une belle histoire dans “Ammonite”, mais Francis Lee s’engonce un peu trop dans son formalisme, et ces deux heures peuvent paraître assez interminables.

“Ammonite” fait partie des films labellisés “Cannes 2020” (et qui aurait dû y être présenté en sélection officielle). Il a été présenté au festival de Deauville, mais il semble bien que cette histoire de covid ait mis un terme à ses chances de sortir dans les salles françaises. A suivre.

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